SOS Thérapie: Quelques boulets rendant le changement difficile

Publié: 29 mars 2013 dans Être mieux avec soi-même, Sexologue Montréal
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Bonjour,

Dans cet article, je vais traiter de certaines caractéristiques pouvant vraiment nuire à la thérapie de quelqu’un. Tout d’abord, voici les principales conditions qui vont favoriser la réussite de la thérapie :

  • L’implication et la détermination du client
  • La qualité de l’alliance thérapeutique entre le thérapeute et le client
  • La confiance du client envers l’efficacité de la thérapie
  • Le type d’approche thérapeutique utilisée

Parmi ces 4 facteurs, il semblerait que les deux premiers soient les principaux déterminants de l’issue de la thérapie. En s’intéressant à « qu’est-ce qui marche ? », il devient plus aisé de voir également « qu’est-ce qui marche moins bien ? »

Donc, si vous suivez une thérapie et vous voyez que ça n’avance pas, peut-être l’un ou plusieurs des paramètres suivants s’appliquent à vous :

 

Manque de motivation

Cela peut se traduire par de l’absentéisme, c’est-à-dire prendre l’habitude de manquer ou de reporter des séances. Parfois, le manque de motivation se reflète dans la rencontre avec le thérapeute quand soit le client n’écoute pas, refuse ou limite ses efforts d’introspection. Dans certains cas, le client se présente en thérapie avec une motivation extrinsèque. Par exemple, un client qui veut régler son problème d’alcool uniquement car il ne veut pas perdre sa conjointe qui le pousse à aller en thérapie. Idéalement, le client doit avoir le goût de venir aux séances thérapeutiques, et ce, même si c’est parfois difficile.

L’importance des bénéfices secondaires

Pour certains clients, l’ambivalence face au changement est importante. Une grande partie d’eux peut être confortable dans la situation actuelle même si celle-ci s’avère problématique. Par exemple, un client pourrait souffrir d’un état de stress important car il se met beaucoup de pression pour réussir professionnellement et prendre soin de son apparence physique. Toutefois, il y retire des bénéfices secondaires en recevant toute la reconnaissance sociale associée à ces conditions. Un autre exemple. Une femme consultant pour manque de désir pourrait également être associée à des bénéfices secondaires cachés. Ainsi, son manque de désir lui permettrait d’éviter des relations sexuelles qui la rendent inconfortable ou bien lui permettrait de prendre davantage de pouvoir dans le couple notamment dans la sphère sexuelle. Si les bénéfices secondaires sont trop importants, ils peuvent constituer un « boulet » pour la thérapie mais parfois, lorsqu’ils sont conscientisés, cela permet au client d’avoir un meilleur champ de conscience et d’avoir plus de pouvoir sur sa thérapie et son processus de changement.

Un manque d’alliance thérapeutique

Parfois, entre le client et le thérapeute, ça ne « clique » juste pas. Vous savez, au-delà des techniques cognitives, émotionnelles et comportementales, la relation thérapeutique en soi constitue un agent de changement important. La relation thérapeutique peut guérir le client, soit par des éléments de « re-maternage partiel », par une chaleur empathique dont le client n’a jamais bénéficié dans sa vie, par des éléments de « modeling » pour client ayant eu des parents absents, par une complicité, etc….Toutefois, certaines dynamiques peuvent nuire à la thérapie. Voici quelques exemples :

  • Un client manquant d’autodiscipline rencontrant un thérapeute désorganisé dans son travail
  • Un simple manque d’affinités entre le thérapeute et le client
  • Un transfert ou un contre-transfert trop important.
  • Un client souffrant de manque affectif rencontrant un thérapeute froid et sévère
  • S’il y a des conflits non résolus entre le thérapeute et le client. Des thérapeutes peuvent accumuler de la frustration envers des clients qui arrivent souvent en retard ou qui manquent plusieurs séances.
  • Le thérapeute prend une position « d’expert », se montre impersonnel et cela rend inconfortable le client.

Idéalement, le client et le thérapeute doivent s’apprécier, et ce, dans les limites circonscrites par le contexte thérapeutique

Un thérapeute incompétent

Certains thérapeutes se disent « psychothérapeutes » mais sans vraiment l’être étant donné leur manque de qualifications. Afin d’éviter que votre thérapie soit altérée par un thérapeute incompétent, assurez-vous de choisir un thérapeute faisant partie d’une association professionnelle ou d’un ordre professionnel.

Autres problèmes potentiels

  • Un client ayant un problème d’autodiscipline qui ne fait pas les exercices prescrits entre les rencontres
  • Un client vivant des scénarios d’échec récurrents qui, à un niveau inconscient, mettra sa thérapie également en échec
  • Un client ayant des problèmes financiers s’il consulte dans le privé
  • Un client ayant de grandes résistances à aborder, explorer et exprimer ses émotions
  • Une thérapie trop « intellectualisée »
  • Un client n’ayant pas réglé un problème de toxicomanie. Ici, la dépendance doit être réglée avant d’atteindre les autres objectifs thérapeutiques
  • Un client « impatient » exigeant des résultats rapides. La thérapeute reste souvent un processus à long terme.

 

Voilà, je reste optimiste et confiant par rapport à l’efficacité d’un processus thérapeutique mais  il faut faire attention à ces différents paramètres pouvant interférer dans la thérapie.

Sur ce, joyeuses Pâques !

 

Pierre Kirouac M.A

Sexologue, Montréal

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