Archives de la catégorie ‘Problème sexuel’

Bonjour, il est maintenant venu le temps d’explorer différentes solutions à la compulsion sexuelle sur Internet. Dans un premier temps, j’observe beaucoup d’hommes tenter une panoplie de stratégies pour cesser de visionner de la pornographie. La plupart de celles-ci s’avèrent inefficaces ou ne semblent pas fonctionner à long terme. Le plus populaire des moyens est l’installation de logiciels de contrôle parental ou de « bloqueurs ». Hélas, beaucoup d’hommes vont trouver des façons de contourner leurs propres stratégies et voilà que nous revenons à la case départ…

                Comment alors envisager un plan de traitement pour remédier à ce type de dépendance ? Je dois admettre que chaque cas est unique mais que je constate de plus en plus que la simple approche comportementale comporte ses limites. Lorsque l’arrêt d’agir constitue le seul objectif thérapeutique, nous passons souvent à côté de facteurs importants. De mon côté, j’utilise l’approche humaniste existentielle et je crois qu’elle peut apporter une lumière intéressante et inspirante pour ceux qui se sentent prisonniers par leur dépendance.

                Parfois, l’individu consommera compulsivement de la pornographie dans le but de fuir une anxiété existentielle plus profonde. Voici quelques exemples d’anxiété existentielle : peur de la mort, peur de la solitude, peur d’un manque de sens et peur de prendre ses responsabilités. Ici, nous soulevons des causes plus profondes où les gens sont plus ou moins conscients d’en être affectés. Voici plusieurs raisons entourant la consommation de pornographie : désir de se déconnecter du monde (une mort intérieure), désir de vivre sa sexualité de manière sécuritaire et isolée (solitude), désir de vivre un « high » ou des sensations fortes (anxiété d’insignifiance sous-jacente) ou bien désir de procrastiner (peur de prendre ses responsabilités dans le moment présent). Chacune des raisons précédemment énumérées peuvent donc être liées à une anxiété existentielle.

                En formant une bonne alliance thérapeutique avec mon client, j’aurai ainsi davantage accès à ces anxiétés existentielles. Ainsi, il sera plus aisé d’explorer des avenues thérapeutiques pertinentes qui donneront des résultats plus solides qu’une approche simplement comportementale. Voici quelques exemples d’objectifs thérapeutiques pouvant aider la clientèle des dépendants à la pornographie :

  • S’enraciner davantage dans sa vie
  • Développer la capacité de vivre des relations intimes saines
  • Trouver un sens plus profond à sa vie
  • Se responsabiliser dans sa vie.

Comme outil thérapeutique additionnel, j’aime beaucoup expliquer aux gens comment nous prenons nos décisions. Souvent, nous prenons nos décisions en se fiant davantage à nos émotions et sensations. Nous recherchons l’alternative qui nous permettra d’atteindre l’intensité émotionnelle la plus élevée. Voilà pourquoi beaucoup d’hommes opteront continuellement pour la pornographie car c’est l’activité qui leur amène davantage de sensations fortes. Toutefois, nous pouvons aussi nous comporter en se fiant davantage à nos sentiments et valeurs. Un sentiment est davantage lié à notre cœur et à notre conscience alors qu’une émotion est davantage primitive et animale. Nos valeurs, quant à elles, représentent ce qui est important pour nous ou le système qui dicte notre manière de vivre. Est-ce que la plupart des gens souhaitent consommer quotidiennement de la pornographie et ainsi perdre plusieurs heures de leur vie ? La réponse est non. Je reçois chaque semaine des nouvelles demandes de gens qui n’en peuvent plus de se sentir prisonnier de cette problématique. L’une des solutions passera ainsi par notre manière d’être.  Suis-je surtout guidé par mes sensations ou bien mes valeurs ? Suis-je surtout à la recherche d’émotions fortes ou guidé par des sentiments plus profonds comme l’amour de soi et d’autrui ? Un homme dépendant à la pornographie accorde trop d’importance à la recherche de sensations fortes au détriment du respect de son propre code de valeurs. Il y a aussi préférence d’une pornographie qui créé une forte réponse sexuelle à une vraie partenaire que nous délaissons et qu’une partie de nous voudrait davantage aimer. Comprenons que toute énergie consacrée à la pornographie est de l’énergie en moins qui peut être investie dans son couple. Investir la consommation de pornographie entraîne un retrait du relationnel.

En guise de conclusion, je dirais que la recherche du bonheur et la dépendance à la pornographie sont difficilement compatibles. Être heureux nécessite un comportement qui va dans le même sens que nos valeurs et une capacité à l’amour propre et à l’amour d’autrui. Voilà pourquoi le développement de son système de valeurs et de sa capacité sentimentale aidera un consommateur de pornographie à devenir un humain plus équiibré, libre de sa vie et heureux ! Il me fait plaisir de vous accorder une rencontre si vous souhaitez en discuter davantage. Vous pouvez cliquer ici pour prendre un rendez-vous.

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Qui est fier de consommer de la pornographie ? Lorsque vous demandez à votre ami ce qu’il a fait de sa journée, seriez-vous déstabilisé s’il disait « J’ai consommé pas mal de pornographie. C’était cool ! ». Où je veux en venir, c’est que cette pratique conduit souvent à des sentiments de honte et mène à de l’isolement.

                Nous avons seulement une vie à vivre et nous nous construisons à partir de nos expériences. Je ne veux pas être moralisateur mais la consommation de pornographie ne constitue pas une expérience qui fait grandir l’individu et entraîne de grandes pertes de temps. Le temps perdu dans cette pratique solitaire pourrait être investi autrement, en s’adonnant à des activités de loisir par exemple. Pour moi, la notion de bonheur renvoie à l’évaluation que nous faisons de notre propre vie. Si une grande proportion de temps est passée dans l’isolement, il s’avère normal de ne pas se sentir satisfait, de sentir que nous pourrions profiter davantage de la vie.

                Plus le consommateur de pornographie s’isole, plus il aura peur de réinvestir à nouveau des relations sociales ou sa propre relation amoureuse (s’il est en couple). Comme mentionné plus haut, l’individu aux prises avec cette problématique n’admet pas souvent sa dépendance à son ou sa partenaire. Il y a donc un impact au niveau de l’intimité relationnelle du couple. Le partenaire n’a plus accès à une partie de la vie du consommateur de pornographie. Dans l’isolement, il y a de l’évitement et il est prouvé en psychologie cognitive et comportementale que l’évitement renforce la peur ou l’anxiété. En parcourant des forums de dépendants, il n’est pas rare de voir des hommes exprimant des malaises dans les situations sociales. Certains sont extrêmement isolés. Je tiens à préciser que ce ne sont pas tous les grands utilisateurs de pornographie qui s’isolent ou manquent d’habiletés sociales mais il semble y avoir un certain rapport de cause à effet bidirectionnel (l’isolement peut mener à une dépendance à la pornographie pour se stimuler et la honte découlant de la consommation excessive de pornographie peut conduire à de l’isolement).

                L’individu évite donc ce qu’il trouve menaçant, c’est-à-dire dévoiler une partie de lui-même ou bien tout simplement le fait d’entrer en relation avec autrui. On pourrait qualifier les gens dépendants à la pornographie d’ « anxieux relationnels ».  Pourquoi a-t-on peur de se dévoiler ou d’être en relation ? Parce qu’on ne souhaite pas être jugé, rejeté ou abandonné. Très souvent, la dépendance à la pornographie cache des problèmes affectifs plus profonds comme des schémas d’imperfection, de manque affectif, d’abandon ou de méfiance / abus (selon la thérapie des schémas de Young). Dans d’autres cas, c’est davantage une question de manque de contrôle ou de discipline.

                Dans mon prochain et dernier article de cette série spéciale, je vais aborder différentes avenues de traitement.

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De plus en plus d’hommes viennent me consulter pour un problème de dépendance à la pornographie. La prévalence semble augmenter de plus en plus. Comme sexologue clinicien, ma responsabilité est d’aider ces hommes à passer au travers de leurs difficultés et de leur montrer un chemin pour vivre une nouvelle réalité.

                Dans un premier temps, il s’avère juste de dire que ces hommes sont constamment en recherche de nouvelles images. L’activateur d’Éros n’est pas un stimulus réel mais plutôt un stimulus virtuel. Ainsi, le consommateur de pornographie s’éloignera de plus en plus d’une sexualité qu’on pourrait qualifier de « réelle » ou relationnelle.  Même s’ils sont en couple, certains individus seront davantage motivés par la quête de nouvelles images sexuelles sur le net que par une relation sexuelle avec leur partenaire. Aussitôt que nous choisissons de nous isoler dans notre sexualité plutôt que d’investir l’intimité dans notre couple, il y a un problème important. Beaucoup d’hommes assumeront mal leurs motivations sexuelles et devront ainsi mentir à leur conjointe. Il pourra y avoir des sentiments de honte et culpabilité importants et éventuellement une peur de perdre sa partenaire. Pour ce qui touche les hommes célibataires, ils opteront pour l’investissement d’un univers virtuel plutôt que la recherche d’une relation intime dans leur environnement. J’observe la plupart du temps un sentiment de vide (plus ou moins conscientisé) chez ces personnes.

                Ces hommes ont tendance à investir la quête de sensations fortes plutôt que les sentiments. Dans leur processus de prise de décision, la gratification à court terme l’emportera souvent sur les objectifs à long terme. Si la consommation de pornographie est régulière, une dépendance se créé et l’individu peut même se déconnecter d’une partie de lui. De quelle partie de lui-même le consommateur de pornographie se déconnecte ? De la partie saine de lui qui tente d’agir selon ses valeurs, qui a des objectifs à long terme, qui éprouve de l’amour envers son ou sa partenaire, qui recherche la sécurité et la stabilité. Ainsi, la liberté de l’individu devient compromise car les choix sont guidés par la recherche de sensations fortes plutôt que par les sentiments plus profonds ou les valeurs. Mais rassurez-vous, il y a possibilité de se conscientiser et de changer avec suffisamment de volonté, de persévérance et de discipline.

                Le rapport avec l’autre s’avère également affecté. La femme devient le plus souvent un objet sexuel plutôt qu’un être humain multidimensionnel. Il y a un rapport Je-Ça plutôt que Je-Tu. Les consommateurs de pornographie vont beaucoup érotiser la distance et cela peut se répercuter dans la sexualité avec leur partenaire. Par exemple, un homme demandera à sa conjointe de jouer des scénarios où il est spectateur et où celle-ci s’exhibe devant lui. Il y a ainsi une reproduction du « pornographique » et il y a une dynamique « voyeur-exhibitionniste » plutôt que relationnelle.

                Dans ce court article, j’ai surtout tenté de vous dresser un portrait de la vie sentimentale et émotive de ces hommes. Dans mon prochain texte, je vais vous décrire les mécanismes d’évitement utilisés par cette population qui vit souvent beaucoup d’isolement.

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Bonjour,

Abordons maintenant un autre pilier important du couple, c’est-à-dire la compatibilité sexuelle. Qu’est-ce que la compatibilité sexuelle ? C’est le niveau de fluidité que nous vivons avec notre partenaire sur le plan de la sexualité. Il est normal qu’avec certains individus, nous soyons très compatibles, d’autres plus ou moins et certains pas du tout. À mon avis, voici différents aspects à considérer lorsque nous parlons de compatibilité sexuelle :

L’érotisme privilégié : Je reçois parfois des couples où l’un apprécie davantage la tendresse et les massages alors que l’autre préfère le côté animal (mordre, embrasser fougueusement, beaucoup d’agressivité phallique, etc…) C’est toujours préférable quand les deux partenaires sont sur la même longueur d’onde par rapport à l’érotisme qui est privilégie. Comme sexologue clinicien, je recommande à chacun d’intégrer les érotismes fusionnels et antifusionnels afin justement d’être compatible avec un plus grand nombre de partenaires.

Limites et blocages sexuels : La sexualité représente aussi un acte créatif qui se joue à deux. La liberté de l’un se réduit aux limites de l’autre. Par exemple, si votre conjointe n’apprécie pas le sexe oral, il y a un comportement sexuel de moins qui peut être exercé. Si les deux membres de la dyade sont affectés par les mêmes blocages, il peut y avoir une certaine compatibilité sexuelle dans le sens qu’ils auront une sexualité confortable dans laquelle ils se sentent à l’aise. Toutefois, mieux vaudrait consulter en sexothérapie pour remédier à ces blocages et développer son plein potentiel érotique. S’il y a trop de blocages, la sexualité peut devenir complexe et manquer de fluidité. Si l’érotisme fusionnel n’est pas intégré, il y a blocage affectif (inhibition dans l’expression de sentiments et de tendresse). Si l’érotisme antifusionnel n’est pas intégré, il y a blocage sexuel (inhibition dans l’expression de l’animalité)

La chimie des corps : Il s’avère important de se sentir à l’aise physiquement avec son partenaire. Parfois, nous pouvons aimer quelqu’un profondément mais ne pas être attiré sexuellement par cette personne. Parfois, c’est une question d’odeur…parfois c’est que notre conjoint n’a pas le type de corps qui nous attire davantage. Il y a aussi tout ce qui est relié au sex-appeal…Nous avons tous des codes d’attraction sexuels qui définissent des caractéristiques chez l’autre qui nous attirent. S’il y a un grand décalage entre ces codes et les attributs de notre partenaire, il peut y avoir manque de compatibilité sexuelle.

Le timing : Certains préfèrent des relations sexuelles le matin, d’autres le soir. Il peut  s’avérer difficile de maintenir une bonne fréquence de relations sexuelles s’il est difficile de trouver un moment dans la journée où les deux ont envie de passer à l’acte.

La relation comme telle : S’il y a des problèmes relationnels entre vous et votre partenaire, votre sexualité en sera probablement affectée. Par exemple, si vous êtes trop gêné pour communiquer vos préférences, il sera plus difficile pour votre conjoint de vous faire plaisir.

En conclusion, je dirais qu’il y a un grand continuum entre la rigidité et la fluidité. À un opposé, il y a l’individu plein de blocages sexuels qui est attiré par très peu de caractéristiques et à l’autre extrême du continuum, il y a l’individu ayant intégré les érotismes fusionnels et antifusionnels qui peut être attiré par beaucoup de caractéristiques différentes.

Ainsi, je recommande aux gens de ne pas avoir peur d’expérimenter différentes choses afin de devenir plus flexible. Également, j’encourage chacun à toujours bien communiquer ses préférences et ses limites quand nous parlons de sexualité.

En espérant que cet article ait pu vous inspirer. Mon dernier article de cette série parlera justement de communication !

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Bonjour,

Nous entendons souvent parler de performance sexuelle mais peu de présence sexuelle. Qu’est-ce que la présence sexuelle ? Je dirais que c’est notre capacité à vivre pleinement nos relations sexuelles, à les savourer avec tous nos sens, à connecter avec son ou sa partenaire. À mon avis, une relation sexuelle satisfaisante constitue un échange où les deux sont pleinement présents. Ce n’est pas une compétition où l’on doit performer, impressionner l’autre…

Maintenant, je vais aborder la présence sexuelle en me servant de concepts propres à la gestalt thérapie. Toute relation sexuelle constitue un « cycle de contact » si l’on veut…Il y a pré-contact (émergence du désir), engagement (décision d’assouvir ce désir),contact (relation sexuelle comme telle), plein contact (orgasme), désengagement (fin de la relation sexuelle) et assimilation de l’expérience où nous devenons en quelque sorte enrichi par celle-ci. Un être bien dans sa peau entretient un bon contact avec lui-même, les autres et son environnement. Au niveau sexuel, la connexion à soi s’avère indispensable. La sexualité est tellement mieux quand on ressent toutes les caresses de notre partenaire (sens du toucher), quand on s’extasie devant sa beauté (vue), quand on se laisse bercer ou exciter par ce qu’il nous chuchote à l’oreille (ouïe), à embrasser, mordiller, lécher le corps de celui-ci (plaisir de la bouche) à s’enivrer également par son odeur. Mais la sexualité va au-delà des cinq sens. Quelqu’un de pleinement présent dans sa sexualité va vivre une communion à la fois spirituelle (esprit), émotionnelle (cœur) et sexuelle (organes génitaux) avec son ou sa partenaire :

Communion spirituelle : Expérience riche de sens difficile à définir en termes rationnels. On est dans l’ordre du transcendant.

Communion émotionnelle : C’est ressentir une intensité dans l’amour, la tendresse et l’affection. Voilà pourquoi le sexe est meilleur quand nous sommes amoureux

Communion sexuelle : Pour l’homme, c’est pleinement exprimer sa puissance phallique tandis que pour la femme, c’est s’abandonner au plaisir d’être pénétrée. La communion sexuelle s’applique aussi aux relations homosexuelles mais de façon différente.

Ainsi, la relation sexuelle devient une expérience multidimensionnelle qui implique un grand lâcher-prise. Toute perte de contact avec ses sensations ou avec l’autre viendra entraver la satisfaction sexuelle. Par exemple, si vous êtes anxieux ou que vous avez peur d’être jugé par votre partenaire, il y aura une certaine perte de présence sexuelle car vous serez dans votre tête, dans vos pensées. Les gens satisfaits sexuellement voient une large gamme de sensations occuper leur champ de perception (figure dominante selon la gestalt) et renvoient leurs préoccupations et anxiétés dans le fond (absents du champ de perception). Au contraire, les individus affectés par des blocages sexuels voient un trop grand flux de pensées prendre de la place dans leur champ de perception, ce qui limite l’expérience sensorielle (renvoie une partie des sensations dans le fond). La figure dominante constitue ainsi des pensées et des préoccupations et le corps réagira en se crispant, en étant tendu, en résistant au plaisir…Certains de ses blocages sont conscients alors que d’autres sont inconscients.

                Pour conclure, je dirais que pour apprécier pleinement votre sexualité, vous devez vous connecter à votre corps et à votre cœur tout en vous distanciant de votre « mental » comme expliqué dans le livre « Le pouvoir du moment présent » de Tolle. Deuxièmement, il peut s’avérer pertinent de connaître la source de vos blocages, de vos résistances. Finalement, tel qu’expliqué dans mon livre l’Essentiel, être bien avec soi-même et être bien avec son partenaire constituent des facteurs qu’on pourrait qualifier d’essentiels!!

                Si ce texte suscite pour vous certains questionnements, sentez-vous libres de vous exprimer sur ce blog ou de m’envoyer un courriel. Au plaisir !

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Beaucoup prennent l’initiative de consulter un sexologue lorsque leur situation conjugale devient très critique. Cela constitue évidemment une sage décision. Toutefois, je crois qu’il y aurait moyen de prévenir une si grande détérioration quelquefois. Cet article couvrira les facteurs reliés aux difficultés conjugales ainsi que quelques solutions possibles.

Évitement des conflits

                Une multitude de raisons peuvent venir ébranler une dyade conjugale. À mon avis, l’une des premières constitue les conflits passés non résolus. Dans beaucoup de couples, on observe un évitement des conflits. Les partenaires préfèrent refouler leurs frustrations respectives car ils perçoivent le conflit de manière trop menaçante. Il y a ainsi accumulation de sentiments négatifs envers son partenaire et notre nature fait qu’on finit par exploser ! Le ressentiment constitue un véritable poison nuisant à la santé d’une relation. Pourquoi les gens ont-ils tant peur de s’affirmer ? Selon David Schnarch, psychologue et thérapeute conjugal, ces gens sont de type fusionnel. Leur identité est facilement ébranlée étant donné des définitions de soi trop floues. Ils tolèrent très peu l’anxiété et une grande réactivité émotionnelle leur permettra justement de se débarrasser de cette anxiété qu’ils ne peuvent tolérer. Ainsi, les couples fusionnels ne peuvent régler leurs conflits au fur et à mesure. Il y a vraiment beaucoup de ménage à faire en thérapie ici ! Pour remédier à cet aspect, les gens doivent apprendre à affirmer leurs besoins tout en demeurant à l’écoute de l’autre, et ce au fur et à mesure que les difficultés se présentent. Si vous vous sentez très émotif, vous pouvez toujours dire que vous avez besoin d’une pause mais que vous avez l’intention de résoudre le conflit avec votre partenaire dans de meilleures circonstances.

Problèmes sexuels

                Parfois, la présence d’une dysfonction sexuelle (chez l’homme ou la femme) vient perturber l’équilibre d’un couple. Je vois souvent des hommes souffrir à cause de la baisse de désir de leur femme. Ainsi, afin de restaurer l’équilibre et de se rassurer, ils vont parfois même « quêter » des relations sexuelles. Un jeu de « Suis-moi, je te fuis » se créé et le désir de la femme baisse de plus en plus. Ici, il n’est pas séduisant pour la femme de se faire approcher d’une manière peu confiante et désespérée. La baisse de désir sexuelle peut aussi être occasionnée par des conflits non résolus tels que décrits plus haut. Un problème d’érection chez l’homme peut également venir perturber le couple. La femme sera frustrée sexuellement et l’homme de plus en plus insécure. Plus l’homme est insécure, plus il est susceptible de ne pas avoir d’érections. Dans d’autres cas, nous constatons plutôt un manque de satisfaction sexuelle de part et d’autre. C’est comme si, sexuellement, ça ne « cliquait » pas. Dans un cas de problèmes sexuels, étant donné la complexité de la chose, je recommande de consulter rapidement un sexologue clinicien. De mon côté, j’ai déjà intervenu auprès de ces problématiques : dysfonction érectile, éjaculation précoce, baisse de désir, absence d’éjaculation, anorgasmie, manque de satisfaction sexuelle, pensées sexuelles obsédantes, consommation problématique de pornographie.

Manque de règles ou règles non respectées

                Dans un couple, il s’avère primordial de définir un système de valeurs et de règles. Les deux « Je » deviennent un « Nous » et il faut donner une direction et un sens à ce « Nous » devenu en quelque sorte une nouvelle entité. En termes de comportements, qu’est-ce qui est autorisé ? Qu’est-ce qui n’est pas permis ? Est-ce que le couple est ouvert ou bien monogame ? Est-ce qu’une sexualité davantage conservatrice est souhaitée ou il y a désir d’élargir son répertoire d’activités sexuelles ? En termes de finances, comment le budget est-il géré ? Comment élève-t-on les enfants ? Comment les tâches ménagères sont-elles divisées ? Tous ces aspects doivent être soulevés. Lorsque les règles qui régissent notre couple sont claires, il devient plus facile de les respecter et de ne pas créer de mauvaises surprises à notre partenaire.

Manque d’engagement

                S’il veut survivre, un couple doit être entretenu. Parfois, certains prennent leur partenaire comme « acquis » et arrêtent de faire des efforts. Par exemple, certains individus arrêtent de faire de l’exercice et font moins attention à leur apparence physique après un certain temps en couple. D’autres vont surinvestir leur carrière au détriment de leur vie de couple. À mon avis, c’est une accumulation de petites attentions régulières qui va favoriser un bon engagement dans le couple. Nous devons montrer à l’autre qu’il est important pour nous. Il doit y avoir réciprocité par rapport au niveau d’énergie investi, sinon nous parlons d’une relation de pouvoir, une relation déséquilibrée.

Ce que d’autres spécialistes recommandent

                Je m’intéresse aussi à ce que d’autres psychologues ou sexologues conseillent par rapport aux couples en train de chavirer. Je n’ai pas l’arrogance de tout savoir et de me fermer aux autres idées ! Mme Serrar, directrice d’une clinique de psychothérapeutes à Montréal encourage ses clients à exprimer de l’admiration l’un envers l’autre et de continuer de découvrir un peu plus son partenaire1 . Quant au docteur Lisa Firestone, directrice de recherche et d’éducation à l’association Glendon, elle parle de l’importance d’exprimer notre amour d’une façon qui fera que notre partenaire se sente aimé. Elle aborde aussi le rôle de l’affection, du contact physique et du temps de qualité partagé avec notre autre moitié 2 .

                En guise de conclusion, je tiens à rappeler qu’il n’est jamais trop tard pour régler des problèmes de couple mais que l’idéal serait de les prévenir. Ici, j’ai pu vous familiariser avec les notions d’évitement de conflits, de problèmes sexuels , de règles et de manque d’engagement. J’espère que cet article puisse vous être bénéfique si vous vivez des difficultés dans votre couple.

Références

  1. http://psychotherapeutemontreal.com/therapie-de-couple/sauver-son-couple/
  2. http://www.psychalive.org/5-things-to-do-today-to-save-your-relationship/
Trouble in paradise

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