Archives de la catégorie ‘Sexologue Montréal’

Ayant également beaucoup d’expérience dans le domaine du stress post-traumatique, j’aimerais ici vous donner quelques conseils pour gérer les suites d’événements critiques, voir traumatiques. Qu’est-ce que j’entends par « traumatiques »? Je fais ici référence à tout événement où il y a exposition à la mort, à un risque de mourir ou à une situation pouvant menacer notre intégrité physique ou psychologique (comme un abus sexuel par exemple). Le concept d’événement critique est plus large dans le sens qu’il représente une situation inattendue dont l’adaptation est particulièrement difficile, que ce soit une rupture soudaine, une perte d’emploi soudaine ou la mort d’un proche.

                Comment s’adapter à ces différentes réalités ? Tout d’abord, le processus d’adaptation variera en fonction de différents facteurs, c’est-à-dire le degré de sévérité de l’incident, le niveau de résilience de l’individu et la présence ou non d’événements similaires dans le passé de la personne affectée. Quelquefois, l’exposition à un événement traumatique peut résulter en un état de stress aigu ou un état de stress post-traumatique d’où l’importance de consulter le plus vite possible, notamment si ces symptômes persistent : difficultés de concentration, état d’hypovigilance, difficultés de sommeil, hausse ou baisse marquée d’appétit, flashbacks, cauchemars, impression de revivre l’événement, impression d’être « gelé » émotionnellement, perte d’intérêt pour les activités normales, etc…

                Pour vous aider à surmonter les symptômes précédents pouvant sérieusement affecter votre qualité de vie, j’aimerais vous partager quelques conseils ayant aidé certains de mes clients :

  1. Parler de l’événement vécu à quelqu’un de confiance, que ce soit un ami, un membre de la famille ou votre psychothérapeute
  2. Si vous avez du mal à dormir à cause de pensées obsessives ou de flashbacks en lien avec l’événement, je vous encourage à écrire ce qui vous passe par la tête
  3. Tentez de garder de saines habitudes de vie (bien manger, bien dormir) et évitez tout abus d’alcool
  4. Tentez de maintenir vos habitudes et surtout les activités qui vous font du bien, que ce soit le sport, la méditation ou des moments entre amis.
  5. Ne vous isolez pas
  6. Acceptez vos différentes émotions , autorisez-vous à les ressentir pleinement et exprimez les. Le mécanisme de refoulement bloquera votre processus de guérison
  7. Gardez en tête que cette situation est temporaire et non permanente (tel le bouddhisme qui prône la non-permanence de tout)
  8. Réduisez vos comportement d’hypovigilance ou d’évitement (par exemple, j’encouragerais un individu ayant subi un accident de voiture de tenter de revenir sur la route peu à peu afin de surmonter la peur)

Si vous vous êtes senti concernés par cet article et que vous ressentez le besoin d’en parler, je peux certainement vous aider. Je vous souhaite un bel été !

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Lorsque nous prenons la décision de consulter en psychothérapie ou sexothérapie, il s’avère normal de s’attendre à tirer profit de cette démarche. Dans cet article, je présenterai différents facteurs pouvant influencer positivement ou négativement le déroulement de la thérapie :

  1. Les compétences du thérapeute

Assurez-vous de choisir un thérapeute faisant partie d’un ordre professionnel reconnu et détenant un permis de psychothérapeute. Il est possible de vous renseigner auprès de l’Ordre des psychologues du Québec.  Il est difficile de juger de la compétence d’un psychothérapeute ou sexologue dès le premier rendez-vous….Toutefois, vous pouvez vous attendre à ce que le thérapeute complète une évaluation de votre situation dans les premiers rendez-vous, qu’il clarifie les objectifs thérapeutiques et qu’il présente un plan d’intervention approprié. Ce plan devra être revu de façon périodique dans les rencontres subséquentes. À mon avis, un bon thérapeute sait écouter, évaluer et bien communiquer sa compréhension clinique. De plus, il fait preuve d’empathie, est intègre et inspire la confiance par sa manière d’être.

 

  1. La qualité de l’alliance thérapeutique

Évidemment, un thérapeute compétent et empathique favorisera la création d’un bon lien de confiance et alliance thérapeutique. Toutefois, pour différentes raisons, il peut arriver que le courant passe difficilement entre un client et son psychothérapeute. Par exemple, un client pourra réagir négativement si son thérapeute lui rappelle un parent qui était trop directif. Aussi, un client rigide pourrait avoir de la difficulté à faire confiance à un thérapeute plus ou moins nonchalant.  D’autres clients pourront vivre de grands malaises devant un thérapeute non directif qui intervient très peu lors de la rencontre. Si pour une raison ou une autre, vous ne vous sentez pas à l’aise avec votre thérapeute, je vous encourage à lui communiquer et tenter de trouver une solution. Si la raison de votre malaise ne peut pas être changée, il est mieux de considérer la possibilité d’être référé à un autre thérapeute.

 

  1. L’implication entre les rencontres

Ici, je vais aborder un facteur essentiel à mon avis que le client peut contrôler directement. À mon avis, une grande partie de la thérapie se joue entre les rencontres. C’est pourquoi entre les rendez-vous, il est super important de réfléchir au contenu des rencontres et de réaliser les exercices prescrits. Pour vous aider à intégrer le contenu des rencontres, il est suggéré de vous faire un petit résumé de la rencontre après celle-ci une fois que vous êtes à la maison. Trop souvent, les gens finissent la séance et passent tout de suite à leur quotidien. Lorsque le client n’effectue pas un exercice prescrit, cela peut vouloir dire plusieurs choses : manque de motivation face à la démarche, exercice perçu comme non pertinent ou efficace, exercice perçu comme trop difficile ou anxiogène, oubli découlant d’un manque d’organisation. Comme thérapeute, il est important d’explorer les raisons qui font qu’un client ne s’implique pas suffisamment entre les rencontres ou qu’il omet de réaliser un exercice.

 

  1. Ouverture et transparence

Afin de bénéficier le plus possible de chaque séance, il s’avère important de fournir des efforts de réflexion et de s’ouvrir sur le plan émotionnel. Il est normal de ne pas tout de suite avoir de réponses aux questions du thérapeute mais il est préférable de prendre le temps de réfléchir plutôt que de répondre systématiquement « Je ne sais pas ». De plus, j’ai noté que les clients qui se dévoilent davantage progressent mieux en général car ils me permettent d’accéder à davantage d’informations et cela facilite aussi l’alliance thérapeutique. J’apprécie aussi que le client se permette de me poser des questions et qu’il arrive en rencontre avec des thèmes qu’il souhaite explorer.  À l’inverse, une dynamique « question-réponse courte » n’est pas fluide et est rarement productive en thérapie. Ici, mon but deviendrait de comprendre la résistance derrière ça et de travailler celle-ci.

 

  1. En conclusion

Dans un premier temps, choisissez un bon thérapeute avec qui vous êtes à l’aise. Normalement, vous devriez savoir quel type de plan d’intervention votre thérapeute propose et quelle est sa compréhension clinique de votre situation. Cela est important pour que vous puissiez voir le lien entre votre motif de consultation et les outils que votre thérapeute vous proposera afin de pallier à la problématique. Soyez assidu aux rencontres et évitez d’annuler. Il est prouvé qu’une fréquence d’une rencontre par semaine donne de meilleurs résultats. Une fréquence d’une rencontre par deux semaines est aussi acceptable si votre budget ne vous permet pas de voir votre thérapeute à chaque semaine.  Finalement, soyez pleinement présent dans votre démarche et réfléchissez entre les rencontres afin de faciliter votre progression. Même si cela vous donne de l’anxiété, assurez-vous aussi de faire les exercices prescrits le cas échéant.

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Je reçois régulièrement des couples dans mon cabinet et la plupart de ceux-ci se sentent bloqués. Il n’est pas rare d’entendre des phrases comme « Nous avons des problèmes de communication » ou bien « Il ne veut plus de relations sexuelles avec moi ». Les problèmes de désir et les problèmes de communication constituent les deux motifs de consultation les plus répandus lorsque je reçois des couples.

                Souvent, les couples ne se disent pas tout et ceci est un problème. Par exemple, un homme peut tenter de séduire sa partenaire et celle-ci feint de ne pas percevoir ses avances. Lorsqu’il demande pourquoi elle a refusé ses avances, elle peut répondre : « Je n’ai pas vu que tu essayais de me séduire… ». Phrase typique qui constitue une forme d’évitement. J’encourage toujours les couples à se dire « les vraies choses » même si la vérité peut faire mal. Dans le cas précédent, la réalité est que la femme a fort probablement perçu la stratégie de séduction de son conjoint mais qu’elle ne désirait tout simplement pas avoir des relations sexuelles à ce moment-là.

                Tout couple doit tenter d’être le plus honnête et transparent (la transparence consiste à parler librement sans tenter de manipuler ou cacher quoi que ce soit) possible. Qu’est-ce que j’entends exactement par là ? Si nous cachons nos besoins ou nous sommes gênés de les exprimer, cela se fera sentir tôt ou tard et des conséquences négatives découleront de l’accumulation de frustration. Si vous êtes frustrés car votre partenaire ne vous désire plus et que vous ne lui en parlez pas, la frustration se fera plutôt sentir par votre langage non-verbal et vous risquez d’être moins tolérant et plus irritable. Il est difficile de refouler ses besoins. Le même principe s’applique pour vos préférences sexuelles. Il s’avère inutile de les cacher. Être transparent et honnête demande du courage (à la fois pour affronter sa peur de blesser son partenaire et pour gérer sa peur de la critique)

                À mon avis, tout couple a également un « bilan émotionnel ». S’il y a trop de conflits non réglés car un ou les deux partenaires ne s’affirment pas, il y aura beaucoup d’énergie négative qui va s’accumuler et ça deviendra ardu de retrouver une relation légère comme au début de celle-ci. À l’inverse, si les conflits se règlent au fur et à mesure et que chacun exprime ses désirs avec transparence, il y a peu de place pour que les émotions négatives prennent de l’importance et le bilan émotionnel reste positif. En fait, une communication franche permet au couple de voir plus clair et d’identifier des solutions. Si les attentes de chacun sont trop différentes, la transparence de chacun facilitera le choix de mettre fin à la relation car ça devient la solution la plus bénéfique pour chacun. Pour tout couple, il y a à la fois des moments heureux et des moments plus difficiles. Nous ne savons jamais ce que la vie nous réserve. Je trouve intéressant d’observer comment les couples gèrent les événements de vie difficiles. Ça me donne une bonne idée de la qualité de leur communication et de leurs habiletés à être vraiment intimes.

                En guise de conclusion, je crois fortement qu’il s’avère intéressant de travailler les techniques de communication en thérapie mais qu’il est aussi primordial de faire comprendre au couple qu’il y a souvent des attentes différentes à clarifier ou un manque de transparence et d’honnêteté.

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Suite à mon article abordant l’agressivité phallique, je me pencherai maintenant sur la notion de désirabilité qui touche généralement les femmes.  Qu’est-ce que la désirabilité ? C’est le sentiment d’être désirée par autrui, d’être convoitée sexuellement. On entend souvent dire que les femmes ont besoin de se sentir désirées, ce qui concorde avec ce concept.

                Dans une relation sexuelle, il y a souvent une polarité où agressivité phallique et désirabilité s’affirment. L’homme exprimant avec confiance son désir mettra plus facilement une femme en contact avec sa désirabilité, avec sa féminité. Plus la femme dégagera de féminité, plus l’homme se sentira attiré par celle-ci et plus, à son tour, il se sentira masculin. Derrière la notion de désirabilité se cache un certain exhibitionnisme et narcissisme sain. Il est toujours mieux d’avoir une image corporelle positive que négative. Un individu qui est beaucoup dans la désirabilité aime « se montrer » et se mettre en valeur. La désirabilité constitue une arme de séduction assez puissante qui viendra surtout impacter les gens dont leur érotisme et désir est activité par le « voir ».

                Il est intéressant de constater à quel point les compagnies de vêtement, maquillage et produits de beauté font énormément d’argent. Le rationnel derrière cette réalité est que les gens savent qu’en se sentant davantage désirables, ils sont dans une meilleure mesure d’attirer un partenaire sexuel. Dans l’autre camp, celui de l’agressivité phallique (facteur Y), nous voyons beaucoup d’hommes qui se préoccupent de leur taux de testostérone et qui cherchent à l’augmenter. D’autres garçons vont aussi chercher plusieurs façons d’augmenter leur confiance en soi ou habiletés à séduire les femmes. Le marché du coaching en séduction est réel.

                Dans ma pratique clinique, je ne peux pas passer à côté du concept de désirabilité. Par exemple, si un couple me consulte car l’homme manque de désir sexuel, la conjointe en sera grandement impactée. Cela n’est pas seulement causé par un éloignement relationnel mais aussi par une impression de ne pas être « désirable » pour son partenaire ce qui fait très mal…Cette réalité s’observe également chez les couples homosexuels quand l’un des partenaires a davantage de désir que l’autre. Comme plan d’intervention, le sexologue doit donc à la fois proposer des avenues pour augmenter l’agressivité phallique et la désirabilité. L’homme sera ainsi encouragé à prendre des risques, séduire par le toucher et le regard, initier les relations sexuelles, se concentrer sur ce qui l’excite chez sa partenaire….La femme sera encouragée à prendre soin d’elle, à se trouver belle, à avoir confiance en elle, à réduire son besoin d’approbation. En augmentant la confiance en soi de chaque partenaire, selon que ce soit l’agressivité phallique ou la désirabilité, nous aidons le couple à se rejoindre à nouveau.

                Je tiens à préciser que les termes « homme » ou « femme » sont utilisés seulement à fins d’exemple car parfois, nous voyons des couples ou la femme est davantage en position d’agressivité phallique et où l’homme est surtout dans une dynamique de désirabilité. Il faut bien sûr éviter les généralisations. En guise de conclusion, j’encourage chacun à s’interroger sur son rapport à l’agressivité phallique et la désirabilité afin de mieux se connaître.

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On entend souvent parler de masculinité et de féminité. Qu’en est-il vraiment ? Plusieurs conceptions existent. Alors que certaines s’avèrent rigides, d’autres sont plus souples. Aujourd’hui, je vais vous présenter une façon de comprendre la masculinité qui est inspirée de la sexoanalyse.

                Dans un premier temps, l’agressivité phallique ne rime pas avec violence. Il n’est pas question de manquer de respect envers les femmes ou de les maltraiter. Le pénis (phallus) est ici vu comme un symbole d’affirmation de soi. Un homme qui fait preuve d’agressivité phallique est un homme qui s’affirme et qui est confiant dans sa sexualité. Il y a une dynamique de « Aller vers » la femme qui est assez forte. Voici 2 exemples illustrant deux approches complètement différentes en matière de séduction :

  • Robert a 30 ans et est célibataire. Il apprécie les soirées de tango et cherche à y rencontrer des femmes. Il n’est pas particulièrement beau, a quelques kilos en trop mais il dégage une énergie très masculine. Il n’hésite pas à aborder plusieurs femmes dans le but de les inviter à danser. Parfois, ses invitations sont refusées mais ça ne le dérange aucunement. Lorsqu’il danse avec une femme, il utilise beaucoup son regard et sa capacité à toucher la femme avec confiance.

 

  • Victor a 27 ans et est aussi célibataire. Il est adepte de musculation et se qualifie de métrosexuel. Il fait énormément attention à son apparence. Pour rencontrer des femmes, il aime publier plusieurs photos de lui sur Instagram dans le but qu’on le remarque. Sa stratégie est d’être le plus beau possible, le mieux habillé et coiffé possible. Il se sent confiant quand il sent que la femme le trouve beau. Généralement, il aborde peu ou pas les femmes et préfère que l’autre fasse le premier pas.

 

Lequel entre Robert et Victor fait preuve d’une plus grande agressivité phallique ? La réponse est assez claire. C’est Robert et de loin ! Je tiens à préciser qu’il n’est pas nécessairement mieux que Victor mais seulement que sa manière d’être correspond à l’idée d’agressivité phallique et de confiance en soi. Voici plusieurs autres caractéristiques associées à la masculinité (agressivité phallique) selon ce modèle : ambition, détermination, persévérance, conviction, force, passion. Un homme qui est dans sa polarité masculine n’hésite pas et fonce vers ce qu’il veut, tant dans sa sexualité que dans la vie en général. Les femmes répondent souvent mieux aux hommes confiants qui hésitent peu. Elles disent trouver ça davantage masculin. Dans leurs relations sexuelles,  l’agressivité phallique se traduit par une expression de force, désir, puissance et animalité. Il y a ici beaucoup d’authenticité et de laisser aller. L’homme exprime ici son grand désir envers la femme.

                Le concept d’agressivité phallique s’applique aussi bien aux couples homosexuels. Par exemple, l’homme qui pénètre son partenaire sera dans une position où il y a expression d’agressivité phallique. Chaque homme ou femme a en lui à la fois des traits masculins et féminins. Une femme peut aussi faire preuve d’agressivité phallique dans sa vie.

                Au niveau davantage sociologique, il s’avère intéressant de noter certains changements au Québec. Beaucoup plus de femmes occupent maintenant de hauts postes de gestion et se définissent comme « carriéristes ». De plus, nous voyons maintenant beaucoup d’hommes investir leur corps soit en s’adonnant très fréquemment à la musculation ou bien en s’achetant beaucoup de vêtements dans un souci de plaire aux autres. Certains vont jusqu’à se mettre du fond de teint ou se faire des manucures.  La femme semble donc plus masculine qu’avant et l’homme tend à se féminiser (selon la définition de la masculinité/féminité véhiculée par la sexoanalyse).

                En guise de conclusion, ce concept impacte significativement les codes d’attraction sexuelle. Certains clients me disent par exemple être attirés par les hommes masculins, d’autres par les femmes masculines. La dimension de l’orientation genrale est intéressante (homogenralité vs hétérogenralité). En séduction, êtes-vous surtout du type à foncer et chasser ou bien à vous faire beau/belle et attendre qu’on vous remarque ? Mon prochain article traitera du facteur X : la désirabilité.

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Qu’est-ce qui amène beaucoup de gens à consulter un psychologue ou un sexologue ? Parfois, c’est tout simplement l’impression de ne pas être heureux ou de ne pas vraiment avoir de pouvoir sur sa vie.  Plus j’acquière de l’expérience dans mon domaine, plus je constate que les gens surtout influencés par leurs émotions et sensations peuvent vivre différents problèmes (vs les gens guidés par les sentiments et valeurs). Dans un premier temps, définissons ce que sont ces 4 axes (selon le modèle préconisé) :

Valeur : Ce qu’un individu choisit comme étant important dans sa vie. Ça peut être l’intégrité, la carrière, les loisirs,  l’amour, la connaissance,  la générosité, etc…Vivre selon ses valeurs, c’est avoir des objectifs de vie qui nous inspirent et qui guident nos décisions. Dans le mode « valeurs », il y a une tendance vers la croissance personnelle et le dépassement de soi. Il y a tolérance de l’inconfort. Il y a du bonheur mais pas nécessairement du plaisir.

Sentiments : Ce qui vient du cœur et de notre plus grand niveau de conscience. Avoir des sentiments pour quelqu’un, c’est aimer l’autre pour ce qu’il est et comprendre ce qui fait que nous l’aimons. Dans le sentiment, il y a davantage de sécurité et de stabilité. Nous avons une vision réaliste de l’autre.

Émotions : Ce qui vient de notre instinct animal ou sexuel. Pour quelqu’un qui est dans l’émotion ou la sensation, il y a recherche de plaisir et évitement du déplaisir. Avoir des émotions pour quelqu’un, c’est le désirer sexuellement avec passion, sans comprendre le pourquoi. Dans l’émotion, il y a davantage de perte de contrôle, d’intensité et d’insécurité. Il y a idéalisation de l’autre et un sentiment de manque en son absence. Il y a recherche de plaisir mais pas nécessairement de bonheur.

Sensations : Renvoie au ressenti corporel, au rapport de nos cinq sens avec l’environnement. Avoir faim est une sensation, tout comme la douleur physique ou le plaisir sexuel. Quand nous sommes à côté de notre partenaire et qu’un simple contact physique amène une érection (ou lubrification), nous sommes dans la sensation.  Dans la sensation, la satisfaction des besoins primaires devient ce qui est le plus important.

 

                De plus, les questions que nous nous posons diffèrent selon notre axe privilégié. Pour quelqu’un guidé surtout par des valeurs, il se demandera : « Est-ce que cela me rapproche ou m’éloigne de mes objectifs de vie ? ». Ces gens sont davantage rationnels, disciplinés et analytiques. Pour un individu guidé par des sentiments, il se demandera d’abord : «  Si je fais ça, est-ce que c’est bien pour ma relation ? » tandis que quelqu’un influencé par l’axe émotion se dira : « Quelle option m’amènera davantage d’émotions fortes ou me procurera le plus grand high ? ». Finalement, l’individu dans la sensation se demandera : « Qu’est-ce qui m’aidera à avoir le meilleur ressenti corporel ? »

                Dans la relation de couple idéale, nous sommes à la fois comblés par le respect de nos valeurs, des sentiments profonds et durables envers notre partenaire, une grande passion et une chimie physique. Hélas, tous ces paramètres ne sont pas toujours présents ou certains peuvent l’être davantage que d’autres.

Parfois, il faut aussi choisir entre un projet à long terme ou une gratification à court terme.  Par exemple, les procrastinateurs privilégient surtout l’émotion et la sensation plutôt que leur système de valeurs. Les hommes infidèles se demanderont d’abord ce qui va les allumer sexuellement et certains le regretteront (seront dans le sentiment après avoir été dans l’émotion) alors qu’il est déjà trop tard. Quant aux gens qui ont beaucoup de succès dans leur vie, ils sont surtout dans l’axe « valeurs » car il n’y a presque pas de décalage entre leur vision de leur vie et leur vie réelle. Quant aux gens qui restent longtemps en couple avec le même partenaire, ils seront surtout dans le « sentiment ». L’amour de l’autre ou de leur famille devient ce qui est le plus important pour eux.

En guise de conclusion, je dirais que la plupart des problèmes peuvent être diminués en se « repositionnant » en étant davantage dans ses valeurs ou ses sentiments. Un individu anxieux doit prendre une distance avec son émotion (peur) et s’accrocher au projet qu’il veut atteindre (valeur) en sortant de sa zone de confort. Quelqu’un qui craint l’intimité doit passer par-dessus sa peur (émotion) et conscientiser tout le bien-être et chaleur que pourrait lui apporter le fait d’être en couple (sentiment). L’individu aux prises avec la dépression doit prendre une distance avec ses émotions négatives qui le paralysent et plutôt se raccrocher à des objectifs dynamisants.  Finalement, le toxicomane doit trouver d’autres façons de gérer ses émotions négatives et plutôt tenter de trouver un nouveau sens à sa vie (valeurs).

Dans le prochain article, je vais décrire des stratégies pour être davantage aligné avec ses valeurs et sentiments.

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Bonjour, il est maintenant venu le temps d’explorer différentes solutions à la compulsion sexuelle sur Internet. Dans un premier temps, j’observe beaucoup d’hommes tenter une panoplie de stratégies pour cesser de visionner de la pornographie. La plupart de celles-ci s’avèrent inefficaces ou ne semblent pas fonctionner à long terme. Le plus populaire des moyens est l’installation de logiciels de contrôle parental ou de « bloqueurs ». Hélas, beaucoup d’hommes vont trouver des façons de contourner leurs propres stratégies et voilà que nous revenons à la case départ…

                Comment alors envisager un plan de traitement pour remédier à ce type de dépendance ? Je dois admettre que chaque cas est unique mais que je constate de plus en plus que la simple approche comportementale comporte ses limites. Lorsque l’arrêt d’agir constitue le seul objectif thérapeutique, nous passons souvent à côté de facteurs importants. De mon côté, j’utilise l’approche humaniste existentielle et je crois qu’elle peut apporter une lumière intéressante et inspirante pour ceux qui se sentent prisonniers par leur dépendance.

                Parfois, l’individu consommera compulsivement de la pornographie dans le but de fuir une anxiété existentielle plus profonde. Voici quelques exemples d’anxiété existentielle : peur de la mort, peur de la solitude, peur d’un manque de sens et peur de prendre ses responsabilités. Ici, nous soulevons des causes plus profondes où les gens sont plus ou moins conscients d’en être affectés. Voici plusieurs raisons entourant la consommation de pornographie : désir de se déconnecter du monde (une mort intérieure), désir de vivre sa sexualité de manière sécuritaire et isolée (solitude), désir de vivre un « high » ou des sensations fortes (anxiété d’insignifiance sous-jacente) ou bien désir de procrastiner (peur de prendre ses responsabilités dans le moment présent). Chacune des raisons précédemment énumérées peuvent donc être liées à une anxiété existentielle.

                En formant une bonne alliance thérapeutique avec mon client, j’aurai ainsi davantage accès à ces anxiétés existentielles. Ainsi, il sera plus aisé d’explorer des avenues thérapeutiques pertinentes qui donneront des résultats plus solides qu’une approche simplement comportementale. Voici quelques exemples d’objectifs thérapeutiques pouvant aider la clientèle des dépendants à la pornographie :

  • S’enraciner davantage dans sa vie
  • Développer la capacité de vivre des relations intimes saines
  • Trouver un sens plus profond à sa vie
  • Se responsabiliser dans sa vie.

Comme outil thérapeutique additionnel, j’aime beaucoup expliquer aux gens comment nous prenons nos décisions. Souvent, nous prenons nos décisions en se fiant davantage à nos émotions et sensations. Nous recherchons l’alternative qui nous permettra d’atteindre l’intensité émotionnelle la plus élevée. Voilà pourquoi beaucoup d’hommes opteront continuellement pour la pornographie car c’est l’activité qui leur amène davantage de sensations fortes. Toutefois, nous pouvons aussi nous comporter en se fiant davantage à nos sentiments et valeurs. Un sentiment est davantage lié à notre cœur et à notre conscience alors qu’une émotion est davantage primitive et animale. Nos valeurs, quant à elles, représentent ce qui est important pour nous ou le système qui dicte notre manière de vivre. Est-ce que la plupart des gens souhaitent consommer quotidiennement de la pornographie et ainsi perdre plusieurs heures de leur vie ? La réponse est non. Je reçois chaque semaine des nouvelles demandes de gens qui n’en peuvent plus de se sentir prisonnier de cette problématique. L’une des solutions passera ainsi par notre manière d’être.  Suis-je surtout guidé par mes sensations ou bien mes valeurs ? Suis-je surtout à la recherche d’émotions fortes ou guidé par des sentiments plus profonds comme l’amour de soi et d’autrui ? Un homme dépendant à la pornographie accorde trop d’importance à la recherche de sensations fortes au détriment du respect de son propre code de valeurs. Il y a aussi préférence d’une pornographie qui créé une forte réponse sexuelle à une vraie partenaire que nous délaissons et qu’une partie de nous voudrait davantage aimer. Comprenons que toute énergie consacrée à la pornographie est de l’énergie en moins qui peut être investie dans son couple. Investir la consommation de pornographie entraîne un retrait du relationnel.

En guise de conclusion, je dirais que la recherche du bonheur et la dépendance à la pornographie sont difficilement compatibles. Être heureux nécessite un comportement qui va dans le même sens que nos valeurs et une capacité à l’amour propre et à l’amour d’autrui. Voilà pourquoi le développement de son système de valeurs et de sa capacité sentimentale aidera un consommateur de pornographie à devenir un humain plus équiibré, libre de sa vie et heureux ! Il me fait plaisir de vous accorder une rencontre si vous souhaitez en discuter davantage. Vous pouvez cliquer ici pour prendre un rendez-vous.

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