Archives de la catégorie ‘Sexologue Montréal’

Dans mon précédent article, j’avais encouragé les gens à identifier les différentes zones à risques dans lesquelles ils sont davantage susceptibles de consommer de la pornographie. Maintenant, je vais explorer avec vous la notion d’ambivalence, c’est-à-dire la dualité de l’être humain où une partie cherche à adopter un comportement sain pour la santé et une autre partie cherche surtout à libérer des pulsions ou encore vivre des sensations fortes.

                Lorsque quelqu’un débute sa consommation de pornographie, il y a toujours un processus mental qui s’opère au préalable. Il est faux de croire que cela se fait automatiquement. Je le répète encore : Nous sommes des êtres libres et sommes davantage que nos conditionnements. Le plus souvent, il y a une partie de nous qui essaie de ne pas céder à notre envie de consommer et une autre qui souhaite se laisser aller. L’idée est de tenter de renforcer la partie de nous qui veut s’en sortir quelques secondes avant de consommer. Plus vous serez capable d’écouter cette partie de vous, plus celle-ci grandira et plus elle gagnera les combats contre l’autre partie qui veut aller consommer. Évidemment, le plus difficile est de commencer quelque part si vous n’avez pas encore un grand historique de succès à ce niveau.

                Pour débloquer, je vous encouragerais à vous poser les questions suivantes : « Pourrais-je au moins imaginer que ma journée se passe autrement ? Comment je me sentirais si je ne consommais pas ? Qu’est-ce que je pourrais faire à la place ? » En utilisant son imagination et en créant d’autres scénarios, on reprend du pouvoir sur sa vie. Ici, le fait que nous sommes fondamentalement libres est aidant pour se sortir d’une dépendance. L’idée est de créer quelque chose de très positif qui peut nous inspirer à agir autrement. Certains diront quand même : « Mais c’est trop difficile me contrôler…. »

                Si le contrôle de soi reste difficile, votre priorité devrait être plutôt d’au moins arrêter le processus mental négatif qui mène à la consommation de pornographie. Pour ce faire, je recommande de simplement se dire à haute voix « Stop » et en prenant ensuite le temps de prendre de grandes respirations. Changer de pièce dans la maison ou d’environnement peut s’avérer aussi judicieux. Même si vous n’êtes pas encore dans la création de scénarios positifs, au moins vous arrêtez la spirale négative.

                Voilà, à mon avis les outils pour traiter la dépendance à la pornographique peuvent s’avérer assez simples mais j’admets que l’application peut être plus difficile. De plus, certaines personnes ont également beaucoup plus de difficulté avec l’autodiscipline et il faudra aussi explorer d’autres avenues thérapeutiques la plupart du temps. Dans cet article, il est question de stratégies d’adaptation mais en thérapie, nous pouvons aussi voir comment remédier à la source du problème (agir sur les causes et pas seulement sur les symptômes). Vous pouvez m’écrire ou faire des commentaires si vous avez des questionnements par rapport à cet article ou à cette thématique en général.

ambi

Publicités

La problématique de la dépendance à la pornographie est de plus en plus prévalente. Bien qu’elle ne soit pas encore reconnue comme un trouble sexuel selon le DSM-V, il n’en reste pas moins qu’elle cause beaucoup de tort sur différents plans.  En clinique, beaucoup d’hommes de tous âges me consultent pour se libérer de cette addiction. Je dois avouer que le processus de traitement n’est pas toujours facile…Pour se sortir de cette dépendance, il faut entre autres être en mesure de reconnaître les situations à risque.

                Une situation à risque constitue un contexte particulier plus susceptible de mener à un épisode de compulsion sexuelle. Il n’est pas toujours évident de savoir clairement ce qui nous pousse à consommer de la pornographie. Je recommande quand même à quiconque étant affecté par cette problématique de regarder à l’intérieur de lui et de se questionner sur les causes derrière la problématique. Ici, il est important d’être en contact avec soi, de prendre du temps pour réfléchir et d’éviter une dynamique d’ « automate » qui agit sans vraiment réfléchir et sans se poser de questions. Souvent, les gens qui s’en sortent plus facilement ont cette capacité de regarder à l’intérieur d’eux, de se poser des questions, de se confronter, etc…Au-delà de la connaissance des causes associées au problème, il s’avère judicieux de pouvoir identifier et reconnaître les contextes représentant des terrains fertiles à la consommation. Par exemple, si Monsieur X consomme de la pornographie chaque dimanche soir (pendant quelques heures), il y a fort probablement ce qu’on peut appeler un facteur de vulnérabilité ou encore une situation à risque associé au dimanche soir. Peut-être que Monsieur X vit de l’anxiété reliée à la semaine de travail qui s’en vient ou du désespoir par rapport à ça. Voici un autre exemple : Monsieur Y consomme de la pornographie chaque fois qu’il a un « temps mort » entre deux activités. Ici, le laps de temps non rempli devient donc une situation à risque pour lui. Il existe des milliers de situations à risque. En voici quelques autres (naviguer sur les médias sociaux, être affecté par un événement stressant, lorsqu’on souhaite procrastiner, le soir avant d’aller se coucher, lorsqu’on fait de l’insomnie, suite à un rejet, si on a été déclenché par une belle personne croisée dans la rue, etc…)

                Une fois que vous aurez identifié les différentes zones à risque, il deviendra plus aisé d’être vigilant lorsque les dites conditions sont présentes. Le fait d’être plus conscient vous rendra plus attentif et en contact avec vous, ce qui éloigne de la possibilité d’être pris dans des comportements automatiques dysfonctionnels. Voici, à mon avis, ce qui représente les premières étapes à suivre pour un individu affecté par une dépendance à la pornographie ou qui se préoccupe de sa consommation :

  • Avoir des motivations assez fortes pour arrêter (les motivations doivent être plus fortes que les gains secondaires)
  • Aller dans une démarche d’introspection qui vous permettra d’identifier les causes de votre problématique
  • Identifier les situations à risque tel qu’expliqué dans cet article.
  • Être davantage en contact avec soi, attentif à notre expérience interne
  • Identifier, le cas échéant, les différentes rationalisations que vous utilisez lorsque vous vous trouvez des raisons de consommer. Voir cet article au besoin :

Dans mon prochain article, je vais traiter du thème de l’ambivalence et d’explorer avec vous comment on peut renforcer la partie de nous qui souhaite s’abstenir (et affaiblir celle qui a envie de sensations fortes reliées à la pornographie)

Si vous êtes pris avec cette problématique, vous pouvez également me contacter et prendre rendez-vous.

 

3d prisoner human with chain ball in food

On a tous une certaine conception de ce qu’est une thérapie. Nous sommes influencés par ce que nous voyons dans les films. Par exemple, beaucoup peuvent s’imaginer qu’ils doivent s’allonger sur un divan et que le thérapeute silencieux se contentera de prendre quelques notes en retrait. Ce cliché est souvent représenté. Dans ce court article, je vais vous partager ma vision d’un processus thérapeutique.

                Premièrement, j’aimerais aborder le processus interactionnel entre le thérapeute et son client. Plusieurs facteurs influenceront ces interactions : le niveau d’engagement de chacun, le niveau d’introspection du client, l’état dans lequel sont le thérapeute et le client, le niveau de responsabilisation du client par rapport à sa problématique, les résistances du thérapeute et du client, le niveau de tolérance aux silences de chacun….et j’en passe. À mon avis, les meilleures séances sont celles où l’on sent un « flow », c’est-à-dire une grande fluidité dans les échanges. En fait, il s’avère nécessaire de prendre une distance avec l’idée que le thérapeute va « régler » la problématique du client ou que tel un expert, il va tout de suite identifier la cause précise d’une problématique. Le psychothérapeute, bien qu’il porte la responsabilité du processus thérapeutique, agit davantage comme un guide ou un facilitateur et il s’avère plus qu’important que le client entretienne des attentes réalistes envers celui-ci. Voilà pourquoi il peut nous arriver comme thérapeute de parfois « travailler plus fort » que le client en rencontre et cela n’est pas souhaitable. Comment cela se manifeste-t-il en rencontre ? Je dirais qu’un mode « question-réponse » peut s’installer. Le thérapeute pose une question, le client répond…et ainsi de suite. Les réponses sont brèves sans véritable exploration. Et la notion d’exploration représente un concept clé ! Dans la rencontre avec le psychothérapeute, le client a avant tout un rendez-vous avec lui-même et le professionnel est là pour le guider, lui montrer différents chemins, différentes perspectives…l’accompagner dans son univers. Le rythme des échanges verbaux devrait être plutôt lent pour favoriser le contact avec les émotions.  

                Deuxièmement, en évoluant dans ma pratique professionnelle, je suis de plus en plus conscient de ces enjeux et je m’assure de l’engagement de mon client. Comment ? En l’amenant à s’engager dans la thérapie entre les séances. Par exemple, je peux suggérer à l’individu de réfléchir à un thème donné, de méditer sur quelque chose, etc…et c’est là que la rencontre suivante va être facilitée. Je le répète encore…le psychothérapeute est responsable du processus thérapeutique mais il n’est pas responsable du contenu des séances.  J’ai vu vraiment plusieurs personnes dans le cadre de ma pratique et celles ayant eu les meilleurs résultats sont celles qui en rencontre acceptaient l’idée de s’asseoir tranquillement et d’explorer leur situation.

                Finalement, je dirais que plus la personne aidée se dévoile et donne accès à son univers, plus le thérapeute aura de l’information précieuse pour pouvoir ensuite amener de nouvelles prises de conscience ou donner des recommandations davantage personnalisées. Si l’individu veut des résultats rapides et est plutôt centré sur les résultats, les recommandations reçues risquent d’être davantage générales. Voilà, comme mot de la fin, je dirais qu’il est essentiel que le thérapeute donne de l’espoir à son client mais qu’il doit éviter de lui donner l’illusion qu’il réglera tout à sa place.

therapie et patient

Je rencontre beaucoup de gens ayant des difficultés à tolérer l’intimité mais ce n’est pas nécessairement toujours pour les mêmes raisons. Alors que certains n’arrivent pas du tout à être seuls, d’autres sont incapables de laisser rentrer quelqu’un dans leur vie. Comment trouver un équilibre dans tout ça ?

                L’idéal est si vous êtes capable d’apprécier à la fois les moments de solitude et les moments partagés. Nous sommes des êtres sociaux qui ont des besoins psycho-affectifs mais d’un point de vue existentiel, nous naissons seul et nous mourrons seul également. Lorsque nous avons du mal à accepter notre solitude ou la nécessité de partager notre vie avec notre conjoint, il y a de problèmes à l’horizon.

                J’ai beaucoup croisé des individus disant : « J’ai besoin d’être seul » ou bien « je dois être dans ma bulle pour recharger mon énergie » ou encore « J’ai besoin de personne ». À mon avis, le besoin de solitude est légitime dans la mesure où il ne créé pas un trop grand éloignement dans le couple. Prenons l’exemple de quelqu’un ayant eu une énorme journée de travail et qui arrive à la maison fatigué avec un mal de tête colossal. Supposons que cet individu est du type intraverti et qu’il a plutôt besoin d’être seul pour se ressourcer. Comment pourrait-il agir dans cette situation lorsque sa conjointe se prépare à l’accueillir ? Ici, il y a deux extrêmes à éviter. Cet individu doit éviter de refouler son besoin d’être seul et de cacher son état réel à sa conjointe. On a tous le droit d’être malade ! Il n’est pas authentique de prétendre aller bien si ça ne va pas. Toutefois, l’autre extrême qui n’est pas mieux est de complètement se déconnecter de sa partenaire et de faire comme si elle n’était pas là (dans la mesure où le besoin d’être seul prend toute la place). Il serait intéressant de dire : « Aujourd’hui, ma journée a été épuisante et j’ai besoin de me reposer. Je ne serai pas en mesure de beaucoup parler. Je vais aller me reposer. Je reconnais que tu passeras la soirée sans moi et j’en suis désolé mais je dois prendre soin de moi avant tout ». Ainsi, on assume notre besoin individuel tout en reconnaissant la situation de l’autre.

                Sinon, voici un autre exemple pour les gens ayant de la difficulté à vivre seul. Imaginons un jeune homme qui vient d’apprendre que sa conjointe va revenir à la maison plus tard que prévu étant donné qu’elle a eu une réunion de dernière minute au travail. Il pourrait devenir réactif et dire « Tu me laisses encore seul pour préparer le souper des enfants ! » mais cette position n’est pas la plus mature à mon avis. Ici, le jeune homme doit tolérer le moment de « solitude » avant que sa conjointe rentre à la maison car personne ne peut être disponible pour nous 24 heures sur 24. Il serait plus judicieux ici qu’il baisse ses attentes envers sa conjointe (du moins, pour cette soirée ! » et qu’il accepte sa réalité.

                En guise de conclusion, c’est donc important de bien pouvoir jongler entre les moments de solitude et ceux de proximité lorsque nous évoluons dans un couple. On ne peut pas s’attendre à ce que l’autre soit là pour nous 24 heures sur 24 et on ne peut pas aussi toujours demander à l’autre de nous laisser seul ! Il y a ici un équilibre à atteindre et les clés pour y parvenir sont la fait d’assumer ses besoins, les exprimer tout en considérant l’autre et en étant à son écoute.

intimité rel

Aujourd’hui, je vais vous présenter différents exemples de ce qui peut expliquer une baisse de désir dans le couple. Je précise que chaque personne est unique et que si vous vivez un manque de désir, ça ne veut pas dire forcément que c’est causé par l’une des raisons présentées dans cet article.

 

Une dynamique de couple dysfonctionnelle

Ici, c’est le cas classique. Le couple ne fonctionne pas et n’arrive pas à bien communiquer (se dire les vraies choses). Souvent, nous pouvons constater un partenaire qui évite de faire des avances à son conjoint par peur d’être rejeté. Dans d’autres cas, nous pouvons voir quelqu’un faire semblant de ne pas voir l’initiative sexuelle de l’autre. Certains n’arrivent pas à verbaliser leurs insatisfactions sexuelles ou leurs attentes/fantasmes. Ça prend une grande confiance en soi et une grande tolérance à l’anxiété d’aller plus loin au niveau du dévoilement de soi. Ce type de mécanisme mène à une stagnation dans la vie sexuelle du couple qui en même temps peut représenter une zone confortable pour certains. Il est sécurisant de rester au même endroit et de ne pas devoir se remettre en question !

Le manque de vitalité

Parfois, le problème est surtout attribuable à une dynamique individuelle (plutôt qu’une dynamique de couple). Certains individus s’ennuient dans leur vie et portent en eux un malaise existentiel. Ils se sentent « mort en dedans » ou pas suffisamment vivant. Ici, il y a souvent un manque de contact avec sa subjectivité, avec qui l’on est vraiment. L’être humain affecté par un ennui existentiel a plutôt tendance à vivre selon les attentes de son environnement. Pour pouvoir ressentir du désir sexuel, il faut être connecté avec soi ! Je peux ajouter aussi que le fait d’être affecté par une dépression aura certainement un impact sur le niveau de désir sexuel tout comme parfois la prise d’antidépresseurs qui y est associée.

 Difficultés d’engagement

Ici, c’est une raison qui est un peu moins explorée à mon avis sur la question du manque de désir. Pourtant, il y a parfois des situations où le désir sexuel est ressenti mais il y a un blocage au niveau de l’expression de celui-ci. Par exemple, un homme pourra avoir une érection lorsqu’il embrasse sa femme mais il sera réticent à « faire l’effort » pour que cela évolue vers une relation sexuelle complète. Ici, c’est davantage la problématique du manque d’engagement qui doit être travaillée et explorée. Pourquoi ? Car une personne qui n’est pas suffisamment engagée aura du mal à faire des efforts ou rester ancrée dans tout processus à long terme. S’engager, c’est faire passer ses valeurs et ses sentiments authentiques avant le besoin de gratification immédiate et de facilité. Dans la vie, il faut souvent faire des efforts, tolérer un inconfort à court terme et savourer des gains sur le long terme en résultant. Je ne dis pas qu’il faut « se forcer » pour avoir des relations sexuelles lorsque nous sommes bloqués dans une dynamique de couple où la fréquence est très faible. Par contre, il faut au moins briser la glace, tolérer que ce ne soit pas naturel et se dire que l’appétit vient en mangeant ! Souvent, je vois des gens qui me disent qu’ils sont très satisfaits de la sexualité dans leur couple mais pourtant admettent manquer de « drive sexuelle » !

Voilà ! En espérant que cette chronique ait pu vous inspirer si cette problématique s’avère une préoccupation pour vous.

manque libido

Aujourd’hui, je souhaite davantage aborder la thématique de la séduction qui constitue un sujet fort intéressant. Je constate que beaucoup de gens se demandent comment séduire, quelles sont les meilleures approches, etc…Je préfère recadrer en mentionnant qu’il vaut mieux chercher à être séduisant que de faire quelque chose pour séduire. Et encore là, nul ne peut séduire tout le monde à mon humble avis.

                Je recommande souvent à mes clients de devenir la meilleure version d’eux-mêmes, d’avoir des objectifs de vie motivants qui fera en sorte qu’ils seront davantage rayonnants et dégageront ainsi une meilleure énergie. Ici, les éléments sont facilement dans notre locus de contrôle. Un autre constat que je fais, c’est que malheureusement un certain nombre d’individus vont chercher des « recettes toutes faites » pour séduire ou un mode d’emploi si vous préférez. Que voulez-vous, c’est toujours plus simple et rassurant de savoir exactement quoi dire, pas besoin de réfléchir et d’être créatif ! Ici, nous sommes dans la dimension des techniques de séduction. À mon avis, le seul avantage de la mise en application de ces techniques est le fait que ça peut faire sortir quelqu’un de timide de sa zone de confort et passer à l’action. C’est un peu comme des petites roues de vélo ! Toutefois, quelqu’un favorisant seulement l’aspect technique du processus de séduction ne sera pas dans un processus réel de développement personnel. Ici, nous sommes dans le « faire » et non dans « l’être ». De plus, comme le titre de l’article le reflète, il semble y avoir un mythe autour de ces techniques de séduction souvent vendues par des gourous de la drague. Je fais référence entre autres au courant des « Pick-Up Artist »

                La réalité, à mon avis, est plutôt que chaque homme est plus ou moins le type recherché par une femme spécifique. Par exemple, il est possible qu’une femme X cherche un homme sportif et baraqué alors qu’une femme Y cherchera davantage un intello bien élevé. Chacun a une idée plus ou moins précise du type de personne qui l’intéresse ! Donc, mon hypothèse est que lors du premier rendez-vous, chacun part avec un « handicap » ou des points en avance selon son niveau de concordance ou discordance avec le « type idéal » de l’autre. Encore une fois et comme je l’avais mentionné dans mes articles précédents traitant de séduction, j’ai vu trop souvent dans l’émission Opération Séduction que le candidat choisissait simplement celui ou celle qui était le plus son « genre ». De plus, si l’homme ou la femme n’était pas le type de l’autre, il avait droit à davantage de questions pouvant mener à une disqualification. En psychologie sociale, nous comprenons que l’être humain cherche constamment à confirmer ses hypothèses de départ et qu’il s’avère très difficile de changer son attitude par rapport à quelqu’un. À quoi sert la séduction alors si tout semble jouer d’avance ? C’est un peu fataliste non ?

                Non, tout n’est pas joué d’avance car la personne séduisante, par sa grande confiance et son magnétisme, a davantage de chances d’attirer dans sa vie des gens qui lui correspondent. La personne séduisante saura ne pas perdre de points auprès d’un interlocuteur ayant déjà une impression favorable et saura gagner quelques points si elle est en situation d’handicap au début (par exemple si elle n’est pas du tout le type physique de l’autre).  La personne séduisante est capable de s’auto-valider et n’a pas vraiment besoin de l’approbation des autres. À contrario, quelqu’un développant plutôt un savoir-faire (et non un savoir-être), pourra avoir des résultats à court terme mais tôt ou tard, le masque tombera et le manque de confiance et de profondeur seront davantage mis en lumière.

                Soyez bien avec vous-même d’abord et après, ce sera plus facile d’être bien avec quelqu’un d’autre et de développer votre potentiel réel de séduction !

séduction

Beaucoup de gens vont comparer la nourriture à la sexualité et avec raison. Dans les deux cas, nos sens sont éveillés et nous ressentons du plaisir. Hélas, dans chaque domaine, le plaisir peut se transformer en déplaisir ! Voici pourquoi je vous partage aujourd’hui ma vision quant à la notion d’appétit sexuel.

                On entend parfois l’expression « respectez votre appétit » mais qu’est-ce que ça veut dire au juste ? Ça signifie de manger tant que l’on ressent la faim et d’arrêter une fois l’état de satiété atteint. Qui mange vraiment en respectant sa faim ? J’estimerais que ce n’est pas la majorité des gens et ce, pour différentes raisons : manque de ressources, troubles alimentaires, gourmandise, « manger ses émotions », etc… La plupart d’entre nous a déjà un jour trop mangé et a pu constater que le plaisir de manger quelque chose qu’on aime pouvait se transformer en problématiques digestives et donc en déplaisir !

                Ici, je n’ai pas l’intention de parler strictement de bouffe. Comme vous le savez, je suis sexologue et pas un nutritionniste. Je voulais simplement mieux vous illustrer le parallèle qu’on peut faire entre l’appétit pour la nourriture et la libido (appétit sexuel).

                Beaucoup d’hommes vont me poser des questions par rapport à la masturbation, notamment la fréquence idéale pour le faire. Je leur réponds à chaque fois : « Respectez votre appétit sexuel ». Pour être plus précis, je dis aux gens d’écouter les signaux que leur envoie leur corps. Si vous êtes déjà en érection par exemple, ça signifie qu’il y a un besoin sexuel et donc que vous avez « faim sexuellement ». Par contre, si votre pénis est flaccide et que vous vous demandez si c’est une bonne chose de se masturber, la réalité est que fort probablement, vous n’avez pas faim (à part pour les gens ayant une dysfonction érectile de cause physique). Certaines personnes se masturbant beaucoup vont dire qu’ils le font si fréquemment car ils ont une forte libido. Dans quelques cas, c’est vrai mais dans d’autres, il y a plutôt présence de compulsion sexuelle ou d’utilisation de la sexualité à des fins défensives ou compensatoires. Comme quelqu’un qui mange ses émotions suite à une journée difficile, certains s’évaderont devant des vidéos pornographiques pour oublier leurs problèmes. Ici, nous ne faisons pas face à quelqu’un qui se comporte ainsi à cause d’une forte libido mais plutôt à quelqu’un qui est dans une dynamique de compulsion sexuelle. Demandez-vous la question : « Quelle est mon intention derrière mon initiative sexuelle ? » Est-ce dicté par un besoin corporel ou un besoin plus psychologique ? Une telle introspection vous permettra de mieux vous connaître sur le plan sexuel et plus spécifiquement par rapport à la notion d’appétit sexuel.

                À l’inverse, certains auront plutôt tendance à refouler leurs besoins sexuels. Ici, nous faisons face à un trouble du désir. Ces gens ne seront donc pas vraiment en contact avec leur corps étant donné le mécanisme de refoulement. Ici, le processus de prise de conscience s’avère plus difficile étant donné que le refoulement est très souvent un processus inconscient. L’idéal est donc de ne pas aller dans l’excès de sexualité (compulsion), ni dans la privation de sexualité (refoulement ou interdits sexuels).

En espérant que cet article ait pu vous inspirer !

obsession sexuelle