Archives de la catégorie ‘Sexologue Montréal’

Aujourd’hui, j’aimerais que nous nous penchions sur le thème de l’ennui. Selon l’approche humaniste existentielle, chacun porte en soi une anxiété d’insignifiance. De cette anxiété découlerait un besoin de recherche de sens. C’est en utilisant le chemin de la recherche de sens et de l’actualisation de son potentiel que je vous présenterai une manière d’être qui pourrait vous aider à vous libérer de l’ennui et de l’insatisfaction.

Dans mon approche thérapeutique, j’amène souvent mes clients à se définir des objectifs de vie, à créer un plan directeur pour les prochaines années de leur vie. Si nous n’avons pas de buts, nous nous dirigeons nulle part. Si notre vie ne comporte pas de sens ou de direction, nous serons davantage susceptibles à rechercher surtout les sensations et émotions fortes afin de se sentir en vie. Par conséquent, les valeurs, les sentiments plus profonds et la vie spirituelle seront davantage négligés.  Par exemple, certains hommes ayant commis l’infidélité s’ennuyaient dans leur couple et leur vie et ont donc recherché des sensations et émotions plus fortes ailleurs que dans le couple. Évidemment, ce n’est pas une marche à suivre que je recommande si votre couple est précieux pour vous. Si vous vous ennuyez, demandez-vous plutôt quelle est la nature de l’écart entre votre situation actuelle et celle à laquelle vous aspirez. Quelle nouvelle expérience (compatible avec vos valeurs et sentiments) pourriez-vous tenter ? Si l’ennui est inhérent en couple, comment pourriez-vous  donner une nouvelle direction à votre couple ? Plus le sens que vous donnez à votre couple est clair, plus il sera facile de le communiquer avec votre amoureux ou amoureuse.

Afin de trouver un sens à sa vie, il s’avère important de bien se connaître, tant au niveau de ses forces que de ses limites. L’être humain grandit en intégrant des expériences. Une fois chaque expérience digérée et assimilée, nous pouvons dire si cela concorde ou non avec nos valeurs et goûts. Le concept de « concordance » est fondamental. Plus vos actions au quotidien vont rejoindre les aspirations de votre plan directeur, plus vous vous sentirez satisfait et moins vous allez vous ennuyer. Si vous atteignez vos objectifs, il est fort possible qu’un besoin de réaliser d’autres défis émerge. L’être humain est ainsi fait. Nous avons constamment besoin de grandir et stagner ne constitue pas une option intéressante. Comme je dis souvent à mes clients, le mieux est de pouvoir trouver un point d’équilibre entre la focalisation de son énergie vers l’atteinte d’objectifs et l’appréciation de ce que nous avons ou sommes déjà. Un excès d’ambition mènera à de la frustration et de l’insatisfaction tandis qu’un excès de complaisance mènera à une non-croissance.

L’être humain est libre à 100% et il peut créer la vie qu’il veut….en principe… Hélas, nous vivons dans une société régie par des normes et des lois. Il s’avère normal et souhaitable de devoir se conformer à certains principes. Toutefois, certaines personnes vivent dans une recherche d’approbation constante, ce qui va les éloigner de leur authenticité et leur nature profonde. Les schémas de recherche d’approbation et exigences élevées sont parmi ceux les plus souvent diagnostiqués lorsque je distribue le questionnaire des schémas de Young. Cela m’amène à vous proposer un thème pour le prochain article qui traitera davantage les différents freins à notre liberté.

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On entend souvent parler de l’importance de s’affirmer dans son couple, notamment quand il y a quelque chose qui nous dérange chez l’autre. Cela est effectivement souhaitable de communiquer ses attentes le plus clairement possible. Hélas, l’autre n’est jamais comme on voudrait qu’il soit à 100% et il faut en quelque sorte apprendre à composer avec cela.

                Avec mes clients, je présente souvent le concept de « relativiser ses attentes ». À mon avis, il est souhaitable de ne pas traiter toutes nos attentes de la même façon, certaines étant plus importantes que les autres. En couple, nous sommes souvent confrontés à devoir choisir entre son individualité ou bien une adaptation à l’autre. L’idée est d’apprendre à être soi-même tout en étant avec l’autre et pour y arriver, nous devons apprendre à mettre nos attentes en perspective. Par exemple, je comprends un client qui souhaite fonder une famille de ne pas « plier » sur ce point et de considérer mettre fin à la relation si le partenaire n’est pas sur la même longueur d’onde. Toutefois, une question comme la manière de faire la vaisselle ou le temps passé à magasiner peuvent faire l’objet de réflexions plus approfondies et mener à la question suivante : « est-ce que le fait que mon partenaire oublie systématiquement de vider le lave-vaisselle malgré mes rappels est suffisant pour que cela entraîne de la frustration chez moi et du ressentiment ? » Il y a mille et une raisons d’être dérangé par quelque chose que fait notre partenaire. Il s’avère bénéfique de nommer ces sources d’insatisfactions mais il peut être dangereux de seulement focaliser sur ce que nous voulons changer chez l’autre. L’appréciation et la gratitude par rapport à ce qui est fonctionnel et harmonieux doit aussi être dans notre champ de perception.  Mais que devons-nous faire lorsque notre partenaire n’arrive pas à combler certaines de nos attentes ?

                C’est à ce moment-là que nous pouvons nous questionner sur nos besoins et voir s’il est possible de simplement lâcher-prise par rapport à la question et tout simplement accepter l’autre dans son imperfection. Cette introspection s’avère très importante car certaines personnes vont se mentir à eux-mêmes et se disent « ce n’est pas grave » alors qu’au fond d’eux-mêmes, ils vivent beaucoup d’émotions négatives. Cela constitue du refoulement et c’est nocif à tout couple. Pourquoi ? Car de la frustration accumulée se fera sentir à travers le langage non-verbal (on ne peut pas ne pas communiquer) et il y a un risque de finir par exploser tôt ou tard.

                Ainsi, suite à une bonne introspection, il sera plus facile d’être honnête avec soi-même et de se positionner par rapport à son couple. Est-ce que je mets fin à la relation ? Est-ce que je lâche prise tout simplement ? Est-ce qu’il y a possibilité de trouver une solution créative gagnant-gagnant ? Ces questions deviendront plus aisées à résoudre. En passant, il est tout à fait normal de « détester » certaines parties de son partenaire. L’idée est de ne pas perdre de vue les aspects que nous apprécions et les éléments qui ont fait en sorte que nous avons choisi cette personne pour partager notre vie !

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Ayant également beaucoup d’expérience dans le domaine du stress post-traumatique, j’aimerais ici vous donner quelques conseils pour gérer les suites d’événements critiques, voir traumatiques. Qu’est-ce que j’entends par « traumatiques »? Je fais ici référence à tout événement où il y a exposition à la mort, à un risque de mourir ou à une situation pouvant menacer notre intégrité physique ou psychologique (comme un abus sexuel par exemple). Le concept d’événement critique est plus large dans le sens qu’il représente une situation inattendue dont l’adaptation est particulièrement difficile, que ce soit une rupture soudaine, une perte d’emploi soudaine ou la mort d’un proche.

                Comment s’adapter à ces différentes réalités ? Tout d’abord, le processus d’adaptation variera en fonction de différents facteurs, c’est-à-dire le degré de sévérité de l’incident, le niveau de résilience de l’individu et la présence ou non d’événements similaires dans le passé de la personne affectée. Quelquefois, l’exposition à un événement traumatique peut résulter en un état de stress aigu ou un état de stress post-traumatique d’où l’importance de consulter le plus vite possible, notamment si ces symptômes persistent : difficultés de concentration, état d’hypovigilance, difficultés de sommeil, hausse ou baisse marquée d’appétit, flashbacks, cauchemars, impression de revivre l’événement, impression d’être « gelé » émotionnellement, perte d’intérêt pour les activités normales, etc…

                Pour vous aider à surmonter les symptômes précédents pouvant sérieusement affecter votre qualité de vie, j’aimerais vous partager quelques conseils ayant aidé certains de mes clients :

  1. Parler de l’événement vécu à quelqu’un de confiance, que ce soit un ami, un membre de la famille ou votre psychothérapeute
  2. Si vous avez du mal à dormir à cause de pensées obsessives ou de flashbacks en lien avec l’événement, je vous encourage à écrire ce qui vous passe par la tête
  3. Tentez de garder de saines habitudes de vie (bien manger, bien dormir) et évitez tout abus d’alcool
  4. Tentez de maintenir vos habitudes et surtout les activités qui vous font du bien, que ce soit le sport, la méditation ou des moments entre amis.
  5. Ne vous isolez pas
  6. Acceptez vos différentes émotions , autorisez-vous à les ressentir pleinement et exprimez les. Le mécanisme de refoulement bloquera votre processus de guérison
  7. Gardez en tête que cette situation est temporaire et non permanente (tel le bouddhisme qui prône la non-permanence de tout)
  8. Réduisez vos comportement d’hypovigilance ou d’évitement (par exemple, j’encouragerais un individu ayant subi un accident de voiture de tenter de revenir sur la route peu à peu afin de surmonter la peur)

Si vous vous êtes senti concernés par cet article et que vous ressentez le besoin d’en parler, je peux certainement vous aider. Je vous souhaite un bel été !

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Lorsque nous prenons la décision de consulter en psychothérapie ou sexothérapie, il s’avère normal de s’attendre à tirer profit de cette démarche. Dans cet article, je présenterai différents facteurs pouvant influencer positivement ou négativement le déroulement de la thérapie :

  1. Les compétences du thérapeute

Assurez-vous de choisir un thérapeute faisant partie d’un ordre professionnel reconnu et détenant un permis de psychothérapeute. Il est possible de vous renseigner auprès de l’Ordre des psychologues du Québec.  Il est difficile de juger de la compétence d’un psychothérapeute ou sexologue dès le premier rendez-vous….Toutefois, vous pouvez vous attendre à ce que le thérapeute complète une évaluation de votre situation dans les premiers rendez-vous, qu’il clarifie les objectifs thérapeutiques et qu’il présente un plan d’intervention approprié. Ce plan devra être revu de façon périodique dans les rencontres subséquentes. À mon avis, un bon thérapeute sait écouter, évaluer et bien communiquer sa compréhension clinique. De plus, il fait preuve d’empathie, est intègre et inspire la confiance par sa manière d’être.

 

  1. La qualité de l’alliance thérapeutique

Évidemment, un thérapeute compétent et empathique favorisera la création d’un bon lien de confiance et alliance thérapeutique. Toutefois, pour différentes raisons, il peut arriver que le courant passe difficilement entre un client et son psychothérapeute. Par exemple, un client pourra réagir négativement si son thérapeute lui rappelle un parent qui était trop directif. Aussi, un client rigide pourrait avoir de la difficulté à faire confiance à un thérapeute plus ou moins nonchalant.  D’autres clients pourront vivre de grands malaises devant un thérapeute non directif qui intervient très peu lors de la rencontre. Si pour une raison ou une autre, vous ne vous sentez pas à l’aise avec votre thérapeute, je vous encourage à lui communiquer et tenter de trouver une solution. Si la raison de votre malaise ne peut pas être changée, il est mieux de considérer la possibilité d’être référé à un autre thérapeute.

 

  1. L’implication entre les rencontres

Ici, je vais aborder un facteur essentiel à mon avis que le client peut contrôler directement. À mon avis, une grande partie de la thérapie se joue entre les rencontres. C’est pourquoi entre les rendez-vous, il est super important de réfléchir au contenu des rencontres et de réaliser les exercices prescrits. Pour vous aider à intégrer le contenu des rencontres, il est suggéré de vous faire un petit résumé de la rencontre après celle-ci une fois que vous êtes à la maison. Trop souvent, les gens finissent la séance et passent tout de suite à leur quotidien. Lorsque le client n’effectue pas un exercice prescrit, cela peut vouloir dire plusieurs choses : manque de motivation face à la démarche, exercice perçu comme non pertinent ou efficace, exercice perçu comme trop difficile ou anxiogène, oubli découlant d’un manque d’organisation. Comme thérapeute, il est important d’explorer les raisons qui font qu’un client ne s’implique pas suffisamment entre les rencontres ou qu’il omet de réaliser un exercice.

 

  1. Ouverture et transparence

Afin de bénéficier le plus possible de chaque séance, il s’avère important de fournir des efforts de réflexion et de s’ouvrir sur le plan émotionnel. Il est normal de ne pas tout de suite avoir de réponses aux questions du thérapeute mais il est préférable de prendre le temps de réfléchir plutôt que de répondre systématiquement « Je ne sais pas ». De plus, j’ai noté que les clients qui se dévoilent davantage progressent mieux en général car ils me permettent d’accéder à davantage d’informations et cela facilite aussi l’alliance thérapeutique. J’apprécie aussi que le client se permette de me poser des questions et qu’il arrive en rencontre avec des thèmes qu’il souhaite explorer.  À l’inverse, une dynamique « question-réponse courte » n’est pas fluide et est rarement productive en thérapie. Ici, mon but deviendrait de comprendre la résistance derrière ça et de travailler celle-ci.

 

  1. En conclusion

Dans un premier temps, choisissez un bon thérapeute avec qui vous êtes à l’aise. Normalement, vous devriez savoir quel type de plan d’intervention votre thérapeute propose et quelle est sa compréhension clinique de votre situation. Cela est important pour que vous puissiez voir le lien entre votre motif de consultation et les outils que votre thérapeute vous proposera afin de pallier à la problématique. Soyez assidu aux rencontres et évitez d’annuler. Il est prouvé qu’une fréquence d’une rencontre par semaine donne de meilleurs résultats. Une fréquence d’une rencontre par deux semaines est aussi acceptable si votre budget ne vous permet pas de voir votre thérapeute à chaque semaine.  Finalement, soyez pleinement présent dans votre démarche et réfléchissez entre les rencontres afin de faciliter votre progression. Même si cela vous donne de l’anxiété, assurez-vous aussi de faire les exercices prescrits le cas échéant.

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Je reçois régulièrement des couples dans mon cabinet et la plupart de ceux-ci se sentent bloqués. Il n’est pas rare d’entendre des phrases comme « Nous avons des problèmes de communication » ou bien « Il ne veut plus de relations sexuelles avec moi ». Les problèmes de désir et les problèmes de communication constituent les deux motifs de consultation les plus répandus lorsque je reçois des couples.

                Souvent, les couples ne se disent pas tout et ceci est un problème. Par exemple, un homme peut tenter de séduire sa partenaire et celle-ci feint de ne pas percevoir ses avances. Lorsqu’il demande pourquoi elle a refusé ses avances, elle peut répondre : « Je n’ai pas vu que tu essayais de me séduire… ». Phrase typique qui constitue une forme d’évitement. J’encourage toujours les couples à se dire « les vraies choses » même si la vérité peut faire mal. Dans le cas précédent, la réalité est que la femme a fort probablement perçu la stratégie de séduction de son conjoint mais qu’elle ne désirait tout simplement pas avoir des relations sexuelles à ce moment-là.

                Tout couple doit tenter d’être le plus honnête et transparent (la transparence consiste à parler librement sans tenter de manipuler ou cacher quoi que ce soit) possible. Qu’est-ce que j’entends exactement par là ? Si nous cachons nos besoins ou nous sommes gênés de les exprimer, cela se fera sentir tôt ou tard et des conséquences négatives découleront de l’accumulation de frustration. Si vous êtes frustrés car votre partenaire ne vous désire plus et que vous ne lui en parlez pas, la frustration se fera plutôt sentir par votre langage non-verbal et vous risquez d’être moins tolérant et plus irritable. Il est difficile de refouler ses besoins. Le même principe s’applique pour vos préférences sexuelles. Il s’avère inutile de les cacher. Être transparent et honnête demande du courage (à la fois pour affronter sa peur de blesser son partenaire et pour gérer sa peur de la critique)

                À mon avis, tout couple a également un « bilan émotionnel ». S’il y a trop de conflits non réglés car un ou les deux partenaires ne s’affirment pas, il y aura beaucoup d’énergie négative qui va s’accumuler et ça deviendra ardu de retrouver une relation légère comme au début de celle-ci. À l’inverse, si les conflits se règlent au fur et à mesure et que chacun exprime ses désirs avec transparence, il y a peu de place pour que les émotions négatives prennent de l’importance et le bilan émotionnel reste positif. En fait, une communication franche permet au couple de voir plus clair et d’identifier des solutions. Si les attentes de chacun sont trop différentes, la transparence de chacun facilitera le choix de mettre fin à la relation car ça devient la solution la plus bénéfique pour chacun. Pour tout couple, il y a à la fois des moments heureux et des moments plus difficiles. Nous ne savons jamais ce que la vie nous réserve. Je trouve intéressant d’observer comment les couples gèrent les événements de vie difficiles. Ça me donne une bonne idée de la qualité de leur communication et de leurs habiletés à être vraiment intimes.

                En guise de conclusion, je crois fortement qu’il s’avère intéressant de travailler les techniques de communication en thérapie mais qu’il est aussi primordial de faire comprendre au couple qu’il y a souvent des attentes différentes à clarifier ou un manque de transparence et d’honnêteté.

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Suite à mon article abordant l’agressivité phallique, je me pencherai maintenant sur la notion de désirabilité qui touche généralement les femmes.  Qu’est-ce que la désirabilité ? C’est le sentiment d’être désirée par autrui, d’être convoitée sexuellement. On entend souvent dire que les femmes ont besoin de se sentir désirées, ce qui concorde avec ce concept.

                Dans une relation sexuelle, il y a souvent une polarité où agressivité phallique et désirabilité s’affirment. L’homme exprimant avec confiance son désir mettra plus facilement une femme en contact avec sa désirabilité, avec sa féminité. Plus la femme dégagera de féminité, plus l’homme se sentira attiré par celle-ci et plus, à son tour, il se sentira masculin. Derrière la notion de désirabilité se cache un certain exhibitionnisme et narcissisme sain. Il est toujours mieux d’avoir une image corporelle positive que négative. Un individu qui est beaucoup dans la désirabilité aime « se montrer » et se mettre en valeur. La désirabilité constitue une arme de séduction assez puissante qui viendra surtout impacter les gens dont leur érotisme et désir est activité par le « voir ».

                Il est intéressant de constater à quel point les compagnies de vêtement, maquillage et produits de beauté font énormément d’argent. Le rationnel derrière cette réalité est que les gens savent qu’en se sentant davantage désirables, ils sont dans une meilleure mesure d’attirer un partenaire sexuel. Dans l’autre camp, celui de l’agressivité phallique (facteur Y), nous voyons beaucoup d’hommes qui se préoccupent de leur taux de testostérone et qui cherchent à l’augmenter. D’autres garçons vont aussi chercher plusieurs façons d’augmenter leur confiance en soi ou habiletés à séduire les femmes. Le marché du coaching en séduction est réel.

                Dans ma pratique clinique, je ne peux pas passer à côté du concept de désirabilité. Par exemple, si un couple me consulte car l’homme manque de désir sexuel, la conjointe en sera grandement impactée. Cela n’est pas seulement causé par un éloignement relationnel mais aussi par une impression de ne pas être « désirable » pour son partenaire ce qui fait très mal…Cette réalité s’observe également chez les couples homosexuels quand l’un des partenaires a davantage de désir que l’autre. Comme plan d’intervention, le sexologue doit donc à la fois proposer des avenues pour augmenter l’agressivité phallique et la désirabilité. L’homme sera ainsi encouragé à prendre des risques, séduire par le toucher et le regard, initier les relations sexuelles, se concentrer sur ce qui l’excite chez sa partenaire….La femme sera encouragée à prendre soin d’elle, à se trouver belle, à avoir confiance en elle, à réduire son besoin d’approbation. En augmentant la confiance en soi de chaque partenaire, selon que ce soit l’agressivité phallique ou la désirabilité, nous aidons le couple à se rejoindre à nouveau.

                Je tiens à préciser que les termes « homme » ou « femme » sont utilisés seulement à fins d’exemple car parfois, nous voyons des couples ou la femme est davantage en position d’agressivité phallique et où l’homme est surtout dans une dynamique de désirabilité. Il faut bien sûr éviter les généralisations. En guise de conclusion, j’encourage chacun à s’interroger sur son rapport à l’agressivité phallique et la désirabilité afin de mieux se connaître.

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On entend souvent parler de masculinité et de féminité. Qu’en est-il vraiment ? Plusieurs conceptions existent. Alors que certaines s’avèrent rigides, d’autres sont plus souples. Aujourd’hui, je vais vous présenter une façon de comprendre la masculinité qui est inspirée de la sexoanalyse.

                Dans un premier temps, l’agressivité phallique ne rime pas avec violence. Il n’est pas question de manquer de respect envers les femmes ou de les maltraiter. Le pénis (phallus) est ici vu comme un symbole d’affirmation de soi. Un homme qui fait preuve d’agressivité phallique est un homme qui s’affirme et qui est confiant dans sa sexualité. Il y a une dynamique de « Aller vers » la femme qui est assez forte. Voici 2 exemples illustrant deux approches complètement différentes en matière de séduction :

  • Robert a 30 ans et est célibataire. Il apprécie les soirées de tango et cherche à y rencontrer des femmes. Il n’est pas particulièrement beau, a quelques kilos en trop mais il dégage une énergie très masculine. Il n’hésite pas à aborder plusieurs femmes dans le but de les inviter à danser. Parfois, ses invitations sont refusées mais ça ne le dérange aucunement. Lorsqu’il danse avec une femme, il utilise beaucoup son regard et sa capacité à toucher la femme avec confiance.

 

  • Victor a 27 ans et est aussi célibataire. Il est adepte de musculation et se qualifie de métrosexuel. Il fait énormément attention à son apparence. Pour rencontrer des femmes, il aime publier plusieurs photos de lui sur Instagram dans le but qu’on le remarque. Sa stratégie est d’être le plus beau possible, le mieux habillé et coiffé possible. Il se sent confiant quand il sent que la femme le trouve beau. Généralement, il aborde peu ou pas les femmes et préfère que l’autre fasse le premier pas.

 

Lequel entre Robert et Victor fait preuve d’une plus grande agressivité phallique ? La réponse est assez claire. C’est Robert et de loin ! Je tiens à préciser qu’il n’est pas nécessairement mieux que Victor mais seulement que sa manière d’être correspond à l’idée d’agressivité phallique et de confiance en soi. Voici plusieurs autres caractéristiques associées à la masculinité (agressivité phallique) selon ce modèle : ambition, détermination, persévérance, conviction, force, passion. Un homme qui est dans sa polarité masculine n’hésite pas et fonce vers ce qu’il veut, tant dans sa sexualité que dans la vie en général. Les femmes répondent souvent mieux aux hommes confiants qui hésitent peu. Elles disent trouver ça davantage masculin. Dans leurs relations sexuelles,  l’agressivité phallique se traduit par une expression de force, désir, puissance et animalité. Il y a ici beaucoup d’authenticité et de laisser aller. L’homme exprime ici son grand désir envers la femme.

                Le concept d’agressivité phallique s’applique aussi bien aux couples homosexuels. Par exemple, l’homme qui pénètre son partenaire sera dans une position où il y a expression d’agressivité phallique. Chaque homme ou femme a en lui à la fois des traits masculins et féminins. Une femme peut aussi faire preuve d’agressivité phallique dans sa vie.

                Au niveau davantage sociologique, il s’avère intéressant de noter certains changements au Québec. Beaucoup plus de femmes occupent maintenant de hauts postes de gestion et se définissent comme « carriéristes ». De plus, nous voyons maintenant beaucoup d’hommes investir leur corps soit en s’adonnant très fréquemment à la musculation ou bien en s’achetant beaucoup de vêtements dans un souci de plaire aux autres. Certains vont jusqu’à se mettre du fond de teint ou se faire des manucures.  La femme semble donc plus masculine qu’avant et l’homme tend à se féminiser (selon la définition de la masculinité/féminité véhiculée par la sexoanalyse).

                En guise de conclusion, ce concept impacte significativement les codes d’attraction sexuelle. Certains clients me disent par exemple être attirés par les hommes masculins, d’autres par les femmes masculines. La dimension de l’orientation genrale est intéressante (homogenralité vs hétérogenralité). En séduction, êtes-vous surtout du type à foncer et chasser ou bien à vous faire beau/belle et attendre qu’on vous remarque ? Mon prochain article traitera du facteur X : la désirabilité.

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