Archives de la catégorie ‘Sexologue Montréal’

Dans ce premier article de l’année, je vais m’attarder encore à la problématique de la dépendance à la pornographie. Motif de consultation de plus en plus commun dans ma pratique clinique, j’observe que beaucoup d’éléments peuvent freiner les progrès de quelqu’un essayant d’arrêter complètement cette pratique. Ici, j’aimerais vous présenter quelques « tours » que les consommateurs de pornographie peuvent jouer à leur cerveau.

                Dans un premier temps, le mécanisme de défense qui semble être populaire constitue la « rationalisation » de sa consommation de pornographie. La rationalisation consiste à se convaincre en utilisant des arguments rationnels que le comportement en question est approprié. Plus concrètement, voici certaines pensées pouvant justifier le fait de passer à l’acte :

  • J’ai eu une mauvaise journée. Voir de la porno me permettrait d’abaisser ma tension,
  • Je vais juste regarder un vidéo ou deux et après, je vais arrêter. Il y a rien là….
  • Je m’ennuie et j’ai rien à faire. J’ai besoin de me divertir….
  • De toute façon, je n’arrive pas à séduire les femmes. Aussi bien consommer de la pornographie….
  • Je vais juste regarder des photos sexy sur Instagram….Ce n’est pas de la pornographie
  • Ma conjointe n’est pas à la maison aujourd’hui. Je vais en profiter pour regarder des vidéos. Je n’ai pas souvent de telles opportunités…
  • Mon désir sexuel est trop fort. C’est plus fort que moi….Je n’arrive pas à contrôler ma consommation de pornographie.
  • J’ai rechuté hier….Je vais regarder de la pornographie encore aujourd’hui mais à partir de demain, je vais essayer d’arrêter à nouveau
  • Ça va être la dernière fois et après j’arrête
  • Je vais me tester pour voir si la pornographie m’excite encore. C’est donc une bonne raison d’en consommer.
  • Je suis curieux de voir si des nouveaux vidéos sont sortis dans la catégorie que je préfère.
  • Je me sens seul ce soir…En consommant de la pornographie, je ne verrai pas le temps passer.

Vous voyez, il existe une multitude de raisons semblant « rationnelles » pour s’adonner à la consommation de pornographie. Les exemples ci-dessus représentent  seulement une infime partie de toutes les possibilités de motifs qui peuvent vous emprisonner dans cette pratique. Toutefois, j’ai listé les raisons que j’entends le plus fréquemment. Il s’avère très important que vous puissiez prendre conscience de vos mécanismes de rationalisation. Ceux-ci représentent d’importants facteurs de maintien sur lesquels nous devons agir. Voilà pourquoi il est pertinent d’être très attentif à soi-même et de prendre en note les pensées que nous avions avant de visionner les vidéos pornographiques. En thérapie, je pourrai vous accompagner dans ce processus et voir comment combattre ces mécanismes puissants de rationalisation.

                Dans mon prochain article, je vais vous présenter d’autres visages de la dépendance sexuelle, c’est-à-dire les sites de webcam, les saunas, les salons de massage et la prostitution. Je vous montrerai également comment la cyberdépendance peut mener à l’infidélité et vous éloigner de vos valeurs et sentiments.

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Voilà un sujet qui peut facilement semer la controverse : l’infidélité. Selon vous, est-ce qu’un couple peut survivre à l’infidélité ou cela constitue plutôt un point de non-retour ? De plus, comment peut-on définir l’infidélité ? Est-ce à partir du moment où on embrasse quelqu’un d’autre ou est-ce même dès le moment où l’on fantasme sur cette personne ?

                Je vais répondre à la deuxième question d’abord. La définition de l’infidélité dépendra de ce que j’appelle « les règles du couple ». C’est à chaque couple de définir clairement ce qu’est l’infidélité, de séparer l’acceptable de l’inacceptable. Par exemple, certains couples se montreront très ouverts à ce que leur partenaire consomme de la pornographie alors que pour d’autres, cela revient à « tromper ».  Souvent, ces règles ne sont pas suffisamment claires et cela entraîne évidemment des conflits. Toutefois, des conflits peuvent également survenir avec des règles claires dans l’éventualité où l’une d’elles serait transgressée. À partir de ce moment, est-ce que le couple peut survivre ?

                La réponse est oui car d’un point de vue strictement statistique, plusieurs couples ont réussi à passer par-dessus l’infidélité en pardonnant. Toutefois, il n’est pas du tout rare que le fait d’avouer son infidélité (ou se faire prendre) conduise directement à la rupture. Si vous vous demandez s’il est judicieux d’avouer votre infidélité, questionnez-vous à savoir si vous êtes prêt à faire face à toutes les conséquences possibles d’un tel aveu, incluant une rupture. Je ne dis jamais à mes clients quoi faire mais je dois leur montrer l’importance d’assumer leurs choix et de voir les différents enjeux associés à leurs décisions.

                Quelles stratégies peuvent être considérées pour surmonter l’infidélité ? Je vais tenter de résumer celles que je trouve pertinentes :

  • Parfois, en se ramenant à ses valeurs et sentiments, on peut se dire que ça ne vaut pas la peine de détruire la famille pour l’infidélité de son conjoint ou sa conjointe. Ça ne vaut pas la peine de briser ce qu’on a mis tant d’années à construire. Pour surmonter l’infidélité, qui est souvent vu comme un « miroir cassé », nous devons avoir une motivation suffisamment grande afin de pouvoir continuer. Je dirais qu’un couple avec enfants aura peut-être un peu plus de chances pour se préserver car beaucoup de parents ne voudront pas pénaliser leurs enfants en se séparant.  Plus le niveau d’engagement est élevé, plus le couple est difficile à « détruire » si vous voulez. Toutefois, les circonstances entourant l’infidélité seront un facteur très important. Il y a une grande différence entre une aventure d’un soir lors d’un part de bureau trop arrosé et un amant que nous voyons depuis plusieurs mois.
  • Suite à la mise en lumière d’une infidélité dans un couple, un engagement de fidélité doit être pris sur le champ. Cela implique de couper tout contact avec son amant ou amante. De plus, il s’avère normal que l’individu qui a été trompé devienne hypervigilant et méfiant. À court terme, le partenaire infidèle devra accepter les insécurités de son partenaire et se montrer davantage rassurant. De nouvelles règles de couple devront être définies afin de restaurer la confiance.
  • Une infidélité peut même devenir une opportunité pour améliorer son couple. Comment cela peut être possible me demanderez-vous ? L’infidélité peut être bien utilisée s’il y a un dialogue ouvert où chacun peut exprimer ce qui a contribué à l’infidélité et si certains manques dans le couple pourraient avoir contribué à cette crise. Dans une discussion comme ça, chacun devra accepter de se confronter et de se remettre en question. Par exemple, un individu souffrant d’isolement dans son couple pourrait peut-être envisager de combler ses besoins affectifs à l’extérieur de son couple (si le partenaire est toujours part. Même chose pour quelqu’un qui s’ennuie sexuellement avec son ou sa partenaire.

 

En guise de conclusion, voici ce qui peut être fait pour passer par-dessus une infidélité : Avoir une motivation suffisamment forte pour continuer, se doter de nouvelles règles, s’engager à éliminer tout risque de récidive et communiquer ouvertement avec son partenaire afin de voir ce qui fonctionnait moins bien dans le couple et comment cela pourrait être amélioré pour le futur.  Si ce thème vous a interpellé et vous souhaiteriez en discuter, vous pouvez prendre un rendez-vous ici.

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Parmi les problématiques sexuelles les plus fréquentes se trouve l’éjaculation prématurée ou plus couramment appelée éjaculation précoce.  Cette problématique sexuelle amène également son lot de détresse et d’anxiété chez ceux qui en sont affectés. Voilà pourquoi plusieurs hommes prennent la décision de consulter un sexologue clinicien afin d’explorer des solutions possibles.

                Tout d’abord, beaucoup vont d’abord utiliser des solutions qui s’avèrent inefficaces. La première qui revient souvent est la tendance de vouloir contrôler son éjaculation. Cela ne fonctionne pas car l’éjaculation ne constitue pas un mouvement volontaire, c’est plutôt un réflexe. Une fois que l’homme a atteint son point de non-retour dans son processus de montée d’excitation sexuelle, il est trop tard… Deuxièmement, beaucoup vont essayer de se distraire en pensant à des idées qui ne sont pas du tout excitantes. Un nombre significatif de clients m’ont rapporté que cette stratégie ne les aide pas vraiment à tenir plus longtemps dans leurs relations sexuelles. Quelle serait alors la solution possible pour combattre l’éjaculation précoce ?

                Il n’y a pas de recette miracle pour guérir l’éjaculation précoce. Il faut d’abord commencer par bien évaluer chaque situation et de cibler les différents facteurs qui peuvent contribuer à l’éjaculation prématurée. La plupart du temps, le problème est présent à cause d’une gestion déficiente de l’excitation sexuelle. Comment améliorer la modulation de l’excitation sexuelle ? Voici quelques pistes qui peuvent vous être utiles :

  1. Tentez de vous habituer aux préliminaires sexuels. Trop de gars sont pressés de pénétrer directement leur partenaire. Des préliminaires de plus de 15 minutes vous habitueront à développer une tolérance aux stimuli sexuels qui précèdent la pénétration et de mieux vous faire prendre conscience de la montée et descente de votre niveau d’excitation sexuelle.

  1. Détendez-vous. Si vous êtes tendu, votre respiration sera plus haute et vous serez moins en mesure de moduler la montée de votre excitation sexuelle. Si vous pouvez combiner une respiration abdominale à vos relations sexuelles, vous augmentez grandement vos chances d’éjaculer au moment désiré.

 

  1. Apprenez à apprécier tout le processus d’une relation sexuelle et essayez d’être davantage en contact avec vos sensations corporelles. Beaucoup d’éjaculateurs précoces cherchent surtout les sensations associées à l’orgasme. Je dis souvent la métaphore suivante à mes clients : La sexualité est comme un plat qui se doit d’être bien dégusté et non avalé tout rond.

 

Voilà, j’ai donné ici quelques pistes de solutions pour remédier à l’éjaculation précoce, c’est-à-dire d’augmenter le temps consacré aux préliminaires, de tenter d’avoir une respiration abdominale et d’être davantage centré sur le processus plutôt que sur la finalité qu’est l’orgasme. Je tiens à préciser que cet article ne constitue pas un programme qui va garantir la résolution de votre problématique d’éjaculation précoce mais il pourra certainement vous inspirer si vous sentez que cet aspect de votre vie pourrait être amélioré. L’éjaculation précoce résulte surtout d’une mauvaise gestion du processus de montée de l’excitation sexuelle mais la situation de chaque client est unique. Voilà pourquoi je recommande aux gens de consulter un sexologue clinicien qui pourra bien évaluer le trouble sexuel et proposer un plan de traitement approprié.

 

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Tel que promis, voici maintenant une réflexion traitant de liberté intérieure. Certains utiliseront le terme « équanimité » pour faire référence au concept de liberté intérieure. Un individu faisant preuve de liberté intérieure ou d’équanimité va constamment rester maître de ses émotions et de son esprit. Il ne se laissera jamais envahir par celles-ci. Plutôt que d’en être l’esclave comme la majorité des gens, il saura les dompter et les utiliser à son avantage.

                Pour y parvenir, le sage adopte une posture de « non-attachement » dans sa vie. Cela ne signifie pas de l’indifférence. Cela consiste plutôt à se libérer du sentiment d’importance de soi qui est omniprésent dans nos sociétés individualistes. Si nous sommes trop attachés à notre égo, nous devenons excessivement vulnérables à tout ce qui pourrait l’ébranler. D’autre part, nous allons avoir tendance à être envahi par une alternance de désirs et de frustrations. Quelqu’un vivant constamment d’attentes en attentes se projette surtout dans le futur et est moins dans le moment présent. De plus, les attentes constituent souvent un jardin de frustrations. Le monde n’est jamais comme nous voudrions qu’il soit et nous devons accepter ça afin de maintenir notre sérénité.  Les 3 prémisses suivantes peuvent aider à vous convaincre de l’importance de se libérer de l’emprise de l’égo :

  1. Tout est temporaire (impermanence des choses)
  2. La vie est fragile et nous devons profiter de chaque moment.
  3. Tous les êtres sont interdépendants

Certains me demanderont comment concrètement ils peuvent augmenter leur liberté intérieure. Ma réponse est qu’un bon moyen d’augmenter son équanimité passe par une plus saine gestion des émotions. En gestalt thérapie, nous parlons de fond et de forme. Quelqu’un vivant un débordement émotionnel n’a pas un « fond dégagé ». La figure dominante devient l’émotion perturbatrice et cela occupe toute l’attention du champ de perception. La réalité est qu’une émotion n’est pas vraiment tangible et est très souvent exagérée. Pour devenir plus « zen », en reprenant le modèle de la gestalt, nous souhaitons que l’émotion ne prenne pas trop de place dans le champ perceptuel et puisse laisser un fond dégagé. Voici 2 façons plus concrètes pour y parvenir :

  1. Cultiver une émotion opposée à l’émotion indésirable: 2 émotions contraires ne peuvent cohabiter en même temps. Pour combattre la peur, vous pouvez utiliser la gratitude. L’altruisme peut représenter un antidote à la haine et le détachement peut vous faire du bien si vous êtes trop envahis par le « désir-passion ».  En sexologie, nous parlons souvent de l’importance du désir mais il faut faire attention aux excès qui correspondent à un sentiment d’être affligé, contrôlé, voire paralysé par celui-ci. Ce type de désir peut mener à des sentiments de possessivité et d’insécurité qui sont nocifs pour toute relation amoureuse. Une certaine dose de détachement reste nécessaire car l’autre n’est pas un objet qui nous appartient.
  2. Méditation pleine conscience : Entraînez-vous à vous concentrer sur l’émotion elle-même et non sur l’objet de celle-ci. Par exemple, si vous êtes en colère contre votre fils, ne restez pas fixé sur lui mais pensez plutôt à la nature de votre colère. Quelle est sa forme ? Quelle est sa couleur ? Regardez attentivement votre émotion avec une attitude de curiosité. Vous allez réaliser que l’émotion n’a pas vraiment d’existence intrinsèque et devrait finir par s’évanouir. Si vous vous attachez trop à votre émotion, des pensées la renforçant vont s’ajouter et toute une chaîne va se créer.

En guise de conclusion, nous pourrions nous demander s’il existe une façon de régler presque tous les problèmes. Je n’ai pas de réponse ultra précise à ce sujet mais je peux vous garantir que la liberté intérieure va vous amener vers une perception plus juste de la réalité et que cela facilitera grandement la résolution de la plupart de nos problèmes personnels, relationnels et sexuels.

liberté intérieure

Pour faire suite à mon précédent article, je vais maintenant vous proposer une réflexion sur ce qui nuit le plus à notre liberté. Nous avons tous besoin d’explorer le monde, de vivre des expériences, de les assimiler et d’ainsi grandir. À quelque part, être libre correspond à la capacité de choisir les expériences que nous voulons vivre parmi un vaste choix d’options possibles. Hélas, ce processus de vraiment vivre la vie que nous voulons n’est pas simple pour tous.

Le paraître et l’avoir

                Beaucoup de gens vont prioriser « le paraître » et « l’avoir » et cela bloque en quelque sorte leur sentiment de liberté. Si vous êtes surtout soucieux de ce que les gens vont penser de vous, vous n’êtes pas vraiment authentique et vous agissez selon l’énoncé suivant jusqu’à un certain point : « Je suis ce que mon environnement me demande ». Ainsi, l’individu vivant dans le « paraître » va surtout se comporter pour suivre des normes externes plutôt que des normes internalisés. Si vous allez au gym pour avoir un corps de rêve mais qu’au fond vous détestez y aller, à quoi bon vous faire souffrir autant ? Les exemples que je pourrais énumérer sont très nombreux….Pensons à toutes ces industries et produits : les implants mammaires, la chirurgie plastique, les 1001 « produits » pour augmenter la taille du pénis, etc….

D’autres vont surtout se concentrer sur leur besoin de sécurité et seront surtout dans la dimension de l’avoir. Ici, le but peut être soit d’accumuler des biens ou de l’argent afin de se donner un sentiment illusoire de sécurité. La réalité est qu’à tout moment, nous pouvons tout perdre. Le bouddhisme mentionne aussi la notion que tout est « éphémère » et non-permanent.  Beaucoup se valoriseront en accumulant de grandes sommes d’argent mais à quoi bon ? Pendant que vous vous battez pour augmenter le solde de votre compte de banque ou bien vos possessions matérielles, vous ne vivez peut-être pas la vie que vous voulez vraiment. L’argent devrait être un moyen pour accéder à davantage d’expériences plutôt qu’une fin en soi. Donc, si vous n’aimez pas votre travail malgré le fait qu’il rémunère bien, je crois qu’il peut être judicieux de considérer d’autres options. Je dis toujours à mes clients qu’il faut prendre nos décisions en fonction de nos désirs authentiques et non en fonction de nos peurs. La peur constitue probablement le plus grand frein à la liberté !

Donc, si je récapitule, un trop grand souci de l’opinion des autres et un trop grand besoin de sécurité peuvent nuire à votre liberté. Le premier vous fait suivre des normes externes alors que le deuxième est surtout en réponse à de l’insécurité.

L’incapacité à prendre des décisions

                Un autre frein que je vois constamment est une trop grande ambivalence lorsque vient le temps de se positionner. Les gens ont parfois tellement peur de prendre une décision ou de s’engager dans une direction donnée. Pourquoi ? Parce que choisir demande de renoncer à d’autres options possibles. Être libre signifie une capacité à s’engager dans des expériences tout en rejetant les autres expériences possibles. Il y a fluidité dans la manière d’être lorsqu’il y a absence de blocage. Lorsque nous sommes bloqués trop longtemps dans une croisée de chemins, il y a ce qu’on appelle la « paralysie de l’analyse ». Pendant que vous êtes dans votre tête, vous risquez de manquer des opportunités et vous n’avancez pas. N’ayez pas peur ! Réfléchissez à vos valeurs et votre plan directeur de vie et foncez dans la direction voulue. Au pire, vous ferez une erreur et ce n’est pas grave !  Plus vous savez qui vous êtes et ce que vous voulez, plus le processus de prise de décision sera fluide.

Vers une nouvelle réflexion

                Voilà ce qui conclue cet article traitant des freins à la liberté. Si nous avions à résumer le tout, on pourrait dire que c’est surtout la peur qui nous empêche d’avancer et d’être libre. Par peur, nous pouvons entendre la peur de déplaire à autrui, la peur de faire des erreurs, la peur de manquer d’argent, la peur d’être abandonné par l’autre, la peur d’être puni ou maltraité par l’autre, la peur d’être malade et même peut-être la peur de la vie !

Beaucoup croient que la liberté consiste à faire ce que l’on veut, ce qui n’est pas faux en soi. Toutefois, dans mon prochain article, j’aimerais surtout me pencher sur le concept de « liberté intérieure », qui nous fait passer du « faire » à « l’être ».

liberté

Aujourd’hui, j’aimerais que nous nous penchions sur le thème de l’ennui. Selon l’approche humaniste existentielle, chacun porte en soi une anxiété d’insignifiance. De cette anxiété découlerait un besoin de recherche de sens. C’est en utilisant le chemin de la recherche de sens et de l’actualisation de son potentiel que je vous présenterai une manière d’être qui pourrait vous aider à vous libérer de l’ennui et de l’insatisfaction.

Dans mon approche thérapeutique, j’amène souvent mes clients à se définir des objectifs de vie, à créer un plan directeur pour les prochaines années de leur vie. Si nous n’avons pas de buts, nous nous dirigeons nulle part. Si notre vie ne comporte pas de sens ou de direction, nous serons davantage susceptibles à rechercher surtout les sensations et émotions fortes afin de se sentir en vie. Par conséquent, les valeurs, les sentiments plus profonds et la vie spirituelle seront davantage négligés.  Par exemple, certains hommes ayant commis l’infidélité s’ennuyaient dans leur couple et leur vie et ont donc recherché des sensations et émotions plus fortes ailleurs que dans le couple. Évidemment, ce n’est pas une marche à suivre que je recommande si votre couple est précieux pour vous. Si vous vous ennuyez, demandez-vous plutôt quelle est la nature de l’écart entre votre situation actuelle et celle à laquelle vous aspirez. Quelle nouvelle expérience (compatible avec vos valeurs et sentiments) pourriez-vous tenter ? Si l’ennui est inhérent en couple, comment pourriez-vous  donner une nouvelle direction à votre couple ? Plus le sens que vous donnez à votre couple est clair, plus il sera facile de le communiquer avec votre amoureux ou amoureuse.

Afin de trouver un sens à sa vie, il s’avère important de bien se connaître, tant au niveau de ses forces que de ses limites. L’être humain grandit en intégrant des expériences. Une fois chaque expérience digérée et assimilée, nous pouvons dire si cela concorde ou non avec nos valeurs et goûts. Le concept de « concordance » est fondamental. Plus vos actions au quotidien vont rejoindre les aspirations de votre plan directeur, plus vous vous sentirez satisfait et moins vous allez vous ennuyer. Si vous atteignez vos objectifs, il est fort possible qu’un besoin de réaliser d’autres défis émerge. L’être humain est ainsi fait. Nous avons constamment besoin de grandir et stagner ne constitue pas une option intéressante. Comme je dis souvent à mes clients, le mieux est de pouvoir trouver un point d’équilibre entre la focalisation de son énergie vers l’atteinte d’objectifs et l’appréciation de ce que nous avons ou sommes déjà. Un excès d’ambition mènera à de la frustration et de l’insatisfaction tandis qu’un excès de complaisance mènera à une non-croissance.

L’être humain est libre à 100% et il peut créer la vie qu’il veut….en principe… Hélas, nous vivons dans une société régie par des normes et des lois. Il s’avère normal et souhaitable de devoir se conformer à certains principes. Toutefois, certaines personnes vivent dans une recherche d’approbation constante, ce qui va les éloigner de leur authenticité et leur nature profonde. Les schémas de recherche d’approbation et exigences élevées sont parmi ceux les plus souvent diagnostiqués lorsque je distribue le questionnaire des schémas de Young. Cela m’amène à vous proposer un thème pour le prochain article qui traitera davantage les différents freins à notre liberté.

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On entend souvent parler de l’importance de s’affirmer dans son couple, notamment quand il y a quelque chose qui nous dérange chez l’autre. Cela est effectivement souhaitable de communiquer ses attentes le plus clairement possible. Hélas, l’autre n’est jamais comme on voudrait qu’il soit à 100% et il faut en quelque sorte apprendre à composer avec cela.

                Avec mes clients, je présente souvent le concept de « relativiser ses attentes ». À mon avis, il est souhaitable de ne pas traiter toutes nos attentes de la même façon, certaines étant plus importantes que les autres. En couple, nous sommes souvent confrontés à devoir choisir entre son individualité ou bien une adaptation à l’autre. L’idée est d’apprendre à être soi-même tout en étant avec l’autre et pour y arriver, nous devons apprendre à mettre nos attentes en perspective. Par exemple, je comprends un client qui souhaite fonder une famille de ne pas « plier » sur ce point et de considérer mettre fin à la relation si le partenaire n’est pas sur la même longueur d’onde. Toutefois, une question comme la manière de faire la vaisselle ou le temps passé à magasiner peuvent faire l’objet de réflexions plus approfondies et mener à la question suivante : « est-ce que le fait que mon partenaire oublie systématiquement de vider le lave-vaisselle malgré mes rappels est suffisant pour que cela entraîne de la frustration chez moi et du ressentiment ? » Il y a mille et une raisons d’être dérangé par quelque chose que fait notre partenaire. Il s’avère bénéfique de nommer ces sources d’insatisfactions mais il peut être dangereux de seulement focaliser sur ce que nous voulons changer chez l’autre. L’appréciation et la gratitude par rapport à ce qui est fonctionnel et harmonieux doit aussi être dans notre champ de perception.  Mais que devons-nous faire lorsque notre partenaire n’arrive pas à combler certaines de nos attentes ?

                C’est à ce moment-là que nous pouvons nous questionner sur nos besoins et voir s’il est possible de simplement lâcher-prise par rapport à la question et tout simplement accepter l’autre dans son imperfection. Cette introspection s’avère très importante car certaines personnes vont se mentir à eux-mêmes et se disent « ce n’est pas grave » alors qu’au fond d’eux-mêmes, ils vivent beaucoup d’émotions négatives. Cela constitue du refoulement et c’est nocif à tout couple. Pourquoi ? Car de la frustration accumulée se fera sentir à travers le langage non-verbal (on ne peut pas ne pas communiquer) et il y a un risque de finir par exploser tôt ou tard.

                Ainsi, suite à une bonne introspection, il sera plus facile d’être honnête avec soi-même et de se positionner par rapport à son couple. Est-ce que je mets fin à la relation ? Est-ce que je lâche prise tout simplement ? Est-ce qu’il y a possibilité de trouver une solution créative gagnant-gagnant ? Ces questions deviendront plus aisées à résoudre. En passant, il est tout à fait normal de « détester » certaines parties de son partenaire. L’idée est de ne pas perdre de vue les aspects que nous apprécions et les éléments qui ont fait en sorte que nous avons choisi cette personne pour partager notre vie !

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