Archives de la catégorie ‘Sexologue Montréal’

Parfois, je simplifie ce qu’est l’anxiété en le formulant comme suit : « Si vous êtes anxieux, c’est que vous pensez à ce que vous ne voulez pas ». Dans la plupart des cas, cet énoncé s’avère vrai. Si vous avez peur avant de faire une présentation devant public, c’est que vous imaginez probablement un scénario où votre prestation ne sera pas à la hauteur de vos attentes. Si on pense à la personne qui est anxieuse à l’idée de conduire une voiture, c’est que celle-ci considère la possibilité d’un accident important.

 

 

L’anxiété est parfois utile

                Avant d’aller plus loin, je tiens à ajouter que l’anxiété peut aussi nous être utile dans la mesure où il y a un danger réel. Par exemple, dans notre contexte actuel de pandémie, l’anxiété de beaucoup de gens est tout à fait justifiée même si elle implique des comportements d’hypervigilance. Si un lion vous court après, votre peur sera aussi utile car une réaction d’indifférence mettrait votre survie en danger.  Le problème est surtout présent lorsque le niveau d’anxiété est disproportionné par rapport au niveau de danger d’une situation donnée (cela s’applique pour beaucoup beaucoup de cas !)

 

Se poser des questions différentes

                L’anxiété provient souvent de questions que nous nous posons pour évaluer une situation : Comment cela pourrait-il mal tourner ? Qu’est-ce que je vais faire si je perds mon emploi ? Est-ce que mon partenaire va m’abandonner ? Si oui, comment ? Qu’est-ce qui est imparfait dans mon environnement ? Vais-je avoir un blanc de mémoire lors de ma présentation ?

                Pour renverser cette situation, je vous proposerais d’évaluer votre vie en vous posant des questions différentes. Cela changera votre perspective pour le mieux. Voici des exemples de questions apportant des réponses plus intéressantes : Qu’est-ce que je peux contrôler dans cette situation ? Comment ai-je réussi dans le passé à surmonter des épreuves difficiles ? Quel est l’aspect positif de cette situation ? Comment pourrais-je tourner cet imprévu à mon avantage ? (Pensez par exemple aux entrepreneurs qui se sont réinventés dans la crise du COVID-19). Qu’est-ce que je veux ? Comment puis-je créer cette journée pour qu’elle soit formidable ?

Mot de la fin

                Voilà, j’avoue que cette approche pour traiter l’anxiété est assez simple mais n’oubliez pas ce point primordial : Nous avons la liberté de percevoir le monde comme nous le voulons. En se posant des questions différentes, nous choisissons de changer l’endroit où nous portons notre attention et nous nous donnons la chance de se sentir vraiment mieux.

 

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Bonjour, dans cet article, je vais vous présenter comment la consommation de pornographie peut venir influencer la dynamique du couple ainsi que les modes de communication entre partenaires.  Voici la situation classique : Un homme vient me consulter car sa conjointe a découvert dans l’historique de recherche qu’il consultait régulièrement des sites pornographiques. Elle lui demande de travailler là-dessus. Souvent, l’individu en question admet qu’il a un problème de dépendance et reconnaît que cette pratique nuit à sa vie. Au fil des rencontres, un dilemme revient souvent : « Que dois-je dévoiler à ma partenaire ? J’ai peur qu’elle soit blessée si je lui avoue que j’ai rechuté. Dois-je lui cacher ? Ou bien lui dire que j’y retourne (vers la pornographie) une fois de temps en temps sans aller dans les détails ? »

 

 

Consommation de pornographie : cause ou symptôme ?

                Comment composer avec ce type de difficultés ? Tout d’abord, la présence d’une dépendance à la pornographie amène souvent un éloignement relationnel. Dans certains cas, par contre, il est possible que la consommation de pornographie soit un symptôme d’un manque d’intimité qui était déjà là à la base. Comme sexologue clinicien, je procède pour évaluer avec rigueur si la dépendance à la pornographie est surtout une cause ou un symptôme.  Peu importe la nature du rapport de cause à effet, le trop grand éloignement dans un couple n’est jamais bon. Donc, si vous cachez à votre partenaire votre consommation de pornographie, cela constitue une forme d’éloignement et il est possible que celle-ci se montre suspecte vis-à-vis de votre comportement. J’ajoute aussi qu’une dépendance à la pornographie amène régulièrement une baisse de désir sexuel envers le ou la partenaire, ce qui renforce encore plus l’éloignement.

Comment favoriser une bonne alliance dans le couple dans un tel contexte

                À titre de solution possible, je dirais que chaque couple doit se doter de règles claires quant au type de communication qui est souhaité par rapport à la dépendance à la pornographie chez l’un des membres. Cette communication devra être faite dans un climat d’ouverture, de non-jugement, d’écoute, d’empathie et de compréhension. Il est normal de se sentir choqué(e) si son conjoint avoue avoir encore succombé à la tentation mais si vous répondez de manière agressive, ça n’aidera pas votre partenaire à s’ouvrir davantage. Au contraire, celui-ci pourrait même se fermer davantage à l’avenir. Pour le patient affecté par la consommation compulsive de pornographie, il sera important de faire preuve d’humilité, de transparence et d’ouverture face aux questionnements du partenaire. Il faudra donc que chaque membre du couple puisse tolérer l’anxiété qui peut découler de ce type d’échanges et garder une image positive de l’autre. J’ajouterais également que c’est au couple de décider la quantité de détails qui doit être partagée parmi les aspects suivants : fréquence de consommation, durée des épisodes de consommation, contenu des vidéos, contextes dans lesquels il y a eu rechute, solutions tentées, etc…

                Voilà, j’espère que mon article ait pu vous éclairer sur cette situation qui donne des casse-têtes à beaucoup de couples !

 

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Bonjour, vous pourrez davantage me connaître grâce à cette vidéo. J’y traite de mon parcours, des différents motifs de consultation, de mon approche thérapeutique ainsi que de télépratique afin de rester accessible pour ma clientèle en ces temps difficiles. Bon visionnement !

À chaque année, selon l’Association québécoise de prévention du suicide, il y a environ 1100 suicides au Québec. Je crois que la meilleure attitude à adopter s’avère surtout celle de la prévention. Agissons là où nous avons encore du contrôle.

                Je crois que la stratégie de prévention la plus importante est celle de briser le tabou du suicide, c’est-à-dire de s’autoriser à en parler ouvertement. Par exemple, si vous vous inquiétez de l’état d’un proche, mieux vaut lui demander directement s’il pense au suicide. Nous ne sommes jamais trop prudents. Voici quelques signes qui pourraient laisser présager un risque suicidaire :

Messages verbaux directs et indirects :

« Je veux me suicider »

« Je veux mourir »

« Je souhaiterais ne plus jamais me réveiller »

« J’ai fait mon testament »

« Je ne m’en sortirai jamais »

Autres indices :

Don d’objets significatifs, retrait et isolement, désintérêt pour la vie, absence d’émotions, état dépressif, brusques changements d’humeur et comportements dangereux

                J’ajouterais qu’il ne faut pas se limiter à ces signes mais aussi se fier à son instinct si vous sentez quelque chose d’inhabituel dans le comportement d’un proche. Dans tous les cas, comme je l’ai mentionné auparavant, mieux vaut aborder la question du suicide directement et le faire sans préjugés. Par exemple, il est faux de penser qu’il est lâche de se suicider ou encore que les gens se suicidant sont courageux. De plus, l’individu suicidaire ne souhaite pas vraiment mourir. Il désire plutôt arrêter de souffrir. Ainsi, le suicide devient une solution définitive à un problème temporaire.

                Comme autre stratégie importante de prévention, j’ajouterais qu’il ne faut pas rester seul. Ici, j’inclus tant les gens ayant des idées suicidaires que les proches d’individus suicidaires. Beaucoup de ressources ayant comme mission la prévention du suicide sont disponibles au Québec. Ne restez pas seul avec ce type de secret. Il s’avère essentiel de constituer un réseau pour diminuer le risque suicidaire d’un proche.

                Il peut être aussi ardu de savoir quoi dire à un proche qui ne va pas bien. Je vous dirais que le plus important est d’écouter et de rester authentique. Ne minimisez pas la souffrance de votre interlocuteur. Nous ne sommes pas obligés d’être intervenants ou psychothérapeutes pour contribuer à la prévention du suicide. Pour aider, voici quelques questions pertinentes :

  • Comment est-ce que tu t’en es sorti quand tu n’allais pas bien dans le passé ?
  • Qu’est-ce qui te retient pour rester en vie ?
  • Parle-moi des moments où c’est moins pire pour toi.

De plus, afin d’évaluer rapidement s’il y a urgence suicidaires, posez les questions suivantes :

  • Comment penses-tu te suicider ?
  • Où penses-tu te suicider ?
  • Quand envisages-tu de te suicider ?

N’hésitez pas à contacter le 911 si le risque est trop grand. Pour conclure, je dirais que si chacun contribue à sa façon à la prévention du suicide, nous pouvons ensemble changer les choses.

Je reçois régulièrement à mon bureau des gens ayant des préoccupations au niveau de leur sexualité. Comme sexologue clinicien et psychothérapeute, j’exerce principalement de la psychothérapie qui est aussi couramment utilisée chez les psychologues. Ici, je voudrais vous faire part d’une croyance erronée assez répandue…

                Cette croyance consiste au fait que nous serions conçus en pièces détachées…Et oui, en pièces détachées tel un meuble IKEA ! Blague à part, je suppose plutôt que beaucoup de gens s’imaginent qu’ils doivent SEULEMENT parler de sexualité avec un sexologue, de rien d’autre. Certains clients vont arriver avec une attitude de type : « Je viens ici régler un problème très spécifique…je ne souhaite pas aborder le reste de ma vie ». Hélas, ce n’est pas comme ça qu’une bonne psychothérapie puisse fonctionner ! La sexualité fait partie de notre être et toutes nos parties ou nos systèmes sont interconnectés entre eux. De plus, je réaffirme qu’une problème sexuel constitue souvent le symptôme d’un problème psychique un peu plus profond (anxiété par exemple).

                Voilà, tout ça pour dire qu’il s’avère très correct et même souhaitable que vous vous permettiez des discussions plus générales avec votre sexologue, que vous parliez aussi des autres sphères de votre vie. Évidemment, du temps devra être consacré pour bien évaluer le trouble sexuel s’il y a lieu mais il faudra aussi prendre le temps de bien vous connaître dans la totalité de votre être !

                Pour conclure, voici une définition de la psychothérapie : « La démarche de psychothérapie consiste essentiellement à accompagner les couples ou les individus dans le cadre des ajustements qu’ils sont appelés à faire à l’intérieur de leurs parcours de vie ou en fonction de divers choix d’orientation qui se présentent à eux »

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Souvent, en thérapie de couple, j’explique à mes clients les différences entre un couple différencié et un couple fusionnel. Dans ce bref article, j’essaierai de vous illustrer le plus simplement possible ce qui distingue ces deux types de couples.

Couple fusionnel

Regardons d’abord la dynamique de couple la plus répandue, c’est-à-dire celle du couple qui est plutôt fusionnel. Ici, il y a de part et d’autre des difficultés au niveau de l’affirmation de soi car il y a une peur de blesser l’autre ou d’abîmer la relation. Chacun a tellement peur de la séparation que l’individualité est étouffée. L’individu fusionnel aura surtout tendance à accumuler du ressentiment et à finir par exploser, ce qui sera encore plus dommageable pour la relation. Au niveau de la sexualité, on pourra voir un certain conservatisme s’installer. Dans ce type de couple, il est perçu comme risqué de remettre la sexualité en question ou encore d’instaurer de nouvelles pratiques. Le couple fusionnel est malheureusement davantage guidé par des peurs et non de véritables désirs. Dans une fusion davantage intense, la différence peut être perçue comme une menace. Par exemple, il y aura malaise si notre opinion diverge de celle de notre conjoint ou conjointe. Finalement, j’ajouterais que le couple fusionnel a une faible tolérance à l’anxiété ainsi qu’une grande réactivité émotionnelle. Par exemple, les conflits seront très difficiles à tolérer et il y aura un besoin d’être rassuré rapidement en cas de tension. Ici, l’anxiété découlant d’un conflit est difficilement tolérable et il y a réactivité émotionnelle dans le sens que cette anxiété est très facilement déclenchée. Il s’avère malheureusement difficile pour le couple trop fusionnel d’évoluer et de grandir.

 

Couple différencié

Je tiens à préciser que le couple différencié représente un idéal et qu’il est bien de chercher à tendre vers celui-ci (le concept de fusion/différenciation se situe sur un continuum). Dans cette dynamique, chacun a une définition claire de lui-même ou elle-même. Il y a maîtrise de la notion de « Être soi-même tout en étant avec l’autre ». L’individu différencié dans son couple est authentique et spontané. Il sait exprimer clairement ses besoins et ce, sans peur de la réaction de l’autre. Le couple différencié va savoir affronter les problèmes de la vie de front plutôt que de vouloir les éviter (dans un couple fusionnel, il y a de nombreux non-dits). Les individus différenciés savent aussi gérer des conflits et des échanges difficiles avec un minimum de réactivité émotionnel. Il y a moyen de discuter sans réagir tout de suite. Le processus de pensée est clair même s’il y a conflit. Ici, le conflit ne sera pas perçu aussi négativement que dans le couple fusionnel. Au niveau de la sexualité, il y aura une ouverture à en parler et à soulever les insatisfactions s’il y a lieu. Le contexte est plus favorable pour que le couple puisse atteindre son plein potentiel à ce niveau-là.

Voilà, j’espère que cette chronique a pu vous aider à comprendre quelques différences entre les couples différenciés et les couples fusionnels.

 

couple cute

Dans nos vies, nous connaissons tous des périodes plus difficiles dans lesquelles nous pouvons subir différentes conditions: symptômes dépressifs, anxiété ou encore maladie physique. Cela est inévitable et je dois ici rappeler différents éléments que nous pouvons parfois oublier:

  • Que ce soit en thérapie ou dans un processus de croissance personnale, il est insensé de s’attendre à une perpétuelle croissance. Nous faisons tous face à certaines périodes de creux et c’est là qu’il devient important de savoir rebondir et éventuellement aller plus haut qu’avant. Sur le long terme, par contre, il est tout à fait justifié de s’attendre à une croissance mais celle-ci s’avèrera plus probablement cyclique.

  • L’être humain est confronté à la finitude (nous ne sommes pas des êtres infinis). Ainsi, nous sommes tous confrontés au vieillissement et à l’acceptation de nos limites. Avec l’âge, il est normal aussi de parfois être confronté à la maladie ou d’un point de vue plus sexologique, à certaines pertes au niveau de nos capacités sexuelles.

                Considérant le tout, je crois qu’il est important de se rappeler dans ces périodes de creux que la santé (tant physique que mentale) reste ce qui est le plus important. Si vous êtes en bonne santé, il sera plus aisé par exemple de faire face à des événements de vie plus difficiles. Il vous sera aussi plus facile de profiter des bons moments que la vie peut vous apporter. Et d’un point de vue plus relationnel ou sexuel, vous aurez de meilleures conditions pour savourer une sexuelaité plus épanouissante.

                Voilà pourquoi je crois beaucoup à l’implantation de plans d’intervention qui intègrent à la fois des éléments favorisant une bonne santé physique et mentale. De mon côté, je suis surtout spécialisé pour aider au niveau de la santé mentale en offrant un service de psychothérapie mais je peux encourager quand même certains clients à prendre soin de leur santé physique. Si, par exemple, je rencontre un client présentant une dysfonction érectile mais qui souffre aussi d’obésité, je pourrai lui recommander de consulter un médecin pour tenter de perdre du poids. D’un autre point de vue, je crois aussi qu’une psychothérapie peut être utile à quelqu’un souffrant d’une maladie chronique afin que chez cette personne, une meilleure santé mentale puisse permettre une meilleure adaptation à un problème de santé physique.

                Pour conclure, je dirais que dans une société idéale, chacun devrait avoir un médecin de famille mais aussi un psy de famille !

 

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