Archives de la catégorie ‘Être mieux avec soi-même’

Beaucoup de gens vont comparer la nourriture à la sexualité et avec raison. Dans les deux cas, nos sens sont éveillés et nous ressentons du plaisir. Hélas, dans chaque domaine, le plaisir peut se transformer en déplaisir ! Voici pourquoi je vous partage aujourd’hui ma vision quant à la notion d’appétit sexuel.

                On entend parfois l’expression « respectez votre appétit » mais qu’est-ce que ça veut dire au juste ? Ça signifie de manger tant que l’on ressent la faim et d’arrêter une fois l’état de satiété atteint. Qui mange vraiment en respectant sa faim ? J’estimerais que ce n’est pas la majorité des gens et ce, pour différentes raisons : manque de ressources, troubles alimentaires, gourmandise, « manger ses émotions », etc… La plupart d’entre nous a déjà un jour trop mangé et a pu constater que le plaisir de manger quelque chose qu’on aime pouvait se transformer en problématiques digestives et donc en déplaisir !

                Ici, je n’ai pas l’intention de parler strictement de bouffe. Comme vous le savez, je suis sexologue et pas un nutritionniste. Je voulais simplement mieux vous illustrer le parallèle qu’on peut faire entre l’appétit pour la nourriture et la libido (appétit sexuel).

                Beaucoup d’hommes vont me poser des questions par rapport à la masturbation, notamment la fréquence idéale pour le faire. Je leur réponds à chaque fois : « Respectez votre appétit sexuel ». Pour être plus précis, je dis aux gens d’écouter les signaux que leur envoie leur corps. Si vous êtes déjà en érection par exemple, ça signifie qu’il y a un besoin sexuel et donc que vous avez « faim sexuellement ». Par contre, si votre pénis est flaccide et que vous vous demandez si c’est une bonne chose de se masturber, la réalité est que fort probablement, vous n’avez pas faim (à part pour les gens ayant une dysfonction érectile de cause physique). Certaines personnes se masturbant beaucoup vont dire qu’ils le font si fréquemment car ils ont une forte libido. Dans quelques cas, c’est vrai mais dans d’autres, il y a plutôt présence de compulsion sexuelle ou d’utilisation de la sexualité à des fins défensives ou compensatoires. Comme quelqu’un qui mange ses émotions suite à une journée difficile, certains s’évaderont devant des vidéos pornographiques pour oublier leurs problèmes. Ici, nous ne faisons pas face à quelqu’un qui se comporte ainsi à cause d’une forte libido mais plutôt à quelqu’un qui est dans une dynamique de compulsion sexuelle. Demandez-vous la question : « Quelle est mon intention derrière mon initiative sexuelle ? » Est-ce dicté par un besoin corporel ou un besoin plus psychologique ? Une telle introspection vous permettra de mieux vous connaître sur le plan sexuel et plus spécifiquement par rapport à la notion d’appétit sexuel.

                À l’inverse, certains auront plutôt tendance à refouler leurs besoins sexuels. Ici, nous faisons face à un trouble du désir. Ces gens ne seront donc pas vraiment en contact avec leur corps étant donné le mécanisme de refoulement. Ici, le processus de prise de conscience s’avère plus difficile étant donné que le refoulement est très souvent un processus inconscient. L’idéal est donc de ne pas aller dans l’excès de sexualité (compulsion), ni dans la privation de sexualité (refoulement ou interdits sexuels).

En espérant que cet article ait pu vous inspirer !

obsession sexuelle

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Voici maintenant un article davantage à saveur philosophique. J’aimerais me pencher sur le manque d’authenticité que nous pouvons constater très souvent, soit dans la société, dans nos relations ou même vis-à-vis de soi-même. Spontanément, les premiers exemples qui me viennent à l’esprit se trouvent dans nos relations interpersonnelles. Certains appelleront ça le respect de « codes sociaux », d’autres des « fausses politesses » ou encore simplement de l’hypocrisie. En quoi ça consiste exactement ? Prenons le cas de Robert qui voit son amie Linda. Chacun a une vie assez occupée mais ils sont relativement heureux de se revoir après plusieurs mois. À la fin de leur souper, Linda dit automatiquement  à Robert : « C’était super agréable de te voir. On se reprendra bientôt ! ». Bientôt ! ? Vraiment ? La réalité est que chacun sait très bien qu’ils seront encore plusieurs mois sans se voir et la raison est fort simple. Chacun a une vie très occupée et ils ont respectivement d’autres priorités et ce, malgré une amitié saine entre eux. Ici, Linda n’est pas du tout mal intentionnée mais elle n’est pas authentique en mentionnant ce type de cliché. Pourquoi simplement pas voir la réalité en face et dire à Robert : « Je comprends que chacun a une vie bien remplie et on se reprendra quand nous serons libres ». L’exemple, à première vue, peut sembler très banal mais à mes yeux, c’est une forme parmi d’autres de manque d’authenticité qui est devenu en quelque sorte une manière « normale » de fonctionner socialement. Maintenant, j’ai une pensée pour les politiciens. Pourriez-vous imaginer un chef d’état 100% authentique ? 100% transparent ? Hum…difficile, n’est-ce pas ? Pourquoi ai-je décidé aujourd’hui d’amener mes lecteurs dans une telle réflexion ? Simplement pour vous faire réaliser que dans un monde où nous sommes constamment exposés au manque d’authenticité, il deviendra plus difficile de l’être à notre tour, tant envers les autres qu’envers nous-même. Il y a vraiment plusieurs raisons qui nous poussent à ne pas être authentique : peur du rejet, peur de déplaire, peur de trop se dévoiler, peur d’être différent de la masse, identité peu solide, etc…

                Sur le plan de la sexualité, il peut aussi être très difficile de se situer dans l’authenticité. Si vous n’aimez pas la manière que votre partenaire vous caresse, seriez-vous à l’aise d’y dire ? Vous est-il déjà arrivé de simuler un orgasme ? Si votre partenaire a pris beaucoup de poids dernièrement et que ça vous dérange, allez-vous lui en parler ? Une sexualité saine et épanouie se vit dans l’authenticité, la transparence, le dévoilement de soi, la communication et la vulnérabilité. Si vous avez trop « introjecté » les codes sociaux prônant la non-authenticité, il serait important dans un premier temps d’en prendre conscience et de voir comment cela nuit à votre vie. Comme mot de la fin, j’aimerais vous citer d’autres formes de « non authenticité » que je perçois souvent :

  • Dire à notre nouvelle « date » sur Tinder que nous avons vraiment apprécié sa compagnie alors qu’au fond, il y a eu un sentiment d’ennui total
  • Quelqu’un de proche vous demande comment ça va et vous dites que ça va bien par automatisme alors qu’au fond, ça ne va pas bien
  • Suite à quelques rendez-vous, dire à la personne que vous fréquentez que vous préférez que vous soyez amis alors que la réalité est que l’autre personne n’est juste pas votre type et au fond, vous ne voulez pas vraiment le ou la revoir.
  • Mentir à son conjoint ou sa conjointe afin d’éviter une confrontation
  • Dire à son partenaire sexuel que nous sommes satisfaits alors qu’au fond, nous voudrions essayer plein d’autres choses.

Voilà, réfléchissez bien à cette question : « Êtes-vous authentique ? »

masques

Beaucoup de gens me consultant sont parfois confrontés à des épisodes dépressifs, parfois à un tel point qu’ils deviennent inaptes au travail. Comme sexologue clinicien et psychothérapeute, il s’avère important de savoir faire face à ce type de problématiques.

                Il existe plusieurs causes pouvant amener quelqu’un vers ce type de trouble de l’humeur. Souvent, la dépression peut être causée par une grande difficulté à s’adapter à un événement de vie négatif (par exemple une perte d’emploi, un deuil ou une rupture amoureuse). Je vois également parfois des individus subir ce qu’on appelle communément un « burn-out ». La plupart du temps, ils ont été fonctionnels mais un surmenage peut les faire craquer. Dans d’autres cas, la dépression est plus profondément ancrée car elle résulte davantage d’un tempérament dépressif. Il avait été prouvé que la dépression majeure a aussi une composante génétique.

                Il s’avère important de définir un plan de traitement en fonction du type de cause. Toutefois, ici, j’aimerais surtout vous parler de prévention. Ce texte s’applique tant aux gens qui n’ont jamais eu d’épisodes dépressif qu’à ceux qui ont un historique de dépression et qui voudraient éviter de revivre ce genre de situation.

                Tout d’abord, un mode de vie sain et équilibré vous aidera certainement à prévenir la dépression. J’entends ici une bonne nutrition, une hygiène de sommeil appropriée et le fait de s’adonner régulièrement à de l’activité physique. Un corps sain doit toutefois évoluer avec un esprit sain. Ici, je vais cibler différents paramètres psychologiques pouvant influencer la présence ou pas de dépression :

  1. Capacité à reconnaître ses limites (être à l’écoute de soi)
  2. Savoir dire non (savoir s’affirmer et se respecter)
  3. Avoir une direction motivante dans sa vie
  4. Avoir des comportements en concordance avec nos valeurs
  5. Être impliqué dans des relations interpersonnelles saines et satisfaisantes
  6. Avoir des compétences suffisamment élevées en résolution de problèmes (savoir reconnaître les problèmes et identifier facilement des solutions réalistes)
  7. Être proactif plutôt que réactif
  8. Savoir dédramatiser certaines situations
  9. Savoir lâcher-prise (accepter ce qu’on ne peut pas contrôler)
  10. Savoir apprécier les aspects positifs de la vie
  11. Extérioriser ses émotions plutôt que les garder pour soi
  12. Capacité à aller chercher de l’aide professionnelle au besoin
  13. Ne pas tenter de « geler » ses émotions avec l’alcool, la drogue ou la pornographie
  14. S’investir dans des activités de loisir plaisantes

En ayant en tête ces différents éléments, je suis convaincu que vous serez davantage armés pour faire face à différents événements. Personne n’aime vivre des situations désagréables mais elles font partie de la vie ! Ce qui fait la différence, ce sera votre réponse à ces événements. Certaines personnes s’adapteront plus facilement alors que d’autres vivront davantage d’impuissance, auront de la difficulté à faire face au problème et finiront peut-être par subir une dépression.

                Voilà, j’espère que cet article vous aidera si jamais la dépression est une source de préoccupation pour vous ! N’hésitez pas à me poser des questions ou me faire part de vos commentaires !

prev depression

Tel que promis, voici maintenant une réflexion traitant de liberté intérieure. Certains utiliseront le terme « équanimité » pour faire référence au concept de liberté intérieure. Un individu faisant preuve de liberté intérieure ou d’équanimité va constamment rester maître de ses émotions et de son esprit. Il ne se laissera jamais envahir par celles-ci. Plutôt que d’en être l’esclave comme la majorité des gens, il saura les dompter et les utiliser à son avantage.

                Pour y parvenir, le sage adopte une posture de « non-attachement » dans sa vie. Cela ne signifie pas de l’indifférence. Cela consiste plutôt à se libérer du sentiment d’importance de soi qui est omniprésent dans nos sociétés individualistes. Si nous sommes trop attachés à notre égo, nous devenons excessivement vulnérables à tout ce qui pourrait l’ébranler. D’autre part, nous allons avoir tendance à être envahi par une alternance de désirs et de frustrations. Quelqu’un vivant constamment d’attentes en attentes se projette surtout dans le futur et est moins dans le moment présent. De plus, les attentes constituent souvent un jardin de frustrations. Le monde n’est jamais comme nous voudrions qu’il soit et nous devons accepter ça afin de maintenir notre sérénité.  Les 3 prémisses suivantes peuvent aider à vous convaincre de l’importance de se libérer de l’emprise de l’égo :

  1. Tout est temporaire (impermanence des choses)
  2. La vie est fragile et nous devons profiter de chaque moment.
  3. Tous les êtres sont interdépendants

Certains me demanderont comment concrètement ils peuvent augmenter leur liberté intérieure. Ma réponse est qu’un bon moyen d’augmenter son équanimité passe par une plus saine gestion des émotions. En gestalt thérapie, nous parlons de fond et de forme. Quelqu’un vivant un débordement émotionnel n’a pas un « fond dégagé ». La figure dominante devient l’émotion perturbatrice et cela occupe toute l’attention du champ de perception. La réalité est qu’une émotion n’est pas vraiment tangible et est très souvent exagérée. Pour devenir plus « zen », en reprenant le modèle de la gestalt, nous souhaitons que l’émotion ne prenne pas trop de place dans le champ perceptuel et puisse laisser un fond dégagé. Voici 2 façons plus concrètes pour y parvenir :

  1. Cultiver une émotion opposée à l’émotion indésirable: 2 émotions contraires ne peuvent cohabiter en même temps. Pour combattre la peur, vous pouvez utiliser la gratitude. L’altruisme peut représenter un antidote à la haine et le détachement peut vous faire du bien si vous êtes trop envahis par le « désir-passion ».  En sexologie, nous parlons souvent de l’importance du désir mais il faut faire attention aux excès qui correspondent à un sentiment d’être affligé, contrôlé, voire paralysé par celui-ci. Ce type de désir peut mener à des sentiments de possessivité et d’insécurité qui sont nocifs pour toute relation amoureuse. Une certaine dose de détachement reste nécessaire car l’autre n’est pas un objet qui nous appartient.
  2. Méditation pleine conscience : Entraînez-vous à vous concentrer sur l’émotion elle-même et non sur l’objet de celle-ci. Par exemple, si vous êtes en colère contre votre fils, ne restez pas fixé sur lui mais pensez plutôt à la nature de votre colère. Quelle est sa forme ? Quelle est sa couleur ? Regardez attentivement votre émotion avec une attitude de curiosité. Vous allez réaliser que l’émotion n’a pas vraiment d’existence intrinsèque et devrait finir par s’évanouir. Si vous vous attachez trop à votre émotion, des pensées la renforçant vont s’ajouter et toute une chaîne va se créer.

En guise de conclusion, nous pourrions nous demander s’il existe une façon de régler presque tous les problèmes. Je n’ai pas de réponse ultra précise à ce sujet mais je peux vous garantir que la liberté intérieure va vous amener vers une perception plus juste de la réalité et que cela facilitera grandement la résolution de la plupart de nos problèmes personnels, relationnels et sexuels.

liberté intérieure

Pour faire suite à mon précédent article, je vais maintenant vous proposer une réflexion sur ce qui nuit le plus à notre liberté. Nous avons tous besoin d’explorer le monde, de vivre des expériences, de les assimiler et d’ainsi grandir. À quelque part, être libre correspond à la capacité de choisir les expériences que nous voulons vivre parmi un vaste choix d’options possibles. Hélas, ce processus de vraiment vivre la vie que nous voulons n’est pas simple pour tous.

Le paraître et l’avoir

                Beaucoup de gens vont prioriser « le paraître » et « l’avoir » et cela bloque en quelque sorte leur sentiment de liberté. Si vous êtes surtout soucieux de ce que les gens vont penser de vous, vous n’êtes pas vraiment authentique et vous agissez selon l’énoncé suivant jusqu’à un certain point : « Je suis ce que mon environnement me demande ». Ainsi, l’individu vivant dans le « paraître » va surtout se comporter pour suivre des normes externes plutôt que des normes internalisés. Si vous allez au gym pour avoir un corps de rêve mais qu’au fond vous détestez y aller, à quoi bon vous faire souffrir autant ? Les exemples que je pourrais énumérer sont très nombreux….Pensons à toutes ces industries et produits : les implants mammaires, la chirurgie plastique, les 1001 « produits » pour augmenter la taille du pénis, etc….

D’autres vont surtout se concentrer sur leur besoin de sécurité et seront surtout dans la dimension de l’avoir. Ici, le but peut être soit d’accumuler des biens ou de l’argent afin de se donner un sentiment illusoire de sécurité. La réalité est qu’à tout moment, nous pouvons tout perdre. Le bouddhisme mentionne aussi la notion que tout est « éphémère » et non-permanent.  Beaucoup se valoriseront en accumulant de grandes sommes d’argent mais à quoi bon ? Pendant que vous vous battez pour augmenter le solde de votre compte de banque ou bien vos possessions matérielles, vous ne vivez peut-être pas la vie que vous voulez vraiment. L’argent devrait être un moyen pour accéder à davantage d’expériences plutôt qu’une fin en soi. Donc, si vous n’aimez pas votre travail malgré le fait qu’il rémunère bien, je crois qu’il peut être judicieux de considérer d’autres options. Je dis toujours à mes clients qu’il faut prendre nos décisions en fonction de nos désirs authentiques et non en fonction de nos peurs. La peur constitue probablement le plus grand frein à la liberté !

Donc, si je récapitule, un trop grand souci de l’opinion des autres et un trop grand besoin de sécurité peuvent nuire à votre liberté. Le premier vous fait suivre des normes externes alors que le deuxième est surtout en réponse à de l’insécurité.

L’incapacité à prendre des décisions

                Un autre frein que je vois constamment est une trop grande ambivalence lorsque vient le temps de se positionner. Les gens ont parfois tellement peur de prendre une décision ou de s’engager dans une direction donnée. Pourquoi ? Parce que choisir demande de renoncer à d’autres options possibles. Être libre signifie une capacité à s’engager dans des expériences tout en rejetant les autres expériences possibles. Il y a fluidité dans la manière d’être lorsqu’il y a absence de blocage. Lorsque nous sommes bloqués trop longtemps dans une croisée de chemins, il y a ce qu’on appelle la « paralysie de l’analyse ». Pendant que vous êtes dans votre tête, vous risquez de manquer des opportunités et vous n’avancez pas. N’ayez pas peur ! Réfléchissez à vos valeurs et votre plan directeur de vie et foncez dans la direction voulue. Au pire, vous ferez une erreur et ce n’est pas grave !  Plus vous savez qui vous êtes et ce que vous voulez, plus le processus de prise de décision sera fluide.

Vers une nouvelle réflexion

                Voilà ce qui conclue cet article traitant des freins à la liberté. Si nous avions à résumer le tout, on pourrait dire que c’est surtout la peur qui nous empêche d’avancer et d’être libre. Par peur, nous pouvons entendre la peur de déplaire à autrui, la peur de faire des erreurs, la peur de manquer d’argent, la peur d’être abandonné par l’autre, la peur d’être puni ou maltraité par l’autre, la peur d’être malade et même peut-être la peur de la vie !

Beaucoup croient que la liberté consiste à faire ce que l’on veut, ce qui n’est pas faux en soi. Toutefois, dans mon prochain article, j’aimerais surtout me pencher sur le concept de « liberté intérieure », qui nous fait passer du « faire » à « l’être ».

liberté

Aujourd’hui, j’aimerais que nous nous penchions sur le thème de l’ennui. Selon l’approche humaniste existentielle, chacun porte en soi une anxiété d’insignifiance. De cette anxiété découlerait un besoin de recherche de sens. C’est en utilisant le chemin de la recherche de sens et de l’actualisation de son potentiel que je vous présenterai une manière d’être qui pourrait vous aider à vous libérer de l’ennui et de l’insatisfaction.

Dans mon approche thérapeutique, j’amène souvent mes clients à se définir des objectifs de vie, à créer un plan directeur pour les prochaines années de leur vie. Si nous n’avons pas de buts, nous nous dirigeons nulle part. Si notre vie ne comporte pas de sens ou de direction, nous serons davantage susceptibles à rechercher surtout les sensations et émotions fortes afin de se sentir en vie. Par conséquent, les valeurs, les sentiments plus profonds et la vie spirituelle seront davantage négligés.  Par exemple, certains hommes ayant commis l’infidélité s’ennuyaient dans leur couple et leur vie et ont donc recherché des sensations et émotions plus fortes ailleurs que dans le couple. Évidemment, ce n’est pas une marche à suivre que je recommande si votre couple est précieux pour vous. Si vous vous ennuyez, demandez-vous plutôt quelle est la nature de l’écart entre votre situation actuelle et celle à laquelle vous aspirez. Quelle nouvelle expérience (compatible avec vos valeurs et sentiments) pourriez-vous tenter ? Si l’ennui est inhérent en couple, comment pourriez-vous  donner une nouvelle direction à votre couple ? Plus le sens que vous donnez à votre couple est clair, plus il sera facile de le communiquer avec votre amoureux ou amoureuse.

Afin de trouver un sens à sa vie, il s’avère important de bien se connaître, tant au niveau de ses forces que de ses limites. L’être humain grandit en intégrant des expériences. Une fois chaque expérience digérée et assimilée, nous pouvons dire si cela concorde ou non avec nos valeurs et goûts. Le concept de « concordance » est fondamental. Plus vos actions au quotidien vont rejoindre les aspirations de votre plan directeur, plus vous vous sentirez satisfait et moins vous allez vous ennuyer. Si vous atteignez vos objectifs, il est fort possible qu’un besoin de réaliser d’autres défis émerge. L’être humain est ainsi fait. Nous avons constamment besoin de grandir et stagner ne constitue pas une option intéressante. Comme je dis souvent à mes clients, le mieux est de pouvoir trouver un point d’équilibre entre la focalisation de son énergie vers l’atteinte d’objectifs et l’appréciation de ce que nous avons ou sommes déjà. Un excès d’ambition mènera à de la frustration et de l’insatisfaction tandis qu’un excès de complaisance mènera à une non-croissance.

L’être humain est libre à 100% et il peut créer la vie qu’il veut….en principe… Hélas, nous vivons dans une société régie par des normes et des lois. Il s’avère normal et souhaitable de devoir se conformer à certains principes. Toutefois, certaines personnes vivent dans une recherche d’approbation constante, ce qui va les éloigner de leur authenticité et leur nature profonde. Les schémas de recherche d’approbation et exigences élevées sont parmi ceux les plus souvent diagnostiqués lorsque je distribue le questionnaire des schémas de Young. Cela m’amène à vous proposer un thème pour le prochain article qui traitera davantage les différents freins à notre liberté.

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Ayant également beaucoup d’expérience dans le domaine du stress post-traumatique, j’aimerais ici vous donner quelques conseils pour gérer les suites d’événements critiques, voir traumatiques. Qu’est-ce que j’entends par « traumatiques »? Je fais ici référence à tout événement où il y a exposition à la mort, à un risque de mourir ou à une situation pouvant menacer notre intégrité physique ou psychologique (comme un abus sexuel par exemple). Le concept d’événement critique est plus large dans le sens qu’il représente une situation inattendue dont l’adaptation est particulièrement difficile, que ce soit une rupture soudaine, une perte d’emploi soudaine ou la mort d’un proche.

                Comment s’adapter à ces différentes réalités ? Tout d’abord, le processus d’adaptation variera en fonction de différents facteurs, c’est-à-dire le degré de sévérité de l’incident, le niveau de résilience de l’individu et la présence ou non d’événements similaires dans le passé de la personne affectée. Quelquefois, l’exposition à un événement traumatique peut résulter en un état de stress aigu ou un état de stress post-traumatique d’où l’importance de consulter le plus vite possible, notamment si ces symptômes persistent : difficultés de concentration, état d’hypovigilance, difficultés de sommeil, hausse ou baisse marquée d’appétit, flashbacks, cauchemars, impression de revivre l’événement, impression d’être « gelé » émotionnellement, perte d’intérêt pour les activités normales, etc…

                Pour vous aider à surmonter les symptômes précédents pouvant sérieusement affecter votre qualité de vie, j’aimerais vous partager quelques conseils ayant aidé certains de mes clients :

  1. Parler de l’événement vécu à quelqu’un de confiance, que ce soit un ami, un membre de la famille ou votre psychothérapeute
  2. Si vous avez du mal à dormir à cause de pensées obsessives ou de flashbacks en lien avec l’événement, je vous encourage à écrire ce qui vous passe par la tête
  3. Tentez de garder de saines habitudes de vie (bien manger, bien dormir) et évitez tout abus d’alcool
  4. Tentez de maintenir vos habitudes et surtout les activités qui vous font du bien, que ce soit le sport, la méditation ou des moments entre amis.
  5. Ne vous isolez pas
  6. Acceptez vos différentes émotions , autorisez-vous à les ressentir pleinement et exprimez les. Le mécanisme de refoulement bloquera votre processus de guérison
  7. Gardez en tête que cette situation est temporaire et non permanente (tel le bouddhisme qui prône la non-permanence de tout)
  8. Réduisez vos comportement d’hypovigilance ou d’évitement (par exemple, j’encouragerais un individu ayant subi un accident de voiture de tenter de revenir sur la route peu à peu afin de surmonter la peur)

Si vous vous êtes senti concernés par cet article et que vous ressentez le besoin d’en parler, je peux certainement vous aider. Je vous souhaite un bel été !

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