Articles Tagués ‘communication couple’

Je rencontre beaucoup de gens ayant des difficultés à tolérer l’intimité mais ce n’est pas nécessairement toujours pour les mêmes raisons. Alors que certains n’arrivent pas du tout à être seuls, d’autres sont incapables de laisser rentrer quelqu’un dans leur vie. Comment trouver un équilibre dans tout ça ?

                L’idéal est si vous êtes capable d’apprécier à la fois les moments de solitude et les moments partagés. Nous sommes des êtres sociaux qui ont des besoins psycho-affectifs mais d’un point de vue existentiel, nous naissons seul et nous mourrons seul également. Lorsque nous avons du mal à accepter notre solitude ou la nécessité de partager notre vie avec notre conjoint, il y a de problèmes à l’horizon.

                J’ai beaucoup croisé des individus disant : « J’ai besoin d’être seul » ou bien « je dois être dans ma bulle pour recharger mon énergie » ou encore « J’ai besoin de personne ». À mon avis, le besoin de solitude est légitime dans la mesure où il ne créé pas un trop grand éloignement dans le couple. Prenons l’exemple de quelqu’un ayant eu une énorme journée de travail et qui arrive à la maison fatigué avec un mal de tête colossal. Supposons que cet individu est du type intraverti et qu’il a plutôt besoin d’être seul pour se ressourcer. Comment pourrait-il agir dans cette situation lorsque sa conjointe se prépare à l’accueillir ? Ici, il y a deux extrêmes à éviter. Cet individu doit éviter de refouler son besoin d’être seul et de cacher son état réel à sa conjointe. On a tous le droit d’être malade ! Il n’est pas authentique de prétendre aller bien si ça ne va pas. Toutefois, l’autre extrême qui n’est pas mieux est de complètement se déconnecter de sa partenaire et de faire comme si elle n’était pas là (dans la mesure où le besoin d’être seul prend toute la place). Il serait intéressant de dire : « Aujourd’hui, ma journée a été épuisante et j’ai besoin de me reposer. Je ne serai pas en mesure de beaucoup parler. Je vais aller me reposer. Je reconnais que tu passeras la soirée sans moi et j’en suis désolé mais je dois prendre soin de moi avant tout ». Ainsi, on assume notre besoin individuel tout en reconnaissant la situation de l’autre.

                Sinon, voici un autre exemple pour les gens ayant de la difficulté à vivre seul. Imaginons un jeune homme qui vient d’apprendre que sa conjointe va revenir à la maison plus tard que prévu étant donné qu’elle a eu une réunion de dernière minute au travail. Il pourrait devenir réactif et dire « Tu me laisses encore seul pour préparer le souper des enfants ! » mais cette position n’est pas la plus mature à mon avis. Ici, le jeune homme doit tolérer le moment de « solitude » avant que sa conjointe rentre à la maison car personne ne peut être disponible pour nous 24 heures sur 24. Il serait plus judicieux ici qu’il baisse ses attentes envers sa conjointe (du moins, pour cette soirée ! » et qu’il accepte sa réalité.

                En guise de conclusion, c’est donc important de bien pouvoir jongler entre les moments de solitude et ceux de proximité lorsque nous évoluons dans un couple. On ne peut pas s’attendre à ce que l’autre soit là pour nous 24 heures sur 24 et on ne peut pas aussi toujours demander à l’autre de nous laisser seul ! Il y a ici un équilibre à atteindre et les clés pour y parvenir sont la fait d’assumer ses besoins, les exprimer tout en considérant l’autre et en étant à son écoute.

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Voilà un sujet qui peut facilement semer la controverse : l’infidélité. Selon vous, est-ce qu’un couple peut survivre à l’infidélité ou cela constitue plutôt un point de non-retour ? De plus, comment peut-on définir l’infidélité ? Est-ce à partir du moment où on embrasse quelqu’un d’autre ou est-ce même dès le moment où l’on fantasme sur cette personne ?

                Je vais répondre à la deuxième question d’abord. La définition de l’infidélité dépendra de ce que j’appelle « les règles du couple ». C’est à chaque couple de définir clairement ce qu’est l’infidélité, de séparer l’acceptable de l’inacceptable. Par exemple, certains couples se montreront très ouverts à ce que leur partenaire consomme de la pornographie alors que pour d’autres, cela revient à « tromper ».  Souvent, ces règles ne sont pas suffisamment claires et cela entraîne évidemment des conflits. Toutefois, des conflits peuvent également survenir avec des règles claires dans l’éventualité où l’une d’elles serait transgressée. À partir de ce moment, est-ce que le couple peut survivre ?

                La réponse est oui car d’un point de vue strictement statistique, plusieurs couples ont réussi à passer par-dessus l’infidélité en pardonnant. Toutefois, il n’est pas du tout rare que le fait d’avouer son infidélité (ou se faire prendre) conduise directement à la rupture. Si vous vous demandez s’il est judicieux d’avouer votre infidélité, questionnez-vous à savoir si vous êtes prêt à faire face à toutes les conséquences possibles d’un tel aveu, incluant une rupture. Je ne dis jamais à mes clients quoi faire mais je dois leur montrer l’importance d’assumer leurs choix et de voir les différents enjeux associés à leurs décisions.

                Quelles stratégies peuvent être considérées pour surmonter l’infidélité ? Je vais tenter de résumer celles que je trouve pertinentes :

  • Parfois, en se ramenant à ses valeurs et sentiments, on peut se dire que ça ne vaut pas la peine de détruire la famille pour l’infidélité de son conjoint ou sa conjointe. Ça ne vaut pas la peine de briser ce qu’on a mis tant d’années à construire. Pour surmonter l’infidélité, qui est souvent vu comme un « miroir cassé », nous devons avoir une motivation suffisamment grande afin de pouvoir continuer. Je dirais qu’un couple avec enfants aura peut-être un peu plus de chances pour se préserver car beaucoup de parents ne voudront pas pénaliser leurs enfants en se séparant.  Plus le niveau d’engagement est élevé, plus le couple est difficile à « détruire » si vous voulez. Toutefois, les circonstances entourant l’infidélité seront un facteur très important. Il y a une grande différence entre une aventure d’un soir lors d’un part de bureau trop arrosé et un amant que nous voyons depuis plusieurs mois.
  • Suite à la mise en lumière d’une infidélité dans un couple, un engagement de fidélité doit être pris sur le champ. Cela implique de couper tout contact avec son amant ou amante. De plus, il s’avère normal que l’individu qui a été trompé devienne hypervigilant et méfiant. À court terme, le partenaire infidèle devra accepter les insécurités de son partenaire et se montrer davantage rassurant. De nouvelles règles de couple devront être définies afin de restaurer la confiance.
  • Une infidélité peut même devenir une opportunité pour améliorer son couple. Comment cela peut être possible me demanderez-vous ? L’infidélité peut être bien utilisée s’il y a un dialogue ouvert où chacun peut exprimer ce qui a contribué à l’infidélité et si certains manques dans le couple pourraient avoir contribué à cette crise. Dans une discussion comme ça, chacun devra accepter de se confronter et de se remettre en question. Par exemple, un individu souffrant d’isolement dans son couple pourrait peut-être envisager de combler ses besoins affectifs à l’extérieur de son couple (si le partenaire est toujours part. Même chose pour quelqu’un qui s’ennuie sexuellement avec son ou sa partenaire.

 

En guise de conclusion, voici ce qui peut être fait pour passer par-dessus une infidélité : Avoir une motivation suffisamment forte pour continuer, se doter de nouvelles règles, s’engager à éliminer tout risque de récidive et communiquer ouvertement avec son partenaire afin de voir ce qui fonctionnait moins bien dans le couple et comment cela pourrait être amélioré pour le futur.  Si ce thème vous a interpellé et vous souhaiteriez en discuter, vous pouvez prendre un rendez-vous ici.

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On entend souvent parler de l’importance de s’affirmer dans son couple, notamment quand il y a quelque chose qui nous dérange chez l’autre. Cela est effectivement souhaitable de communiquer ses attentes le plus clairement possible. Hélas, l’autre n’est jamais comme on voudrait qu’il soit à 100% et il faut en quelque sorte apprendre à composer avec cela.

                Avec mes clients, je présente souvent le concept de « relativiser ses attentes ». À mon avis, il est souhaitable de ne pas traiter toutes nos attentes de la même façon, certaines étant plus importantes que les autres. En couple, nous sommes souvent confrontés à devoir choisir entre son individualité ou bien une adaptation à l’autre. L’idée est d’apprendre à être soi-même tout en étant avec l’autre et pour y arriver, nous devons apprendre à mettre nos attentes en perspective. Par exemple, je comprends un client qui souhaite fonder une famille de ne pas « plier » sur ce point et de considérer mettre fin à la relation si le partenaire n’est pas sur la même longueur d’onde. Toutefois, une question comme la manière de faire la vaisselle ou le temps passé à magasiner peuvent faire l’objet de réflexions plus approfondies et mener à la question suivante : « est-ce que le fait que mon partenaire oublie systématiquement de vider le lave-vaisselle malgré mes rappels est suffisant pour que cela entraîne de la frustration chez moi et du ressentiment ? » Il y a mille et une raisons d’être dérangé par quelque chose que fait notre partenaire. Il s’avère bénéfique de nommer ces sources d’insatisfactions mais il peut être dangereux de seulement focaliser sur ce que nous voulons changer chez l’autre. L’appréciation et la gratitude par rapport à ce qui est fonctionnel et harmonieux doit aussi être dans notre champ de perception.  Mais que devons-nous faire lorsque notre partenaire n’arrive pas à combler certaines de nos attentes ?

                C’est à ce moment-là que nous pouvons nous questionner sur nos besoins et voir s’il est possible de simplement lâcher-prise par rapport à la question et tout simplement accepter l’autre dans son imperfection. Cette introspection s’avère très importante car certaines personnes vont se mentir à eux-mêmes et se disent « ce n’est pas grave » alors qu’au fond d’eux-mêmes, ils vivent beaucoup d’émotions négatives. Cela constitue du refoulement et c’est nocif à tout couple. Pourquoi ? Car de la frustration accumulée se fera sentir à travers le langage non-verbal (on ne peut pas ne pas communiquer) et il y a un risque de finir par exploser tôt ou tard.

                Ainsi, suite à une bonne introspection, il sera plus facile d’être honnête avec soi-même et de se positionner par rapport à son couple. Est-ce que je mets fin à la relation ? Est-ce que je lâche prise tout simplement ? Est-ce qu’il y a possibilité de trouver une solution créative gagnant-gagnant ? Ces questions deviendront plus aisées à résoudre. En passant, il est tout à fait normal de « détester » certaines parties de son partenaire. L’idée est de ne pas perdre de vue les aspects que nous apprécions et les éléments qui ont fait en sorte que nous avons choisi cette personne pour partager notre vie !

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Je vais maintenant vous faire part du troisième grand pilier d’un couple, c’est-à-dire de bonnes habitudes de gestion de conflits. Je crois que la présence de quelques conflits dans un couple représente un signe de santé dans le sens que ça montre que les deux individus savent s’affirmer et se sentent à l’aise de le faire. Et je crois que c’est l’une des choses primordiales pour être vraiment intime avec quelqu’un : s’affirmer au fur et à mesure lorsque se présente un besoin, une insatisfaction ou un problème plutôt que de tout accumuler. Si nous gardons tout en dedans, le garde-robe peut se remplir vite et il devient ardu de faire du ménage. S’affirmer au fur et à mesure demande du courage mais cela s’avère nécessaire pour une communication fluide et efficace. Des conflits non réglés se transformeront en émotions refoulées et cela ne peut qu’éloigner les deux membres du couple.

                Parfois, les conflits peuvent nous rendre très émotifs. Plus concrètement, nous sommes parfois en réactivité émotionnelle et il s’avère difficile de penser clairement. Dans ces circonstances, il peut être bénéfique de prendre une pause avant de régler le différend et de choisir un moment plus approprié où vous allez pouvoir parler plus calmement à votre conjoint(e). Vous avez le droit de dire : « Ce n’est pas le meilleur moment pour moi de parler de ça car ça me rend très émotif, pouvons-nous en parler plus tard ? ». Évidemment, il est important de remettre cette discussion et de ne pas l’éviter. Pour vous donner des idées en lien avec l’importance de l’écoute, je vous conseille la lecture de l’article suivant : https://pierrekirouacconsultant.com/2016/02/13/apprendre-a-mieux-communiquer-en-couple/.

                Finalement, je conseille toujours aux couples de tenter de trouver des solutions gagnant-gagnant aux situations où ils divergent et où un accord ne se fait pas de soi. Le plus souvent, il suffit de bien communiquer pour prendre conscience des valeurs et besoins de l’autre et d’ainsi trouver une solution créative qui favorisera les deux partis. Souvent, les deux partenaires ont le même objectif en tête mais ils ne partagent tout simplement pas le même moyen pour l’atteindre. Je crois qu’il faut surtout mettre son égo de côté et s’efforcer de trouver une solution qui conviendra à tous plutôt que de chercher à avoir raison à tout prix. S’il est particulièrement ardu pour votre couple de régler les conflits et que vous sentez que ça s’accumule, il n’est jamais trop tard pour consulter. Vous pouvez prendre un rendez-vous en cliquant ici.

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Bonjour, je vais maintenant publier une série de courts articles sur des problématiques de couple que j’observe souvent chez ceux me consultant en cabinet. Le premier et non le moindre constitue le manque d’écoute dans la dyade conjugale.

                Souvent, je vois des couples qui se coupent la parole fréquemment. Dans ces conditions, ils ont du mal à se comprendre et à résoudre leurs conflits. Pourquoi les gens ont-ils le réflexe de couper la parole à l’autre ? Je crois que c’est en réponse à une insécurité…Plus précisément, l’individu qui coupe la parole à son partenaire cherche à avoir du pouvoir sur celui-ci, à lui imposer son idée, à lui prouver qu’il a raison et que lui a tort. Ici, une forte offensive constitue la meilleure défense contre les anxiétés sous-jacentes à l’intimité, à une vraie discussion. Dans cette façon de fonctionner qui ressemble à un débat, c’est comme s’il y avait un combat où on cherche à gagner et à mettre l’autre en situation d’échec…Il n’y a pas d’esprit gagnant-gagnant ! Quand il n’y a pas d’écoute, il n’y a pas de vraie discussion. Quand il n’y a pas d’écoute, on ne peut pas vraiment connaître les besoins de l’autre, ses points de vue, ses limites, etc…En revanche, nous ne pouvons pas non plus nous affirmer de façon adéquate.

                J’admets qu’il peut s’avérer anxiogène d’écouter jusqu’au bout ce que notre partenaire a à nous dire en situation de conflit. Cela est confrontant et il est plus facile de simplement couper la parole et de « contre-attaquer ». Toutefois, en agissant ainsi, nous nous éloignons de notre partenaire et l’intimité devient plus difficile. En couple, il faut apprendre à tolérer l’anxiété et à vraiment se connaître et connaître l’autre plutôt que d’éviter les vraies discussions. La meilleure solution pour bien communiquer en couple est de prendre le temps d’écouter et d’ensuite reformuler à l’autre ce que nous avons compris afin de s’assurer d’être sur la même longueur d’onde que celui-ci. Ensuite, vous pouvez exprimer votre point de vue et votre partenaire fera également l’effort de vous écouter jusqu’au bout et de reformuler votre pensée. Cet exercice peut s’avérer bénéfique pour les couples voulant apprendre à mieux communiquer !

       Si ce type de problèmes nuit à la qualité de votre relation de couple, vous pouvez prendre un rendez-vous.

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