Articles Tagués ‘émotions’

La rationalisation s’avère un mécanisme de défense couramment utilisé de nos jours. Même s’il peut être utile en nous donnant l’illusion de passer plus rapidement à autre chose, il nous empêche de vraiment contacter nos émotions et d’accéder à une partie importante de nous-même. Voici un excellent article traitant du sujet:

http://quebec.huffingtonpost.ca/carolyne-jannard/emotions-rationalisation-mecanismes-de-defense-souffrance-raison_b_7606976.html

Un psychothérapeute qualifié peut vous aider par rapport à cette démarche.

Bonjour,

Presque tous les êtres humains s’intéressent aux règles et mécanismes sous-jacents aux relations interpersonnelles, qu’elles soient professionnelles ou affectives.

Dans un premier temps, je dois mentionner que nous sommes tous constitués à base d’atomes, qui à leur tour sont formés de protons, d’électrons, donc d’énergie ! D’un point de vue constitutionnel, nous sommes de l’énergie. D’un point de vue sémantique, nous sommes beaucoup plus que ça. C’est comme un livre. D’un point de vue constitutionnel, c’est du papier avec de l’encre mais d’un point de vue sémantique, c’est souvent une histoire riche en sens !

Les êtres humains sont en continuelle interaction avec leur environnement. Quand 2 individus se parlent, il y a échange de mots, de touchers, etc…Il y a communication. Comme validé par plusieurs études, c’est surtout la communication non verbale qui a un impact sur l’interlocuteur. En fait, par notre non verbal, on communique notre énergie et les autres sont très sensibles à ça.

Parfois, on n’a même pas besoin de voir notre interlocuteur bouger ou l’entendre parler pour être sûr que celui-ci se sent en colère. Quelqu’un en colère va émettre une vibration. Dans un contexte davantage sexuel, ça va également se sentir si l’autre nous désire. Une communication vraiment authentique ira au-delà des mots…

Dans mon parcours universitaire, je suis resté marqué par ce que ma superviseure en humaniste-existentiel m’avait appris : « Si tu t’ennuis quand tu rencontres un client, il s’avère fort probable que ton client s’ennuie aussi ». « Si tu sens que tu as besoin de clarifier quelque chose avec un client, il est fort probable que celui-ci se pose des questions aussi ». Dernièrement, j’ai réalisé qu’un client enthousiaste par rapport à la thérapie viendra susciter de l’enthousiasme en moi. Ça me mène actuellement à cette réflexion sur l’effet miroir.

Pensons aux émotions positives par exemple. Quand nous racontons une blague avec un grand sourire et que nous ressentons beaucoup de plaisir et de confiance à ce moment, il devient presque assuré que notre interlocuteur aura également le sourire aux lèvres et ressentira à son tour une partie de notre joie et plaisir. D’après moi, l’amour marche sous cette règle également. On s’attache aux gens qui s’attachent à nous. On désire plus facilement quelqu’un qui nous désire (voir mon article sur le désir sexuel)

Avez-vous déjà ressenti un malaise en face de quelqu’un qui est très anxieux ? La peur se communique également. Vous voyez, le concept s’avère simple mais vrai à mon avis.

Pour les thérapeutes, ce concept peut s’avérer intéressant. Ainsi, je crNE64346_1ois que nous avons avantage à être à l’écoute de nos propres émotions quand nous rencontrons un client. Souvent, ça peut donner des indices sur la qualité de l’alliance thérapeutique et sur ce qui devrait être adressé. Le transfert et le contre-transfert ne doivent jamais être déniés. À titre d’exemple, un client sévère pourra réveiller des insécurités chez le thérapeute et amener à celui-ci à se préparer excessivement pour les rencontres.

Comme mot de la fin, je dirais qu’il faut éviter de se fier à des recettes, des marches à suivre quand on parle de relation. C’est vraiment une question de « feeling » et c’est juste en restant dans le moment présent qu’on peut vraiment entrer en relation avec autrui.

Au plaisir

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–          Une fois que je suis conscient de ce que je veux, je peux supprimer les obstacles qui sont en travers de mon chemin. Si je suis moi-même en travers de mon chemin, c’est à moi de changer (Jean-Paul Dehut)

 

Tel que décrit dans le précédent texte, la gestalt a comme but, entre autres, de nous remettre en contact avec notre liberté intérieure. J’avais parlé de plein contact et de capacité d’être pleinement présent. La gestalt utilise l’expression « awareness » pour décrire cette capacité de présence. Les bouddhistes, quant à eux, utiliseront le terme « éveil ». En gestalt, l’awareness facilite l’introspection car une grande qualité d’attention peut conduire à une révélation, une nouvelle conscience, un « insight ». Avez-vous déjà médité et eus les idées plus claires par la suite ? C’est là où je veux en venir. Le fond doit être clair pour que de nouvelles figures puissent émergées.

Qu’est-ce qui fait qu’on peut être en travers de son propre chemin ? C’est quand nous vivons avec plein de gestalts inachevées.

Gestalt inachevée : Ce sont des actes ou des ressentis commencées mais non terminés.

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Cela créé un état de tension intérieure chez l’individu. Par exemple, nous voulions dire quelque chose d’important à notre amoureux mais nous avons oublié…Il n’y a pas eu de plein contact ce qui fait que le besoin reste latent et dans notre intrapsychique, la boucle attend juste d’être bouclée. La gestalt a été mise sur pause. Autre exemple : La procrastination ! Nous savons que nous avons un devoir de mathématiques à terminer aujourd’hui mais nous repoussons sans cesse le moment où nous commençons ce dit devoir. La gestalt reste présente dans notre tête (mise sur pause) ce qui nous empêche de pleinement apprécier les activités qu’on fait avant. Avez-vous remarqué qu’on apprécie davantage nos loisirs une fois qu’on sait qu’il n’y a pas d’autres tâches à effectuer dans la journée ? La raison pourquoi, c’est qu’en gardant les obligations pour la fin, on reste avec des « gestalts inachevées » dans notre tête. Ça me fait penser également à des gens qui ont du mal à s’affirmer et ne le font pas au fur et à mesure. Ils attendent avant d’exprimer leur colère, etc…

Maintenant, voici un aperçu des différentes résistances en gestalt thérapie, celles-ci empêchant le processus fluide de création et de destruction de gestalts :

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Vous pouvez remarquer que chaque type de résistance se situe à un endroit différent du cycle de contact

Désensibilisation : Il n’y a pas de sensations, pas de contact avec l’environnement. Quelqu’un de gravement intoxiqué est bloqué à ce stade préliminaire du cycle de contact.

Introjection : Ici, nous percevons ce qui est autour de nous mais il n’y a pas analyse critique, il n’y a pas de processus de prise de conscience. Nous « avalons tout rond » ce que la société nous demande ou ce que nos parents exigent de nous. Nous assumons que les normes sociales sont la « vérité » et cela déforme notre perception de nos besoins et de notre environnement. Nous regardons le monde avec des lunettes qui ne sont pas les nôtres. Ça me fait penser à « l’amalgamé » social qui croit que pour réussir, il FAUT avoir des enfants, une maison et être marié, et ce, à un âge donné. C’est avaler tout rond sans comprendre. Beaucoup de gens introjectent…Entendez autour de vous tous les « Il faut », les « je dois ». Il y a également manque d’ouverture d’esprit et dogmatisme. La frontière-contact laisse tout passer, il n’y a pas suffisamment de filtrage. Il y a des choses que nous devons laisser hors de nous

Projection : Ici, nous projetons sur l’environnement ce qui nous appartient. Il y a prise de conscience de l’émotion mais la perception est faussée. Il y a problème d’attribution. Un travail sur la frontière « Moi-environnement » doit être fait. Exemple : S’imaginer que telle fille est en amour avec soi alors que je suis en amour avec cette fille. La frontière-contact laisse tout passer mais cette fois-ci, vers l’extérieur. Parfois, il faut assumer que certaines caractéristiques nous appartiennent plutôt que les éviter en les lançant vers l’extérieur.

Rétroflexion : Je retourne vers moi ce que je devrais diriger vers mon environnement. La frontière-contact est mal utilisée. Les problèmes psychosomatiques sont le résultat d’une rétroflexion (appelé refoulement en psychanalyse). Ici, il y a à la fois sensation, prise de conscience et charge émotive. Nous sommes au bord du plein contact ! Toutefois, la décharge est rétrofléchie plutôt que d’être dirigée vers l’extérieur. Quelqu’un qui ravale ses larmes ou sa colère est plus susceptible de développer des maladies comme le cancer. Quelqu’un d’anxieux sera plus susceptible de faire de l’eczéma, etc…

Déflexion : Cette résistance est très semblable à la rétroflexion mais permettez-moi d’avancer qu’elle est un peu plus évoluée dans le sens qu’elle permet de presque compléter le cycle de contact. Elle se situe entre la phase de désengagement et celle d’assimilation. Il y a à la fois sensation, prise de conscience, émotion et action. Toutefois, il y a un décalage entre le besoin ressenti et l’action effectuée. Il y a plein contact avec l’énergie, il y a décharge vers l’environnement mais le besoin n’est pas réellement comblé. Ça peut être l’individu qui se sert de toute son énergie sexuelle pour faire des semaines de travail de 80 heures mais qui reste seul d’un point de vue affectif. Ou ça ressemble aux prêtres qui canalisent leur énergie sexuelle et s’investissent corps et âme dans leur foi.

Confluence : Il y a absence de frontière entre moi et l’environnement ou cette dernière est mal définie. Les besoins des autres deviennent nos besoins…notre identité se perd soit dans notre couple, dans notre famille. Pensez au petit couple qui sort ensemble faire leur jogging et qui sont toujours habillés de la même couleur.  Il n’y a pas de « je », ni de « tu ». Ça ressemble à un « nous » fusionnel

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Voilà, la gestalt a vraiment un modèle d’analyse complet et passionnant !  Voici quelques pistes d’intervention possibles maintenant :

Plus la résistance est au début du cycle de contact, plus il y aura de travail à faire. Le thérapeute, par exemple, devra aider le patient qui introjecte en lui faisant prendre conscience qu’il confond son identité avec les normes sociales en place. Peut-être il le saura intellectuellement mais pas émotionnellement. Alors, un travail en imagerie ou par jeux de rôle sur l’élimination du mode « parent critique » devra être nécessaire.

En résumé, toutes les autres résistances sont traitées également par un processus de prise de conscience (intellectuelle et émotionnelle) que le thérapeute tente de faciliter.

Mon prochain article traitera davantage les techniques thérapeutiques possibles pour assouplir ces résistances lorsque celles-ci ne sont pas utiles (parfois, elles le sont comme la désensibilisation pour quelqu’un exposé à un événement traumatique)

Voilà, c’est mon dernier article de 2013 ! Joyeux Noel à tous et on se revoit en force en 2014 !

 

Les images proviennent du site web : http://www.jpdehut.be/quid_gestalt.html