Articles Tagués ‘gérer ses émotions’

Tel que promis, voici maintenant une réflexion traitant de liberté intérieure. Certains utiliseront le terme « équanimité » pour faire référence au concept de liberté intérieure. Un individu faisant preuve de liberté intérieure ou d’équanimité va constamment rester maître de ses émotions et de son esprit. Il ne se laissera jamais envahir par celles-ci. Plutôt que d’en être l’esclave comme la majorité des gens, il saura les dompter et les utiliser à son avantage.

                Pour y parvenir, le sage adopte une posture de « non-attachement » dans sa vie. Cela ne signifie pas de l’indifférence. Cela consiste plutôt à se libérer du sentiment d’importance de soi qui est omniprésent dans nos sociétés individualistes. Si nous sommes trop attachés à notre égo, nous devenons excessivement vulnérables à tout ce qui pourrait l’ébranler. D’autre part, nous allons avoir tendance à être envahi par une alternance de désirs et de frustrations. Quelqu’un vivant constamment d’attentes en attentes se projette surtout dans le futur et est moins dans le moment présent. De plus, les attentes constituent souvent un jardin de frustrations. Le monde n’est jamais comme nous voudrions qu’il soit et nous devons accepter ça afin de maintenir notre sérénité.  Les 3 prémisses suivantes peuvent aider à vous convaincre de l’importance de se libérer de l’emprise de l’égo :

  1. Tout est temporaire (impermanence des choses)
  2. La vie est fragile et nous devons profiter de chaque moment.
  3. Tous les êtres sont interdépendants

Certains me demanderont comment concrètement ils peuvent augmenter leur liberté intérieure. Ma réponse est qu’un bon moyen d’augmenter son équanimité passe par une plus saine gestion des émotions. En gestalt thérapie, nous parlons de fond et de forme. Quelqu’un vivant un débordement émotionnel n’a pas un « fond dégagé ». La figure dominante devient l’émotion perturbatrice et cela occupe toute l’attention du champ de perception. La réalité est qu’une émotion n’est pas vraiment tangible et est très souvent exagérée. Pour devenir plus « zen », en reprenant le modèle de la gestalt, nous souhaitons que l’émotion ne prenne pas trop de place dans le champ perceptuel et puisse laisser un fond dégagé. Voici 2 façons plus concrètes pour y parvenir :

  1. Cultiver une émotion opposée à l’émotion indésirable: 2 émotions contraires ne peuvent cohabiter en même temps. Pour combattre la peur, vous pouvez utiliser la gratitude. L’altruisme peut représenter un antidote à la haine et le détachement peut vous faire du bien si vous êtes trop envahis par le « désir-passion ».  En sexologie, nous parlons souvent de l’importance du désir mais il faut faire attention aux excès qui correspondent à un sentiment d’être affligé, contrôlé, voire paralysé par celui-ci. Ce type de désir peut mener à des sentiments de possessivité et d’insécurité qui sont nocifs pour toute relation amoureuse. Une certaine dose de détachement reste nécessaire car l’autre n’est pas un objet qui nous appartient.
  2. Méditation pleine conscience : Entraînez-vous à vous concentrer sur l’émotion elle-même et non sur l’objet de celle-ci. Par exemple, si vous êtes en colère contre votre fils, ne restez pas fixé sur lui mais pensez plutôt à la nature de votre colère. Quelle est sa forme ? Quelle est sa couleur ? Regardez attentivement votre émotion avec une attitude de curiosité. Vous allez réaliser que l’émotion n’a pas vraiment d’existence intrinsèque et devrait finir par s’évanouir. Si vous vous attachez trop à votre émotion, des pensées la renforçant vont s’ajouter et toute une chaîne va se créer.

En guise de conclusion, nous pourrions nous demander s’il existe une façon de régler presque tous les problèmes. Je n’ai pas de réponse ultra précise à ce sujet mais je peux vous garantir que la liberté intérieure va vous amener vers une perception plus juste de la réalité et que cela facilitera grandement la résolution de la plupart de nos problèmes personnels, relationnels et sexuels.

liberté intérieure

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Qu’est-ce qui amène beaucoup de gens à consulter un psychologue ou un sexologue ? Parfois, c’est tout simplement l’impression de ne pas être heureux ou de ne pas vraiment avoir de pouvoir sur sa vie.  Plus j’acquière de l’expérience dans mon domaine, plus je constate que les gens surtout influencés par leurs émotions et sensations peuvent vivre différents problèmes (vs les gens guidés par les sentiments et valeurs). Dans un premier temps, définissons ce que sont ces 4 axes (selon le modèle préconisé) :

Valeur : Ce qu’un individu choisit comme étant important dans sa vie. Ça peut être l’intégrité, la carrière, les loisirs,  l’amour, la connaissance,  la générosité, etc…Vivre selon ses valeurs, c’est avoir des objectifs de vie qui nous inspirent et qui guident nos décisions. Dans le mode « valeurs », il y a une tendance vers la croissance personnelle et le dépassement de soi. Il y a tolérance de l’inconfort. Il y a du bonheur mais pas nécessairement du plaisir.

Sentiments : Ce qui vient du cœur et de notre plus grand niveau de conscience. Avoir des sentiments pour quelqu’un, c’est aimer l’autre pour ce qu’il est et comprendre ce qui fait que nous l’aimons. Dans le sentiment, il y a davantage de sécurité et de stabilité. Nous avons une vision réaliste de l’autre.

Émotions : Ce qui vient de notre instinct animal ou sexuel. Pour quelqu’un qui est dans l’émotion ou la sensation, il y a recherche de plaisir et évitement du déplaisir. Avoir des émotions pour quelqu’un, c’est le désirer sexuellement avec passion, sans comprendre le pourquoi. Dans l’émotion, il y a davantage de perte de contrôle, d’intensité et d’insécurité. Il y a idéalisation de l’autre et un sentiment de manque en son absence. Il y a recherche de plaisir mais pas nécessairement de bonheur.

Sensations : Renvoie au ressenti corporel, au rapport de nos cinq sens avec l’environnement. Avoir faim est une sensation, tout comme la douleur physique ou le plaisir sexuel. Quand nous sommes à côté de notre partenaire et qu’un simple contact physique amène une érection (ou lubrification), nous sommes dans la sensation.  Dans la sensation, la satisfaction des besoins primaires devient ce qui est le plus important.

 

                De plus, les questions que nous nous posons diffèrent selon notre axe privilégié. Pour quelqu’un guidé surtout par des valeurs, il se demandera : « Est-ce que cela me rapproche ou m’éloigne de mes objectifs de vie ? ». Ces gens sont davantage rationnels, disciplinés et analytiques. Pour un individu guidé par des sentiments, il se demandera d’abord : «  Si je fais ça, est-ce que c’est bien pour ma relation ? » tandis que quelqu’un influencé par l’axe émotion se dira : « Quelle option m’amènera davantage d’émotions fortes ou me procurera le plus grand high ? ». Finalement, l’individu dans la sensation se demandera : « Qu’est-ce qui m’aidera à avoir le meilleur ressenti corporel ? »

                Dans la relation de couple idéale, nous sommes à la fois comblés par le respect de nos valeurs, des sentiments profonds et durables envers notre partenaire, une grande passion et une chimie physique. Hélas, tous ces paramètres ne sont pas toujours présents ou certains peuvent l’être davantage que d’autres.

Parfois, il faut aussi choisir entre un projet à long terme ou une gratification à court terme.  Par exemple, les procrastinateurs privilégient surtout l’émotion et la sensation plutôt que leur système de valeurs. Les hommes infidèles se demanderont d’abord ce qui va les allumer sexuellement et certains le regretteront (seront dans le sentiment après avoir été dans l’émotion) alors qu’il est déjà trop tard. Quant aux gens qui ont beaucoup de succès dans leur vie, ils sont surtout dans l’axe « valeurs » car il n’y a presque pas de décalage entre leur vision de leur vie et leur vie réelle. Quant aux gens qui restent longtemps en couple avec le même partenaire, ils seront surtout dans le « sentiment ». L’amour de l’autre ou de leur famille devient ce qui est le plus important pour eux.

En guise de conclusion, je dirais que la plupart des problèmes peuvent être diminués en se « repositionnant » en étant davantage dans ses valeurs ou ses sentiments. Un individu anxieux doit prendre une distance avec son émotion (peur) et s’accrocher au projet qu’il veut atteindre (valeur) en sortant de sa zone de confort. Quelqu’un qui craint l’intimité doit passer par-dessus sa peur (émotion) et conscientiser tout le bien-être et chaleur que pourrait lui apporter le fait d’être en couple (sentiment). L’individu aux prises avec la dépression doit prendre une distance avec ses émotions négatives qui le paralysent et plutôt se raccrocher à des objectifs dynamisants.  Finalement, le toxicomane doit trouver d’autres façons de gérer ses émotions négatives et plutôt tenter de trouver un nouveau sens à sa vie (valeurs).

Dans le prochain article, je vais décrire des stratégies pour être davantage aligné avec ses valeurs et sentiments.

zen