Articles Tagués ‘être maître de sa vie’

Qu’est-ce qui amène beaucoup de gens à consulter un psychologue ou un sexologue ? Parfois, c’est tout simplement l’impression de ne pas être heureux ou de ne pas vraiment avoir de pouvoir sur sa vie.  Plus j’acquière de l’expérience dans mon domaine, plus je constate que les gens surtout influencés par leurs émotions et sensations peuvent vivre différents problèmes (vs les gens guidés par les sentiments et valeurs). Dans un premier temps, définissons ce que sont ces 4 axes (selon le modèle préconisé) :

Valeur : Ce qu’un individu choisit comme étant important dans sa vie. Ça peut être l’intégrité, la carrière, les loisirs,  l’amour, la connaissance,  la générosité, etc…Vivre selon ses valeurs, c’est avoir des objectifs de vie qui nous inspirent et qui guident nos décisions. Dans le mode « valeurs », il y a une tendance vers la croissance personnelle et le dépassement de soi. Il y a tolérance de l’inconfort. Il y a du bonheur mais pas nécessairement du plaisir.

Sentiments : Ce qui vient du cœur et de notre plus grand niveau de conscience. Avoir des sentiments pour quelqu’un, c’est aimer l’autre pour ce qu’il est et comprendre ce qui fait que nous l’aimons. Dans le sentiment, il y a davantage de sécurité et de stabilité. Nous avons une vision réaliste de l’autre.

Émotions : Ce qui vient de notre instinct animal ou sexuel. Pour quelqu’un qui est dans l’émotion ou la sensation, il y a recherche de plaisir et évitement du déplaisir. Avoir des émotions pour quelqu’un, c’est le désirer sexuellement avec passion, sans comprendre le pourquoi. Dans l’émotion, il y a davantage de perte de contrôle, d’intensité et d’insécurité. Il y a idéalisation de l’autre et un sentiment de manque en son absence. Il y a recherche de plaisir mais pas nécessairement de bonheur.

Sensations : Renvoie au ressenti corporel, au rapport de nos cinq sens avec l’environnement. Avoir faim est une sensation, tout comme la douleur physique ou le plaisir sexuel. Quand nous sommes à côté de notre partenaire et qu’un simple contact physique amène une érection (ou lubrification), nous sommes dans la sensation.  Dans la sensation, la satisfaction des besoins primaires devient ce qui est le plus important.

 

                De plus, les questions que nous nous posons diffèrent selon notre axe privilégié. Pour quelqu’un guidé surtout par des valeurs, il se demandera : « Est-ce que cela me rapproche ou m’éloigne de mes objectifs de vie ? ». Ces gens sont davantage rationnels, disciplinés et analytiques. Pour un individu guidé par des sentiments, il se demandera d’abord : «  Si je fais ça, est-ce que c’est bien pour ma relation ? » tandis que quelqu’un influencé par l’axe émotion se dira : « Quelle option m’amènera davantage d’émotions fortes ou me procurera le plus grand high ? ». Finalement, l’individu dans la sensation se demandera : « Qu’est-ce qui m’aidera à avoir le meilleur ressenti corporel ? »

                Dans la relation de couple idéale, nous sommes à la fois comblés par le respect de nos valeurs, des sentiments profonds et durables envers notre partenaire, une grande passion et une chimie physique. Hélas, tous ces paramètres ne sont pas toujours présents ou certains peuvent l’être davantage que d’autres.

Parfois, il faut aussi choisir entre un projet à long terme ou une gratification à court terme.  Par exemple, les procrastinateurs privilégient surtout l’émotion et la sensation plutôt que leur système de valeurs. Les hommes infidèles se demanderont d’abord ce qui va les allumer sexuellement et certains le regretteront (seront dans le sentiment après avoir été dans l’émotion) alors qu’il est déjà trop tard. Quant aux gens qui ont beaucoup de succès dans leur vie, ils sont surtout dans l’axe « valeurs » car il n’y a presque pas de décalage entre leur vision de leur vie et leur vie réelle. Quant aux gens qui restent longtemps en couple avec le même partenaire, ils seront surtout dans le « sentiment ». L’amour de l’autre ou de leur famille devient ce qui est le plus important pour eux.

En guise de conclusion, je dirais que la plupart des problèmes peuvent être diminués en se « repositionnant » en étant davantage dans ses valeurs ou ses sentiments. Un individu anxieux doit prendre une distance avec son émotion (peur) et s’accrocher au projet qu’il veut atteindre (valeur) en sortant de sa zone de confort. Quelqu’un qui craint l’intimité doit passer par-dessus sa peur (émotion) et conscientiser tout le bien-être et chaleur que pourrait lui apporter le fait d’être en couple (sentiment). L’individu aux prises avec la dépression doit prendre une distance avec ses émotions négatives qui le paralysent et plutôt se raccrocher à des objectifs dynamisants.  Finalement, le toxicomane doit trouver d’autres façons de gérer ses émotions négatives et plutôt tenter de trouver un nouveau sens à sa vie (valeurs).

Dans le prochain article, je vais décrire des stratégies pour être davantage aligné avec ses valeurs et sentiments.

zen

Tout d’abord, je vous souhaite une bonne année 2016 chers lecteurs ! Pour débuter celle-ci, je vous propose un article qui traite de l’importance d’assumer. Assumer quoi ? S’assumer soi et assumer nos choix. Assumer, c’est prendre l’entière responsabilité de notre comportement et d’accepter de vivre les conséquences qui en découlent, qu’elles soient positives ou négatives. Évidemment, il s’avère plus facile d’assumer lorsque les conséquences sont joyeuses. Toutefois, il est mieux aussi d’assumer lorsque les choses ne tournent pas comme on le voudrait. Au moins, en assumant, on se considère responsable et on peut par la suite apprendre de notre erreur. Quelqu’un qui n’assume pas rejettera le blâme sur l’autre et vivra des scénarios négatifs et répétitifs dans sa vie.

 

Décision réfléchie vs décision impulsive

Comment réagir quand nous venons de réaliser que nous avons fait une importante erreur ? La première question à se poser est de voir s’il y a un conflit de valeurs. Laquelle de mes valeurs n’ai-je pas respecté ? Ai-je négligé l’un de mes principes ? Serait-ce plutôt une trop grande impulsivité de ma part ? Il y a effectivement une différence entre une décision réfléchie et une décision impulsive. Dans le cas d’un individu impulsif, il y a avant tout un manque de contrôle de soi alors qu’une décision réfléchie aura été prise en évaluant différents paramètres. Comment alors l’individu réfléchi peut-il commettre une erreur ? Je dirais qu’un manque de connaissance de soi-même, de ses valeurs, de ses principes, de ses aspirations réelles peut mener aussi à des choix qu’on ressent comme mauvais. Idéalement, nos choix et comportements doivent concorder avec nos valeurs, nos principes et nos objectifs. Plus nous vivons d’une manière consciente et connectée à soi, plus il devient facile d’assumer.

Assumer, c’est quoi concrètement ?

                Ici, je vais vous illustrer concrètement ce qu’est un geste assumé. Imaginez un homme ayant trompé sa femme lors d’une soirée bien arrosée. Voici trois scénarios possibles :

  1. Assumer totalement son choix : L’homme va avouer son infidélité à sa femme rapidement et lui exprimera qu’il a transgressé ses principes et qu’il reconnaît le préjudice qu’il peut porter à sa femme. Il lui exprime son regret et lui promettra qu’il prendra des mesures pour que cela ne se reproduise pas.
  2. Assumer partiellement son choix : L’homme n’avouera pas son infidélité à sa femme dans la mesure où elle ne le questionne pas là-dessus. Toutefois, si elle lui demande, il préférera ne pas mentir.
  3. Ne pas assumer son choix : L’homme mentira et attribuera son geste à des circonstances extérieures.

Vous voyez, assumer, c’est faire preuve d’honnêteté envers soi-même et envers l’autre. L’individu qui assume est plus serein que lui vivant dans le secret ou le mensonge.

Dans mon prochain article, je vous montrerai différents outils pour gérer le sentiment de culpabilité qui avouons-le peut être lourd à porter.

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