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Voici maintenant un article davantage à saveur philosophique. J’aimerais me pencher sur le manque d’authenticité que nous pouvons constater très souvent, soit dans la société, dans nos relations ou même vis-à-vis de soi-même. Spontanément, les premiers exemples qui me viennent à l’esprit se trouvent dans nos relations interpersonnelles. Certains appelleront ça le respect de « codes sociaux », d’autres des « fausses politesses » ou encore simplement de l’hypocrisie. En quoi ça consiste exactement ? Prenons le cas de Robert qui voit son amie Linda. Chacun a une vie assez occupée mais ils sont relativement heureux de se revoir après plusieurs mois. À la fin de leur souper, Linda dit automatiquement  à Robert : « C’était super agréable de te voir. On se reprendra bientôt ! ». Bientôt ! ? Vraiment ? La réalité est que chacun sait très bien qu’ils seront encore plusieurs mois sans se voir et la raison est fort simple. Chacun a une vie très occupée et ils ont respectivement d’autres priorités et ce, malgré une amitié saine entre eux. Ici, Linda n’est pas du tout mal intentionnée mais elle n’est pas authentique en mentionnant ce type de cliché. Pourquoi simplement pas voir la réalité en face et dire à Robert : « Je comprends que chacun a une vie bien remplie et on se reprendra quand nous serons libres ». L’exemple, à première vue, peut sembler très banal mais à mes yeux, c’est une forme parmi d’autres de manque d’authenticité qui est devenu en quelque sorte une manière « normale » de fonctionner socialement. Maintenant, j’ai une pensée pour les politiciens. Pourriez-vous imaginer un chef d’état 100% authentique ? 100% transparent ? Hum…difficile, n’est-ce pas ? Pourquoi ai-je décidé aujourd’hui d’amener mes lecteurs dans une telle réflexion ? Simplement pour vous faire réaliser que dans un monde où nous sommes constamment exposés au manque d’authenticité, il deviendra plus difficile de l’être à notre tour, tant envers les autres qu’envers nous-même. Il y a vraiment plusieurs raisons qui nous poussent à ne pas être authentique : peur du rejet, peur de déplaire, peur de trop se dévoiler, peur d’être différent de la masse, identité peu solide, etc…

                Sur le plan de la sexualité, il peut aussi être très difficile de se situer dans l’authenticité. Si vous n’aimez pas la manière que votre partenaire vous caresse, seriez-vous à l’aise d’y dire ? Vous est-il déjà arrivé de simuler un orgasme ? Si votre partenaire a pris beaucoup de poids dernièrement et que ça vous dérange, allez-vous lui en parler ? Une sexualité saine et épanouie se vit dans l’authenticité, la transparence, le dévoilement de soi, la communication et la vulnérabilité. Si vous avez trop « introjecté » les codes sociaux prônant la non-authenticité, il serait important dans un premier temps d’en prendre conscience et de voir comment cela nuit à votre vie. Comme mot de la fin, j’aimerais vous citer d’autres formes de « non authenticité » que je perçois souvent :

  • Dire à notre nouvelle « date » sur Tinder que nous avons vraiment apprécié sa compagnie alors qu’au fond, il y a eu un sentiment d’ennui total
  • Quelqu’un de proche vous demande comment ça va et vous dites que ça va bien par automatisme alors qu’au fond, ça ne va pas bien
  • Suite à quelques rendez-vous, dire à la personne que vous fréquentez que vous préférez que vous soyez amis alors que la réalité est que l’autre personne n’est juste pas votre type et au fond, vous ne voulez pas vraiment le ou la revoir.
  • Mentir à son conjoint ou sa conjointe afin d’éviter une confrontation
  • Dire à son partenaire sexuel que nous sommes satisfaits alors qu’au fond, nous voudrions essayer plein d’autres choses.

Voilà, réfléchissez bien à cette question : « Êtes-vous authentique ? »

masques

Beaucoup de gens me consultant sont parfois confrontés à des épisodes dépressifs, parfois à un tel point qu’ils deviennent inaptes au travail. Comme sexologue clinicien et psychothérapeute, il s’avère important de savoir faire face à ce type de problématiques.

                Il existe plusieurs causes pouvant amener quelqu’un vers ce type de trouble de l’humeur. Souvent, la dépression peut être causée par une grande difficulté à s’adapter à un événement de vie négatif (par exemple une perte d’emploi, un deuil ou une rupture amoureuse). Je vois également parfois des individus subir ce qu’on appelle communément un « burn-out ». La plupart du temps, ils ont été fonctionnels mais un surmenage peut les faire craquer. Dans d’autres cas, la dépression est plus profondément ancrée car elle résulte davantage d’un tempérament dépressif. Il avait été prouvé que la dépression majeure a aussi une composante génétique.

                Il s’avère important de définir un plan de traitement en fonction du type de cause. Toutefois, ici, j’aimerais surtout vous parler de prévention. Ce texte s’applique tant aux gens qui n’ont jamais eu d’épisodes dépressif qu’à ceux qui ont un historique de dépression et qui voudraient éviter de revivre ce genre de situation.

                Tout d’abord, un mode de vie sain et équilibré vous aidera certainement à prévenir la dépression. J’entends ici une bonne nutrition, une hygiène de sommeil appropriée et le fait de s’adonner régulièrement à de l’activité physique. Un corps sain doit toutefois évoluer avec un esprit sain. Ici, je vais cibler différents paramètres psychologiques pouvant influencer la présence ou pas de dépression :

  1. Capacité à reconnaître ses limites (être à l’écoute de soi)
  2. Savoir dire non (savoir s’affirmer et se respecter)
  3. Avoir une direction motivante dans sa vie
  4. Avoir des comportements en concordance avec nos valeurs
  5. Être impliqué dans des relations interpersonnelles saines et satisfaisantes
  6. Avoir des compétences suffisamment élevées en résolution de problèmes (savoir reconnaître les problèmes et identifier facilement des solutions réalistes)
  7. Être proactif plutôt que réactif
  8. Savoir dédramatiser certaines situations
  9. Savoir lâcher-prise (accepter ce qu’on ne peut pas contrôler)
  10. Savoir apprécier les aspects positifs de la vie
  11. Extérioriser ses émotions plutôt que les garder pour soi
  12. Capacité à aller chercher de l’aide professionnelle au besoin
  13. Ne pas tenter de « geler » ses émotions avec l’alcool, la drogue ou la pornographie
  14. S’investir dans des activités de loisir plaisantes

En ayant en tête ces différents éléments, je suis convaincu que vous serez davantage armés pour faire face à différents événements. Personne n’aime vivre des situations désagréables mais elles font partie de la vie ! Ce qui fait la différence, ce sera votre réponse à ces événements. Certaines personnes s’adapteront plus facilement alors que d’autres vivront davantage d’impuissance, auront de la difficulté à faire face au problème et finiront peut-être par subir une dépression.

                Voilà, j’espère que cet article vous aidera si jamais la dépression est une source de préoccupation pour vous ! N’hésitez pas à me poser des questions ou me faire part de vos commentaires !

prev depression

Dans le présent article, je tenterai de clarifier ce qui distingue une consommation problématique de pornographie d’une consommation qui n’est pas inquiétante. Ayant écrit plusieurs textes où j’ai décrit une multitude d’effets nocifs liés à cette pratique, je peux effectivement donner l’impression que je la condamne à 100%. La réalité est toutefois plus nuancée car n’oublions pas que presque tous les hommes en utilisent plus ou moins fréquemment et aussi quelques femmes.

                Le premier paramètre à évaluer constitue votre rapport à la pornographie. Si vous sentez que vous avez un très bon contrôle par rapport à votre utilisation et que vous vous sentez bien là-dedans, les chances sont bonnes pour que vous puissiez continuer, et ce, sans risque. Toutefois, voici une liste plus large de questions à vous poser car chaque situation est unique :

  • Est-ce que ma conjointe m’autorise à regarder quelquefois des vidéos pornographiques ? Est-ce que cela va à l’encontre d’une règle fixée dans le couple ?
  • Est-ce que ma consommation de pornographie a déjà nui à ma vie professionnelle ou sociale ?
  • À quelle fréquence est-ce que j’utilise la pornographie ? Est-ce raisonnable ?
  • Lorsque je commence à regarder des vidéos pornographiques, ai-je de la difficulté à contrôler le temps que je passe là-dessus ? Ai-je l’impression que je perds une partie de mes journées ?
  • Est-ce que mon utilisation de pornographie entraîne des impacts négatifs dans ma sexualité comme une baisse de désir, une dysfonction érectile, une éjaculation précoce ou même des difficultés à éjaculer ?
  • Parfois, vais-je voir des vidéos montrant une sexualité déviante ? Est-ce que je me sens coupable ou honteux par la suite ?
  • Ai-je besoin de visionner des vidéos de plus en plus excitantes ?
  • Ai-je le réflexe d’utiliser de la pornographie à chaque fois que je vis une émotion négative difficile à gérer ?
  • Ai-je tendance à me comparer aux acteurs présents dans ce type de vidéos ? Est-ce que cela tend à me complexer ?

Seul un travail d’introspection en profondeur vous permettra de clarifier votre rapport à la pornographie. Cela étant dit, la pornographie peut aussi être utilisée à des fins positives (tout dépendamment du type de vidéos bien sûr). Parmi les effets positifs, je dirais surtout le côté éducatif pour certaines personnes qui manquent d’expérience. De plus, le fait de visionner des vidéos érotiques peut également permettre d’enrichir la fantasmatique de quelqu’un ayant un imaginaire érotique plus pauvre.

                Pour conclure, je dirais que l’être humain doit beaucoup se fier à son ressenti lorsqu’il prend des décisions ou remet en question l’un de ses comportements. Tout n’est pas « tout blanc ou tout noir ». La pornographie est maintenant plus accessible que jamais et je vois régulièrement la souffrance que cette pratique peut occasionner. Sans vouloir la bannir, je crois que chacun a avantage à s’arrêter et se questionner par rapport à son utilisation de pornographie. Si jamais vous avez besoin d’aide pour y voir plus clair, vous pouvez également prendre rendez-vous et je tenterai de mon mieux pour vous aider.

 

Internet-porno

Suite à mon dernier article traitant de pornographie, j’ai décidé de vous présenter d’autres manifestations de la dépendance sexuelle.  Chacun a ses particularités et peut faire couler votre couple :

Sites de webcam

                Dans les sites de webcam, il y a possibilité de voir différentes femmes se dévêtir et interagir en direct avec celles-ci. Le plus souvent, elles s’exposent ainsi devant un groupe d’internautes mais moyennant certains frais, il s’avère possible de clavarder en privé avec celles-ci. Tout comme la pornographie, ce moyen vous permet de rester dans le confort de votre foyer bien en sécurité derrière votre écran d’ordinateur. Toutefois, ici, nous nous rapprochons un peu plus du réel car il y a interaction avec un autre être humain. Contrairement à la pornographie, certains hommes vont rester accrochés à ces sites car ça leur permet de combler certains besoins psycho-affectifs (besoin d’avoir de l’attention, d’être valorisé, d’avoir des liens sociaux, etc…) Ce genre de sites peut constituer une solution plus facile pour quelqu’un souffrant de son isolement.  Toutefois, d’un point de vue davantage sexuel, nous assistons surtout à une dynamique « exhibitionniste-voyeur » qui revient à une érotisation potentielle de la distance. Donc, tout comme dans la pornographie, l’autre est surtout vu comme un objet sexuel. Nous sommes dans un rapport « Je-ça » et non « Je-tu ». Différents désirs peuvent être comblés sur les sites de clavardage sexuels. Certains ne vont pas s’exposer devant leur webcam et vont se contenter de « regarder » tandis que d’autres prendront plaisir à s’exhiber devant des inconnus.

Saunas

                J’ai rencontré à plusieurs reprises dans le cadre de ma pratique clinique des hommes fréquentant compulsivement les saunas gays (même parfois des hommes hétérosexuels). Le sauna est souvent vu comme un moyen très facile et rapide d’assouvir une pulsion sexuelle. Encore une fois, l’autre n’est pas perçu dans toute son humanité et entièreté mais plutôt dans sa fonction d’assouvir vos besoins sexuels.  Dans ce type de saunas, il semble que chacun soit là dans un but sexuel et cela constituerait donc un genre de règle non-écrite. Contrairement à la pornographie et aux sites de webcam, vous allez avoir un rapport sexuel en fréquentant ce type d’endroits, ce qui nous sort de la dynamique exhibitionniste-voyeur (à moins que vous y allez surtout pour combler des fantasmes voyeurs ou exhibitionnistes). À mon avis, l’aspect le plus problématique de ces lieux est que beaucoup de gens y sont carrément accrocs et vont ainsi se maintenir dans une sexualité « vide et dénuée d’amour ». Il y a des sensations fortes mais un éloignement du bonheur.

Salons de massage érotique et prostitution

                Ici, mon but n’est pas de prendre position sur le sujet controversé de la prostitution. Toutefois, j’ai vu plusieurs couples se briser à cause d’un homme ayant décidé de recourir à cette pratique. Encore une fois, il y a possibilité d’avoir des rapports sexuels très facilement moyennant de l’argent. Nous sommes encore dans un rapport où l’autre est vu surtout comme un objet. Toutefois, dans quelques cas, les hommes ne paieront pas la prostituée pour avoir du sexe mais juste pour discuter et avoir un moment privilégié avec une femme (ce qui comble d’autres besoins). Au-delà de l’aspect de la dépendance de certains hommes envers les travailleuses du sexe, il y a aussi tout l’aspect de la santé financière de ces hommes qui peuvent en prendre un coup. Quelqu’un fréquentant les salons de massages érotiques voudra surtout combler un besoin de sensations fortes mais tentera de se rapprocher davantage du « réel » que quelqu’un se réfugiant surtout dans la pornographie qui représente un univers plus virtuel.  Ici, il y a également une dynamique  client-travailleur .

Mot de la fin

                Peu importe le type de compulsion sexuelle, les conséquences de celle-ci peuvent s’avérer néfastes et plus particulièrement si vous êtes en couple. Même si le fait de regarder de la pornographie ne s’avère pas une infidélité comme telle, celle-ci peut vous  y mener. Comment ? En alimentant votre recherche insatiable de sensations fortes et de nouveauté. Peut-être qu’un jour vous voudrez aller plus loin et passer d’un univers totalement virtuel (pornographie) à un univers se rapprochant un peu plus de la réalité (sites de webcam d’abord et ensuite salons de massage et prostitution). Dans mon prochain article, je vais vous montrer qu’est-ce qui distingue quelqu’un ayant un rapport sain avec la pornographie de quelqu’un ayant une utilisation problématique.

prostitution

 

Dans ce premier article de l’année, je vais m’attarder encore à la problématique de la dépendance à la pornographie. Motif de consultation de plus en plus commun dans ma pratique clinique, j’observe que beaucoup d’éléments peuvent freiner les progrès de quelqu’un essayant d’arrêter complètement cette pratique. Ici, j’aimerais vous présenter quelques « tours » que les consommateurs de pornographie peuvent jouer à leur cerveau.

                Dans un premier temps, le mécanisme de défense qui semble être populaire constitue la « rationalisation » de sa consommation de pornographie. La rationalisation consiste à se convaincre en utilisant des arguments rationnels que le comportement en question est approprié. Plus concrètement, voici certaines pensées pouvant justifier le fait de passer à l’acte :

  • J’ai eu une mauvaise journée. Voir de la porno me permettrait d’abaisser ma tension,
  • Je vais juste regarder un vidéo ou deux et après, je vais arrêter. Il y a rien là….
  • Je m’ennuie et j’ai rien à faire. J’ai besoin de me divertir….
  • De toute façon, je n’arrive pas à séduire les femmes. Aussi bien consommer de la pornographie….
  • Je vais juste regarder des photos sexy sur Instagram….Ce n’est pas de la pornographie
  • Ma conjointe n’est pas à la maison aujourd’hui. Je vais en profiter pour regarder des vidéos. Je n’ai pas souvent de telles opportunités…
  • Mon désir sexuel est trop fort. C’est plus fort que moi….Je n’arrive pas à contrôler ma consommation de pornographie.
  • J’ai rechuté hier….Je vais regarder de la pornographie encore aujourd’hui mais à partir de demain, je vais essayer d’arrêter à nouveau
  • Ça va être la dernière fois et après j’arrête
  • Je vais me tester pour voir si la pornographie m’excite encore. C’est donc une bonne raison d’en consommer.
  • Je suis curieux de voir si des nouveaux vidéos sont sortis dans la catégorie que je préfère.
  • Je me sens seul ce soir…En consommant de la pornographie, je ne verrai pas le temps passer.

Vous voyez, il existe une multitude de raisons semblant « rationnelles » pour s’adonner à la consommation de pornographie. Les exemples ci-dessus représentent  seulement une infime partie de toutes les possibilités de motifs qui peuvent vous emprisonner dans cette pratique. Toutefois, j’ai listé les raisons que j’entends le plus fréquemment. Il s’avère très important que vous puissiez prendre conscience de vos mécanismes de rationalisation. Ceux-ci représentent d’importants facteurs de maintien sur lesquels nous devons agir. Voilà pourquoi il est pertinent d’être très attentif à soi-même et de prendre en note les pensées que nous avions avant de visionner les vidéos pornographiques. En thérapie, je pourrai vous accompagner dans ce processus et voir comment combattre ces mécanismes puissants de rationalisation.

                Dans mon prochain article, je vais vous présenter d’autres visages de la dépendance sexuelle, c’est-à-dire les sites de webcam, les saunas, les salons de massage et la prostitution. Je vous montrerai également comment la cyberdépendance peut mener à l’infidélité et vous éloigner de vos valeurs et sentiments.

sexe addiction

Voilà un sujet qui peut facilement semer la controverse : l’infidélité. Selon vous, est-ce qu’un couple peut survivre à l’infidélité ou cela constitue plutôt un point de non-retour ? De plus, comment peut-on définir l’infidélité ? Est-ce à partir du moment où on embrasse quelqu’un d’autre ou est-ce même dès le moment où l’on fantasme sur cette personne ?

                Je vais répondre à la deuxième question d’abord. La définition de l’infidélité dépendra de ce que j’appelle « les règles du couple ». C’est à chaque couple de définir clairement ce qu’est l’infidélité, de séparer l’acceptable de l’inacceptable. Par exemple, certains couples se montreront très ouverts à ce que leur partenaire consomme de la pornographie alors que pour d’autres, cela revient à « tromper ».  Souvent, ces règles ne sont pas suffisamment claires et cela entraîne évidemment des conflits. Toutefois, des conflits peuvent également survenir avec des règles claires dans l’éventualité où l’une d’elles serait transgressée. À partir de ce moment, est-ce que le couple peut survivre ?

                La réponse est oui car d’un point de vue strictement statistique, plusieurs couples ont réussi à passer par-dessus l’infidélité en pardonnant. Toutefois, il n’est pas du tout rare que le fait d’avouer son infidélité (ou se faire prendre) conduise directement à la rupture. Si vous vous demandez s’il est judicieux d’avouer votre infidélité, questionnez-vous à savoir si vous êtes prêt à faire face à toutes les conséquences possibles d’un tel aveu, incluant une rupture. Je ne dis jamais à mes clients quoi faire mais je dois leur montrer l’importance d’assumer leurs choix et de voir les différents enjeux associés à leurs décisions.

                Quelles stratégies peuvent être considérées pour surmonter l’infidélité ? Je vais tenter de résumer celles que je trouve pertinentes :

  • Parfois, en se ramenant à ses valeurs et sentiments, on peut se dire que ça ne vaut pas la peine de détruire la famille pour l’infidélité de son conjoint ou sa conjointe. Ça ne vaut pas la peine de briser ce qu’on a mis tant d’années à construire. Pour surmonter l’infidélité, qui est souvent vu comme un « miroir cassé », nous devons avoir une motivation suffisamment grande afin de pouvoir continuer. Je dirais qu’un couple avec enfants aura peut-être un peu plus de chances pour se préserver car beaucoup de parents ne voudront pas pénaliser leurs enfants en se séparant.  Plus le niveau d’engagement est élevé, plus le couple est difficile à « détruire » si vous voulez. Toutefois, les circonstances entourant l’infidélité seront un facteur très important. Il y a une grande différence entre une aventure d’un soir lors d’un part de bureau trop arrosé et un amant que nous voyons depuis plusieurs mois.
  • Suite à la mise en lumière d’une infidélité dans un couple, un engagement de fidélité doit être pris sur le champ. Cela implique de couper tout contact avec son amant ou amante. De plus, il s’avère normal que l’individu qui a été trompé devienne hypervigilant et méfiant. À court terme, le partenaire infidèle devra accepter les insécurités de son partenaire et se montrer davantage rassurant. De nouvelles règles de couple devront être définies afin de restaurer la confiance.
  • Une infidélité peut même devenir une opportunité pour améliorer son couple. Comment cela peut être possible me demanderez-vous ? L’infidélité peut être bien utilisée s’il y a un dialogue ouvert où chacun peut exprimer ce qui a contribué à l’infidélité et si certains manques dans le couple pourraient avoir contribué à cette crise. Dans une discussion comme ça, chacun devra accepter de se confronter et de se remettre en question. Par exemple, un individu souffrant d’isolement dans son couple pourrait peut-être envisager de combler ses besoins affectifs à l’extérieur de son couple (si le partenaire est toujours part. Même chose pour quelqu’un qui s’ennuie sexuellement avec son ou sa partenaire.

 

En guise de conclusion, voici ce qui peut être fait pour passer par-dessus une infidélité : Avoir une motivation suffisamment forte pour continuer, se doter de nouvelles règles, s’engager à éliminer tout risque de récidive et communiquer ouvertement avec son partenaire afin de voir ce qui fonctionnait moins bien dans le couple et comment cela pourrait être amélioré pour le futur.  Si ce thème vous a interpellé et vous souhaiteriez en discuter, vous pouvez prendre un rendez-vous ici.

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Parmi les problématiques sexuelles les plus fréquentes se trouve l’éjaculation prématurée ou plus couramment appelée éjaculation précoce.  Cette problématique sexuelle amène également son lot de détresse et d’anxiété chez ceux qui en sont affectés. Voilà pourquoi plusieurs hommes prennent la décision de consulter un sexologue clinicien afin d’explorer des solutions possibles.

                Tout d’abord, beaucoup vont d’abord utiliser des solutions qui s’avèrent inefficaces. La première qui revient souvent est la tendance de vouloir contrôler son éjaculation. Cela ne fonctionne pas car l’éjaculation ne constitue pas un mouvement volontaire, c’est plutôt un réflexe. Une fois que l’homme a atteint son point de non-retour dans son processus de montée d’excitation sexuelle, il est trop tard… Deuxièmement, beaucoup vont essayer de se distraire en pensant à des idées qui ne sont pas du tout excitantes. Un nombre significatif de clients m’ont rapporté que cette stratégie ne les aide pas vraiment à tenir plus longtemps dans leurs relations sexuelles. Quelle serait alors la solution possible pour combattre l’éjaculation précoce ?

                Il n’y a pas de recette miracle pour guérir l’éjaculation précoce. Il faut d’abord commencer par bien évaluer chaque situation et de cibler les différents facteurs qui peuvent contribuer à l’éjaculation prématurée. La plupart du temps, le problème est présent à cause d’une gestion déficiente de l’excitation sexuelle. Comment améliorer la modulation de l’excitation sexuelle ? Voici quelques pistes qui peuvent vous être utiles :

  1. Tentez de vous habituer aux préliminaires sexuels. Trop de gars sont pressés de pénétrer directement leur partenaire. Des préliminaires de plus de 15 minutes vous habitueront à développer une tolérance aux stimuli sexuels qui précèdent la pénétration et de mieux vous faire prendre conscience de la montée et descente de votre niveau d’excitation sexuelle.

  1. Détendez-vous. Si vous êtes tendu, votre respiration sera plus haute et vous serez moins en mesure de moduler la montée de votre excitation sexuelle. Si vous pouvez combiner une respiration abdominale à vos relations sexuelles, vous augmentez grandement vos chances d’éjaculer au moment désiré.

 

  1. Apprenez à apprécier tout le processus d’une relation sexuelle et essayez d’être davantage en contact avec vos sensations corporelles. Beaucoup d’éjaculateurs précoces cherchent surtout les sensations associées à l’orgasme. Je dis souvent la métaphore suivante à mes clients : La sexualité est comme un plat qui se doit d’être bien dégusté et non avalé tout rond.

 

Voilà, j’ai donné ici quelques pistes de solutions pour remédier à l’éjaculation précoce, c’est-à-dire d’augmenter le temps consacré aux préliminaires, de tenter d’avoir une respiration abdominale et d’être davantage centré sur le processus plutôt que sur la finalité qu’est l’orgasme. Je tiens à préciser que cet article ne constitue pas un programme qui va garantir la résolution de votre problématique d’éjaculation précoce mais il pourra certainement vous inspirer si vous sentez que cet aspect de votre vie pourrait être amélioré. L’éjaculation précoce résulte surtout d’une mauvaise gestion du processus de montée de l’excitation sexuelle mais la situation de chaque client est unique. Voilà pourquoi je recommande aux gens de consulter un sexologue clinicien qui pourra bien évaluer le trouble sexuel et proposer un plan de traitement approprié.

 

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Tel que promis, voici maintenant une réflexion traitant de liberté intérieure. Certains utiliseront le terme « équanimité » pour faire référence au concept de liberté intérieure. Un individu faisant preuve de liberté intérieure ou d’équanimité va constamment rester maître de ses émotions et de son esprit. Il ne se laissera jamais envahir par celles-ci. Plutôt que d’en être l’esclave comme la majorité des gens, il saura les dompter et les utiliser à son avantage.

                Pour y parvenir, le sage adopte une posture de « non-attachement » dans sa vie. Cela ne signifie pas de l’indifférence. Cela consiste plutôt à se libérer du sentiment d’importance de soi qui est omniprésent dans nos sociétés individualistes. Si nous sommes trop attachés à notre égo, nous devenons excessivement vulnérables à tout ce qui pourrait l’ébranler. D’autre part, nous allons avoir tendance à être envahi par une alternance de désirs et de frustrations. Quelqu’un vivant constamment d’attentes en attentes se projette surtout dans le futur et est moins dans le moment présent. De plus, les attentes constituent souvent un jardin de frustrations. Le monde n’est jamais comme nous voudrions qu’il soit et nous devons accepter ça afin de maintenir notre sérénité.  Les 3 prémisses suivantes peuvent aider à vous convaincre de l’importance de se libérer de l’emprise de l’égo :

  1. Tout est temporaire (impermanence des choses)
  2. La vie est fragile et nous devons profiter de chaque moment.
  3. Tous les êtres sont interdépendants

Certains me demanderont comment concrètement ils peuvent augmenter leur liberté intérieure. Ma réponse est qu’un bon moyen d’augmenter son équanimité passe par une plus saine gestion des émotions. En gestalt thérapie, nous parlons de fond et de forme. Quelqu’un vivant un débordement émotionnel n’a pas un « fond dégagé ». La figure dominante devient l’émotion perturbatrice et cela occupe toute l’attention du champ de perception. La réalité est qu’une émotion n’est pas vraiment tangible et est très souvent exagérée. Pour devenir plus « zen », en reprenant le modèle de la gestalt, nous souhaitons que l’émotion ne prenne pas trop de place dans le champ perceptuel et puisse laisser un fond dégagé. Voici 2 façons plus concrètes pour y parvenir :

  1. Cultiver une émotion opposée à l’émotion indésirable: 2 émotions contraires ne peuvent cohabiter en même temps. Pour combattre la peur, vous pouvez utiliser la gratitude. L’altruisme peut représenter un antidote à la haine et le détachement peut vous faire du bien si vous êtes trop envahis par le « désir-passion ».  En sexologie, nous parlons souvent de l’importance du désir mais il faut faire attention aux excès qui correspondent à un sentiment d’être affligé, contrôlé, voire paralysé par celui-ci. Ce type de désir peut mener à des sentiments de possessivité et d’insécurité qui sont nocifs pour toute relation amoureuse. Une certaine dose de détachement reste nécessaire car l’autre n’est pas un objet qui nous appartient.
  2. Méditation pleine conscience : Entraînez-vous à vous concentrer sur l’émotion elle-même et non sur l’objet de celle-ci. Par exemple, si vous êtes en colère contre votre fils, ne restez pas fixé sur lui mais pensez plutôt à la nature de votre colère. Quelle est sa forme ? Quelle est sa couleur ? Regardez attentivement votre émotion avec une attitude de curiosité. Vous allez réaliser que l’émotion n’a pas vraiment d’existence intrinsèque et devrait finir par s’évanouir. Si vous vous attachez trop à votre émotion, des pensées la renforçant vont s’ajouter et toute une chaîne va se créer.

En guise de conclusion, nous pourrions nous demander s’il existe une façon de régler presque tous les problèmes. Je n’ai pas de réponse ultra précise à ce sujet mais je peux vous garantir que la liberté intérieure va vous amener vers une perception plus juste de la réalité et que cela facilitera grandement la résolution de la plupart de nos problèmes personnels, relationnels et sexuels.

liberté intérieure

Pour faire suite à mon précédent article, je vais maintenant vous proposer une réflexion sur ce qui nuit le plus à notre liberté. Nous avons tous besoin d’explorer le monde, de vivre des expériences, de les assimiler et d’ainsi grandir. À quelque part, être libre correspond à la capacité de choisir les expériences que nous voulons vivre parmi un vaste choix d’options possibles. Hélas, ce processus de vraiment vivre la vie que nous voulons n’est pas simple pour tous.

Le paraître et l’avoir

                Beaucoup de gens vont prioriser « le paraître » et « l’avoir » et cela bloque en quelque sorte leur sentiment de liberté. Si vous êtes surtout soucieux de ce que les gens vont penser de vous, vous n’êtes pas vraiment authentique et vous agissez selon l’énoncé suivant jusqu’à un certain point : « Je suis ce que mon environnement me demande ». Ainsi, l’individu vivant dans le « paraître » va surtout se comporter pour suivre des normes externes plutôt que des normes internalisés. Si vous allez au gym pour avoir un corps de rêve mais qu’au fond vous détestez y aller, à quoi bon vous faire souffrir autant ? Les exemples que je pourrais énumérer sont très nombreux….Pensons à toutes ces industries et produits : les implants mammaires, la chirurgie plastique, les 1001 « produits » pour augmenter la taille du pénis, etc….

D’autres vont surtout se concentrer sur leur besoin de sécurité et seront surtout dans la dimension de l’avoir. Ici, le but peut être soit d’accumuler des biens ou de l’argent afin de se donner un sentiment illusoire de sécurité. La réalité est qu’à tout moment, nous pouvons tout perdre. Le bouddhisme mentionne aussi la notion que tout est « éphémère » et non-permanent.  Beaucoup se valoriseront en accumulant de grandes sommes d’argent mais à quoi bon ? Pendant que vous vous battez pour augmenter le solde de votre compte de banque ou bien vos possessions matérielles, vous ne vivez peut-être pas la vie que vous voulez vraiment. L’argent devrait être un moyen pour accéder à davantage d’expériences plutôt qu’une fin en soi. Donc, si vous n’aimez pas votre travail malgré le fait qu’il rémunère bien, je crois qu’il peut être judicieux de considérer d’autres options. Je dis toujours à mes clients qu’il faut prendre nos décisions en fonction de nos désirs authentiques et non en fonction de nos peurs. La peur constitue probablement le plus grand frein à la liberté !

Donc, si je récapitule, un trop grand souci de l’opinion des autres et un trop grand besoin de sécurité peuvent nuire à votre liberté. Le premier vous fait suivre des normes externes alors que le deuxième est surtout en réponse à de l’insécurité.

L’incapacité à prendre des décisions

                Un autre frein que je vois constamment est une trop grande ambivalence lorsque vient le temps de se positionner. Les gens ont parfois tellement peur de prendre une décision ou de s’engager dans une direction donnée. Pourquoi ? Parce que choisir demande de renoncer à d’autres options possibles. Être libre signifie une capacité à s’engager dans des expériences tout en rejetant les autres expériences possibles. Il y a fluidité dans la manière d’être lorsqu’il y a absence de blocage. Lorsque nous sommes bloqués trop longtemps dans une croisée de chemins, il y a ce qu’on appelle la « paralysie de l’analyse ». Pendant que vous êtes dans votre tête, vous risquez de manquer des opportunités et vous n’avancez pas. N’ayez pas peur ! Réfléchissez à vos valeurs et votre plan directeur de vie et foncez dans la direction voulue. Au pire, vous ferez une erreur et ce n’est pas grave !  Plus vous savez qui vous êtes et ce que vous voulez, plus le processus de prise de décision sera fluide.

Vers une nouvelle réflexion

                Voilà ce qui conclue cet article traitant des freins à la liberté. Si nous avions à résumer le tout, on pourrait dire que c’est surtout la peur qui nous empêche d’avancer et d’être libre. Par peur, nous pouvons entendre la peur de déplaire à autrui, la peur de faire des erreurs, la peur de manquer d’argent, la peur d’être abandonné par l’autre, la peur d’être puni ou maltraité par l’autre, la peur d’être malade et même peut-être la peur de la vie !

Beaucoup croient que la liberté consiste à faire ce que l’on veut, ce qui n’est pas faux en soi. Toutefois, dans mon prochain article, j’aimerais surtout me pencher sur le concept de « liberté intérieure », qui nous fait passer du « faire » à « l’être ».

liberté

Aujourd’hui, j’aimerais que nous nous penchions sur le thème de l’ennui. Selon l’approche humaniste existentielle, chacun porte en soi une anxiété d’insignifiance. De cette anxiété découlerait un besoin de recherche de sens. C’est en utilisant le chemin de la recherche de sens et de l’actualisation de son potentiel que je vous présenterai une manière d’être qui pourrait vous aider à vous libérer de l’ennui et de l’insatisfaction.

Dans mon approche thérapeutique, j’amène souvent mes clients à se définir des objectifs de vie, à créer un plan directeur pour les prochaines années de leur vie. Si nous n’avons pas de buts, nous nous dirigeons nulle part. Si notre vie ne comporte pas de sens ou de direction, nous serons davantage susceptibles à rechercher surtout les sensations et émotions fortes afin de se sentir en vie. Par conséquent, les valeurs, les sentiments plus profonds et la vie spirituelle seront davantage négligés.  Par exemple, certains hommes ayant commis l’infidélité s’ennuyaient dans leur couple et leur vie et ont donc recherché des sensations et émotions plus fortes ailleurs que dans le couple. Évidemment, ce n’est pas une marche à suivre que je recommande si votre couple est précieux pour vous. Si vous vous ennuyez, demandez-vous plutôt quelle est la nature de l’écart entre votre situation actuelle et celle à laquelle vous aspirez. Quelle nouvelle expérience (compatible avec vos valeurs et sentiments) pourriez-vous tenter ? Si l’ennui est inhérent en couple, comment pourriez-vous  donner une nouvelle direction à votre couple ? Plus le sens que vous donnez à votre couple est clair, plus il sera facile de le communiquer avec votre amoureux ou amoureuse.

Afin de trouver un sens à sa vie, il s’avère important de bien se connaître, tant au niveau de ses forces que de ses limites. L’être humain grandit en intégrant des expériences. Une fois chaque expérience digérée et assimilée, nous pouvons dire si cela concorde ou non avec nos valeurs et goûts. Le concept de « concordance » est fondamental. Plus vos actions au quotidien vont rejoindre les aspirations de votre plan directeur, plus vous vous sentirez satisfait et moins vous allez vous ennuyer. Si vous atteignez vos objectifs, il est fort possible qu’un besoin de réaliser d’autres défis émerge. L’être humain est ainsi fait. Nous avons constamment besoin de grandir et stagner ne constitue pas une option intéressante. Comme je dis souvent à mes clients, le mieux est de pouvoir trouver un point d’équilibre entre la focalisation de son énergie vers l’atteinte d’objectifs et l’appréciation de ce que nous avons ou sommes déjà. Un excès d’ambition mènera à de la frustration et de l’insatisfaction tandis qu’un excès de complaisance mènera à une non-croissance.

L’être humain est libre à 100% et il peut créer la vie qu’il veut….en principe… Hélas, nous vivons dans une société régie par des normes et des lois. Il s’avère normal et souhaitable de devoir se conformer à certains principes. Toutefois, certaines personnes vivent dans une recherche d’approbation constante, ce qui va les éloigner de leur authenticité et leur nature profonde. Les schémas de recherche d’approbation et exigences élevées sont parmi ceux les plus souvent diagnostiqués lorsque je distribue le questionnaire des schémas de Young. Cela m’amène à vous proposer un thème pour le prochain article qui traitera davantage les différents freins à notre liberté.

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