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Dans ce premier article de l’année, je vais m’attarder encore à la problématique de la dépendance à la pornographie. Motif de consultation de plus en plus commun dans ma pratique clinique, j’observe que beaucoup d’éléments peuvent freiner les progrès de quelqu’un essayant d’arrêter complètement cette pratique. Ici, j’aimerais vous présenter quelques « tours » que les consommateurs de pornographie peuvent jouer à leur cerveau.

                Dans un premier temps, le mécanisme de défense qui semble être populaire constitue la « rationalisation » de sa consommation de pornographie. La rationalisation consiste à se convaincre en utilisant des arguments rationnels que le comportement en question est approprié. Plus concrètement, voici certaines pensées pouvant justifier le fait de passer à l’acte :

  • J’ai eu une mauvaise journée. Voir de la porno me permettrait d’abaisser ma tension,
  • Je vais juste regarder un vidéo ou deux et après, je vais arrêter. Il y a rien là….
  • Je m’ennuie et j’ai rien à faire. J’ai besoin de me divertir….
  • De toute façon, je n’arrive pas à séduire les femmes. Aussi bien consommer de la pornographie….
  • Je vais juste regarder des photos sexy sur Instagram….Ce n’est pas de la pornographie
  • Ma conjointe n’est pas à la maison aujourd’hui. Je vais en profiter pour regarder des vidéos. Je n’ai pas souvent de telles opportunités…
  • Mon désir sexuel est trop fort. C’est plus fort que moi….Je n’arrive pas à contrôler ma consommation de pornographie.
  • J’ai rechuté hier….Je vais regarder de la pornographie encore aujourd’hui mais à partir de demain, je vais essayer d’arrêter à nouveau
  • Ça va être la dernière fois et après j’arrête
  • Je vais me tester pour voir si la pornographie m’excite encore. C’est donc une bonne raison d’en consommer.
  • Je suis curieux de voir si des nouveaux vidéos sont sortis dans la catégorie que je préfère.
  • Je me sens seul ce soir…En consommant de la pornographie, je ne verrai pas le temps passer.

Vous voyez, il existe une multitude de raisons semblant « rationnelles » pour s’adonner à la consommation de pornographie. Les exemples ci-dessus représentent  seulement une infime partie de toutes les possibilités de motifs qui peuvent vous emprisonner dans cette pratique. Toutefois, j’ai listé les raisons que j’entends le plus fréquemment. Il s’avère très important que vous puissiez prendre conscience de vos mécanismes de rationalisation. Ceux-ci représentent d’importants facteurs de maintien sur lesquels nous devons agir. Voilà pourquoi il est pertinent d’être très attentif à soi-même et de prendre en note les pensées que nous avions avant de visionner les vidéos pornographiques. En thérapie, je pourrai vous accompagner dans ce processus et voir comment combattre ces mécanismes puissants de rationalisation.

                Dans mon prochain article, je vais vous présenter d’autres visages de la dépendance sexuelle, c’est-à-dire les sites de webcam, les saunas, les salons de massage et la prostitution. Je vous montrerai également comment la cyberdépendance peut mener à l’infidélité et vous éloigner de vos valeurs et sentiments.

Voilà un sujet qui peut facilement semer la controverse : l’infidélité. Selon vous, est-ce qu’un couple peut survivre à l’infidélité ou cela constitue plutôt un point de non-retour ? De plus, comment peut-on définir l’infidélité ? Est-ce à partir du moment où on embrasse quelqu’un d’autre ou est-ce même dès le moment où l’on fantasme sur cette personne ?

                Je vais répondre à la deuxième question d’abord. La définition de l’infidélité dépendra de ce que j’appelle « les règles du couple ». C’est à chaque couple de définir clairement ce qu’est l’infidélité, de séparer l’acceptable de l’inacceptable. Par exemple, certains couples se montreront très ouverts à ce que leur partenaire consomme de la pornographie alors que pour d’autres, cela revient à « tromper ».  Souvent, ces règles ne sont pas suffisamment claires et cela entraîne évidemment des conflits. Toutefois, des conflits peuvent également survenir avec des règles claires dans l’éventualité où l’une d’elles serait transgressée. À partir de ce moment, est-ce que le couple peut survivre ?

                La réponse est oui car d’un point de vue strictement statistique, plusieurs couples ont réussi à passer par-dessus l’infidélité en pardonnant. Toutefois, il n’est pas du tout rare que le fait d’avouer son infidélité (ou se faire prendre) conduise directement à la rupture. Si vous vous demandez s’il est judicieux d’avouer votre infidélité, questionnez-vous à savoir si vous êtes prêt à faire face à toutes les conséquences possibles d’un tel aveu, incluant une rupture. Je ne dis jamais à mes clients quoi faire mais je dois leur montrer l’importance d’assumer leurs choix et de voir les différents enjeux associés à leurs décisions.

                Quelles stratégies peuvent être considérées pour surmonter l’infidélité ? Je vais tenter de résumer celles que je trouve pertinentes :

  • Parfois, en se ramenant à ses valeurs et sentiments, on peut se dire que ça ne vaut pas la peine de détruire la famille pour l’infidélité de son conjoint ou sa conjointe. Ça ne vaut pas la peine de briser ce qu’on a mis tant d’années à construire. Pour surmonter l’infidélité, qui est souvent vu comme un « miroir cassé », nous devons avoir une motivation suffisamment grande afin de pouvoir continuer. Je dirais qu’un couple avec enfants aura peut-être un peu plus de chances pour se préserver car beaucoup de parents ne voudront pas pénaliser leurs enfants en se séparant.  Plus le niveau d’engagement est élevé, plus le couple est difficile à « détruire » si vous voulez. Toutefois, les circonstances entourant l’infidélité seront un facteur très important. Il y a une grande différence entre une aventure d’un soir lors d’un part de bureau trop arrosé et un amant que nous voyons depuis plusieurs mois.
  • Suite à la mise en lumière d’une infidélité dans un couple, un engagement de fidélité doit être pris sur le champ. Cela implique de couper tout contact avec son amant ou amante. De plus, il s’avère normal que l’individu qui a été trompé devienne hypervigilant et méfiant. À court terme, le partenaire infidèle devra accepter les insécurités de son partenaire et se montrer davantage rassurant. De nouvelles règles de couple devront être définies afin de restaurer la confiance.
  • Une infidélité peut même devenir une opportunité pour améliorer son couple. Comment cela peut être possible me demanderez-vous ? L’infidélité peut être bien utilisée s’il y a un dialogue ouvert où chacun peut exprimer ce qui a contribué à l’infidélité et si certains manques dans le couple pourraient avoir contribué à cette crise. Dans une discussion comme ça, chacun devra accepter de se confronter et de se remettre en question. Par exemple, un individu souffrant d’isolement dans son couple pourrait peut-être envisager de combler ses besoins affectifs à l’extérieur de son couple (si le partenaire est toujours part. Même chose pour quelqu’un qui s’ennuie sexuellement avec son ou sa partenaire.

En guise de conclusion, voici ce qui peut être fait pour passer par-dessus une infidélité : Avoir une motivation suffisamment forte pour continuer, se doter de nouvelles règles, s’engager à éliminer tout risque de récidive et communiquer ouvertement avec son partenaire afin de voir ce qui fonctionnait moins bien dans le couple et comment cela pourrait être amélioré pour le futur.  Si ce thème vous a interpellé et vous souhaiteriez en discuter, vous pouvez prendre un rendez-vous ici.

Parmi les problématiques sexuelles les plus fréquentes se trouve l’éjaculation prématurée ou plus couramment appelée éjaculation précoce.  Cette problématique sexuelle amène également son lot de détresse et d’anxiété chez ceux qui en sont affectés. Voilà pourquoi plusieurs hommes prennent la décision de consulter un sexologue clinicien afin d’explorer des solutions possibles.

                Tout d’abord, beaucoup vont d’abord utiliser des solutions qui s’avèrent inefficaces. La première qui revient souvent est la tendance de vouloir contrôler son éjaculation. Cela ne fonctionne pas car l’éjaculation ne constitue pas un mouvement volontaire, c’est plutôt un réflexe. Une fois que l’homme a atteint son point de non-retour dans son processus de montée d’excitation sexuelle, il est trop tard… Deuxièmement, beaucoup vont essayer de se distraire en pensant à des idées qui ne sont pas du tout excitantes. Un nombre significatif de clients m’ont rapporté que cette stratégie ne les aide pas vraiment à tenir plus longtemps dans leurs relations sexuelles. Quelle serait alors la solution possible pour combattre l’éjaculation précoce ?

                Il n’y a pas de recette miracle pour guérir l’éjaculation précoce. Il faut d’abord commencer par bien évaluer chaque situation et de cibler les différents facteurs qui peuvent contribuer à l’éjaculation prématurée. La plupart du temps, le problème est présent à cause d’une gestion déficiente de l’excitation sexuelle. Comment améliorer la modulation de l’excitation sexuelle ? Voici quelques pistes qui peuvent vous être utiles :

  1. Tentez de vous habituer aux préliminaires sexuels. Trop de gars sont pressés de pénétrer directement leur partenaire. Des préliminaires de plus de 15 minutes vous habitueront à développer une tolérance aux stimuli sexuels qui précèdent la pénétration et de mieux vous faire prendre conscience de la montée et descente de votre niveau d’excitation sexuelle.
  1. Détendez-vous. Si vous êtes tendu, votre respiration sera plus haute et vous serez moins en mesure de moduler la montée de votre excitation sexuelle. Si vous pouvez combiner une respiration abdominale à vos relations sexuelles, vous augmentez grandement vos chances d’éjaculer au moment désiré.
  1. Apprenez à apprécier tout le processus d’une relation sexuelle et essayez d’être davantage en contact avec vos sensations corporelles. Beaucoup d’éjaculateurs précoces cherchent surtout les sensations associées à l’orgasme. Je dis souvent la métaphore suivante à mes clients : La sexualité est comme un plat qui se doit d’être bien dégusté et non avalé tout rond.

Voilà, j’ai donné ici quelques pistes de solutions pour remédier à l’éjaculation précoce, c’est-à-dire d’augmenter le temps consacré aux préliminaires, de tenter d’avoir une respiration abdominale et d’être davantage centré sur le processus plutôt que sur la finalité qu’est l’orgasme. Je tiens à préciser que cet article ne constitue pas un programme qui va garantir la résolution de votre problématique d’éjaculation précoce mais il pourra certainement vous inspirer si vous sentez que cet aspect de votre vie pourrait être amélioré. L’éjaculation précoce résulte surtout d’une mauvaise gestion du processus de montée de l’excitation sexuelle mais la situation de chaque client est unique. Voilà pourquoi je recommande aux gens de consulter un sexologue clinicien qui pourra bien évaluer le trouble sexuel et proposer un plan de traitement approprié.

Pour faire suite à mon précédent article, je vais maintenant vous proposer une réflexion sur ce qui nuit le plus à notre liberté. Nous avons tous besoin d’explorer le monde, de vivre des expériences, de les assimiler et d’ainsi grandir. À quelque part, être libre correspond à la capacité de choisir les expériences que nous voulons vivre parmi un vaste choix d’options possibles. Hélas, ce processus de vraiment vivre la vie que nous voulons n’est pas simple pour tous.

Le paraître et l’avoir

                Beaucoup de gens vont prioriser « le paraître » et « l’avoir » et cela bloque en quelque sorte leur sentiment de liberté. Si vous êtes surtout soucieux de ce que les gens vont penser de vous, vous n’êtes pas vraiment authentique et vous agissez selon l’énoncé suivant jusqu’à un certain point : « Je suis ce que mon environnement me demande ». Ainsi, l’individu vivant dans le « paraître » va surtout se comporter pour suivre des normes externes plutôt que des normes internalisés. Si vous allez au gym pour avoir un corps de rêve mais qu’au fond vous détestez y aller, à quoi bon vous faire souffrir autant ? Les exemples que je pourrais énumérer sont très nombreux….Pensons à toutes ces industries et produits : les implants mammaires, la chirurgie plastique, les 1001 « produits » pour augmenter la taille du pénis, etc….

D’autres vont surtout se concentrer sur leur besoin de sécurité et seront surtout dans la dimension de l’avoir. Ici, le but peut être soit d’accumuler des biens ou de l’argent afin de se donner un sentiment illusoire de sécurité. La réalité est qu’à tout moment, nous pouvons tout perdre. Le bouddhisme mentionne aussi la notion que tout est « éphémère » et non-permanent.  Beaucoup se valoriseront en accumulant de grandes sommes d’argent mais à quoi bon ? Pendant que vous vous battez pour augmenter le solde de votre compte de banque ou bien vos possessions matérielles, vous ne vivez peut-être pas la vie que vous voulez vraiment. L’argent devrait être un moyen pour accéder à davantage d’expériences plutôt qu’une fin en soi. Donc, si vous n’aimez pas votre travail malgré le fait qu’il rémunère bien, je crois qu’il peut être judicieux de considérer d’autres options. Je dis toujours à mes clients qu’il faut prendre nos décisions en fonction de nos désirs authentiques et non en fonction de nos peurs. La peur constitue probablement le plus grand frein à la liberté !

Donc, si je récapitule, un trop grand souci de l’opinion des autres et un trop grand besoin de sécurité peuvent nuire à votre liberté. Le premier vous fait suivre des normes externes alors que le deuxième est surtout en réponse à de l’insécurité.

L’incapacité à prendre des décisions

                Un autre frein que je vois constamment est une trop grande ambivalence lorsque vient le temps de se positionner. Les gens ont parfois tellement peur de prendre une décision ou de s’engager dans une direction donnée. Pourquoi ? Parce que choisir demande de renoncer à d’autres options possibles. Être libre signifie une capacité à s’engager dans des expériences tout en rejetant les autres expériences possibles. Il y a fluidité dans la manière d’être lorsqu’il y a absence de blocage. Lorsque nous sommes bloqués trop longtemps dans une croisée de chemins, il y a ce qu’on appelle la « paralysie de l’analyse ». Pendant que vous êtes dans votre tête, vous risquez de manquer des opportunités et vous n’avancez pas. N’ayez pas peur ! Réfléchissez à vos valeurs et votre plan directeur de vie et foncez dans la direction voulue. Au pire, vous ferez une erreur et ce n’est pas grave !  Plus vous savez qui vous êtes et ce que vous voulez, plus le processus de prise de décision sera fluide.

Vers une nouvelle réflexion

                Voilà ce qui conclue cet article traitant des freins à la liberté. Si nous avions à résumer le tout, on pourrait dire que c’est surtout la peur qui nous empêche d’avancer et d’être libre. Par peur, nous pouvons entendre la peur de déplaire à autrui, la peur de faire des erreurs, la peur de manquer d’argent, la peur d’être abandonné par l’autre, la peur d’être puni ou maltraité par l’autre, la peur d’être malade et même peut-être la peur de la vie !

Beaucoup croient que la liberté consiste à faire ce que l’on veut, ce qui n’est pas faux en soi. Toutefois, dans mon prochain article, j’aimerais surtout me pencher sur le concept de « liberté intérieure », qui nous fait passer du « faire » à « l’être ».

Aujourd’hui, j’aimerais que nous nous penchions sur le thème de l’ennui. Selon l’approche humaniste existentielle, chacun porte en soi une anxiété d’insignifiance. De cette anxiété découlerait un besoin de recherche de sens. C’est en utilisant le chemin de la recherche de sens et de l’actualisation de son potentiel que je vous présenterai une manière d’être qui pourrait vous aider à vous libérer de l’ennui et de l’insatisfaction.

Dans mon approche thérapeutique, j’amène souvent mes clients à se définir des objectifs de vie, à créer un plan directeur pour les prochaines années de leur vie. Si nous n’avons pas de buts, nous nous dirigeons nulle part. Si notre vie ne comporte pas de sens ou de direction, nous serons davantage susceptibles à rechercher surtout les sensations et émotions fortes afin de se sentir en vie. Par conséquent, les valeurs, les sentiments plus profonds et la vie spirituelle seront davantage négligés.  Par exemple, certains hommes ayant commis l’infidélité s’ennuyaient dans leur couple et leur vie et ont donc recherché des sensations et émotions plus fortes ailleurs que dans le couple. Évidemment, ce n’est pas une marche à suivre que je recommande si votre couple est précieux pour vous. Si vous vous ennuyez, demandez-vous plutôt quelle est la nature de l’écart entre votre situation actuelle et celle à laquelle vous aspirez. Quelle nouvelle expérience (compatible avec vos valeurs et sentiments) pourriez-vous tenter ? Si l’ennui est inhérent en couple, comment pourriez-vous  donner une nouvelle direction à votre couple ? Plus le sens que vous donnez à votre couple est clair, plus il sera facile de le communiquer avec votre amoureux ou amoureuse.

Afin de trouver un sens à sa vie, il s’avère important de bien se connaître, tant au niveau de ses forces que de ses limites. L’être humain grandit en intégrant des expériences. Une fois chaque expérience digérée et assimilée, nous pouvons dire si cela concorde ou non avec nos valeurs et goûts. Le concept de « concordance » est fondamental. Plus vos actions au quotidien vont rejoindre les aspirations de votre plan directeur, plus vous vous sentirez satisfait et moins vous allez vous ennuyer. Si vous atteignez vos objectifs, il est fort possible qu’un besoin de réaliser d’autres défis émerge. L’être humain est ainsi fait. Nous avons constamment besoin de grandir et stagner ne constitue pas une option intéressante. Comme je dis souvent à mes clients, le mieux est de pouvoir trouver un point d’équilibre entre la focalisation de son énergie vers l’atteinte d’objectifs et l’appréciation de ce que nous avons ou sommes déjà. Un excès d’ambition mènera à de la frustration et de l’insatisfaction tandis qu’un excès de complaisance mènera à une non-croissance.

L’être humain est libre à 100% et il peut créer la vie qu’il veut….en principe… Hélas, nous vivons dans une société régie par des normes et des lois. Il s’avère normal et souhaitable de devoir se conformer à certains principes. Toutefois, certaines personnes vivent dans une recherche d’approbation constante, ce qui va les éloigner de leur authenticité et leur nature profonde. Les schémas de recherche d’approbation et exigences élevées sont parmi ceux les plus souvent diagnostiqués lorsque je distribue le questionnaire des schémas de Young. Cela m’amène à vous proposer un thème pour le prochain article qui traitera davantage les différents freins à notre liberté.

On entend souvent parler de l’importance de s’affirmer dans son couple, notamment quand il y a quelque chose qui nous dérange chez l’autre. Cela est effectivement souhaitable de communiquer ses attentes le plus clairement possible. Hélas, l’autre n’est jamais comme on voudrait qu’il soit à 100% et il faut en quelque sorte apprendre à composer avec cela.

                Avec mes clients, je présente souvent le concept de « relativiser ses attentes ». À mon avis, il est souhaitable de ne pas traiter toutes nos attentes de la même façon, certaines étant plus importantes que les autres. En couple, nous sommes souvent confrontés à devoir choisir entre son individualité ou bien une adaptation à l’autre. L’idée est d’apprendre à être soi-même tout en étant avec l’autre et pour y arriver, nous devons apprendre à mettre nos attentes en perspective. Par exemple, je comprends un client qui souhaite fonder une famille de ne pas « plier » sur ce point et de considérer mettre fin à la relation si le partenaire n’est pas sur la même longueur d’onde. Toutefois, une question comme la manière de faire la vaisselle ou le temps passé à magasiner peuvent faire l’objet de réflexions plus approfondies et mener à la question suivante : « est-ce que le fait que mon partenaire oublie systématiquement de vider le lave-vaisselle malgré mes rappels est suffisant pour que cela entraîne de la frustration chez moi et du ressentiment ? » Il y a mille et une raisons d’être dérangé par quelque chose que fait notre partenaire. Il s’avère bénéfique de nommer ces sources d’insatisfactions mais il peut être dangereux de seulement focaliser sur ce que nous voulons changer chez l’autre. L’appréciation et la gratitude par rapport à ce qui est fonctionnel et harmonieux doit aussi être dans notre champ de perception.  Mais que devons-nous faire lorsque notre partenaire n’arrive pas à combler certaines de nos attentes ?

                C’est à ce moment-là que nous pouvons nous questionner sur nos besoins et voir s’il est possible de simplement lâcher-prise par rapport à la question et tout simplement accepter l’autre dans son imperfection. Cette introspection s’avère très importante car certaines personnes vont se mentir à eux-mêmes et se disent « ce n’est pas grave » alors qu’au fond d’eux-mêmes, ils vivent beaucoup d’émotions négatives. Cela constitue du refoulement et c’est nocif à tout couple. Pourquoi ? Car de la frustration accumulée se fera sentir à travers le langage non-verbal (on ne peut pas ne pas communiquer) et il y a un risque de finir par exploser tôt ou tard.

                Ainsi, suite à une bonne introspection, il sera plus facile d’être honnête avec soi-même et de se positionner par rapport à son couple. Est-ce que je mets fin à la relation ? Est-ce que je lâche prise tout simplement ? Est-ce qu’il y a possibilité de trouver une solution créative gagnant-gagnant ? Ces questions deviendront plus aisées à résoudre. En passant, il est tout à fait normal de « détester » certaines parties de son partenaire. L’idée est de ne pas perdre de vue les aspects que nous apprécions et les éléments qui ont fait en sorte que nous avons choisi cette personne pour partager notre vie !

Ayant également beaucoup d’expérience dans le domaine du stress post-traumatique, j’aimerais ici vous donner quelques conseils pour gérer les suites d’événements critiques, voir traumatiques. Qu’est-ce que j’entends par « traumatiques »? Je fais ici référence à tout événement où il y a exposition à la mort, à un risque de mourir ou à une situation pouvant menacer notre intégrité physique ou psychologique (comme un abus sexuel par exemple). Le concept d’événement critique est plus large dans le sens qu’il représente une situation inattendue dont l’adaptation est particulièrement difficile, que ce soit une rupture soudaine, une perte d’emploi soudaine ou la mort d’un proche.

                Comment s’adapter à ces différentes réalités ? Tout d’abord, le processus d’adaptation variera en fonction de différents facteurs, c’est-à-dire le degré de sévérité de l’incident, le niveau de résilience de l’individu et la présence ou non d’événements similaires dans le passé de la personne affectée. Quelquefois, l’exposition à un événement traumatique peut résulter en un état de stress aigu ou un état de stress post-traumatique d’où l’importance de consulter le plus vite possible, notamment si ces symptômes persistent : difficultés de concentration, état d’hypovigilance, difficultés de sommeil, hausse ou baisse marquée d’appétit, flashbacks, cauchemars, impression de revivre l’événement, impression d’être « gelé » émotionnellement, perte d’intérêt pour les activités normales, etc…

                Pour vous aider à surmonter les symptômes précédents pouvant sérieusement affecter votre qualité de vie, j’aimerais vous partager quelques conseils ayant aidé certains de mes clients :

  1. Parler de l’événement vécu à quelqu’un de confiance, que ce soit un ami, un membre de la famille ou votre psychothérapeute
  2. Si vous avez du mal à dormir à cause de pensées obsessives ou de flashbacks en lien avec l’événement, je vous encourage à écrire ce qui vous passe par la tête
  3. Tentez de garder de saines habitudes de vie (bien manger, bien dormir) et évitez tout abus d’alcool
  4. Tentez de maintenir vos habitudes et surtout les activités qui vous font du bien, que ce soit le sport, la méditation ou des moments entre amis.
  5. Ne vous isolez pas
  6. Acceptez vos différentes émotions , autorisez-vous à les ressentir pleinement et exprimez les. Le mécanisme de refoulement bloquera votre processus de guérison
  7. Gardez en tête que cette situation est temporaire et non permanente (tel le bouddhisme qui prône la non-permanence de tout)
  8. Réduisez vos comportement d’hypovigilance ou d’évitement (par exemple, j’encouragerais un individu ayant subi un accident de voiture de tenter de revenir sur la route peu à peu afin de surmonter la peur)

Si vous vous êtes senti concernés par cet article et que vous ressentez le besoin d’en parler, je peux certainement vous aider. Je vous souhaite un bel été !

Lorsque nous prenons la décision de consulter en psychothérapie ou sexothérapie, il s’avère normal de s’attendre à tirer profit de cette démarche. Dans cet article, je présenterai différents facteurs pouvant influencer positivement ou négativement le déroulement de la thérapie :

  1. Les compétences du thérapeute

Assurez-vous de choisir un thérapeute faisant partie d’un ordre professionnel reconnu et détenant un permis de psychothérapeute. Il est possible de vous renseigner auprès de l’Ordre des psychologues du Québec.  Il est difficile de juger de la compétence d’un psychothérapeute ou sexologue dès le premier rendez-vous….Toutefois, vous pouvez vous attendre à ce que le thérapeute complète une évaluation de votre situation dans les premiers rendez-vous, qu’il clarifie les objectifs thérapeutiques et qu’il présente un plan d’intervention approprié. Ce plan devra être revu de façon périodique dans les rencontres subséquentes. À mon avis, un bon thérapeute sait écouter, évaluer et bien communiquer sa compréhension clinique. De plus, il fait preuve d’empathie, est intègre et inspire la confiance par sa manière d’être.

  1. La qualité de l’alliance thérapeutique

Évidemment, un thérapeute compétent et empathique favorisera la création d’un bon lien de confiance et alliance thérapeutique. Toutefois, pour différentes raisons, il peut arriver que le courant passe difficilement entre un client et son psychothérapeute. Par exemple, un client pourra réagir négativement si son thérapeute lui rappelle un parent qui était trop directif. Aussi, un client rigide pourrait avoir de la difficulté à faire confiance à un thérapeute plus ou moins nonchalant.  D’autres clients pourront vivre de grands malaises devant un thérapeute non directif qui intervient très peu lors de la rencontre. Si pour une raison ou une autre, vous ne vous sentez pas à l’aise avec votre thérapeute, je vous encourage à lui communiquer et tenter de trouver une solution. Si la raison de votre malaise ne peut pas être changée, il est mieux de considérer la possibilité d’être référé à un autre thérapeute.

  1. L’implication entre les rencontres

Ici, je vais aborder un facteur essentiel à mon avis que le client peut contrôler directement. À mon avis, une grande partie de la thérapie se joue entre les rencontres. C’est pourquoi entre les rendez-vous, il est super important de réfléchir au contenu des rencontres et de réaliser les exercices prescrits. Pour vous aider à intégrer le contenu des rencontres, il est suggéré de vous faire un petit résumé de la rencontre après celle-ci une fois que vous êtes à la maison. Trop souvent, les gens finissent la séance et passent tout de suite à leur quotidien. Lorsque le client n’effectue pas un exercice prescrit, cela peut vouloir dire plusieurs choses : manque de motivation face à la démarche, exercice perçu comme non pertinent ou efficace, exercice perçu comme trop difficile ou anxiogène, oubli découlant d’un manque d’organisation. Comme thérapeute, il est important d’explorer les raisons qui font qu’un client ne s’implique pas suffisamment entre les rencontres ou qu’il omet de réaliser un exercice.

  1. Ouverture et transparence

Afin de bénéficier le plus possible de chaque séance, il s’avère important de fournir des efforts de réflexion et de s’ouvrir sur le plan émotionnel. Il est normal de ne pas tout de suite avoir de réponses aux questions du thérapeute mais il est préférable de prendre le temps de réfléchir plutôt que de répondre systématiquement « Je ne sais pas ». De plus, j’ai noté que les clients qui se dévoilent davantage progressent mieux en général car ils me permettent d’accéder à davantage d’informations et cela facilite aussi l’alliance thérapeutique. J’apprécie aussi que le client se permette de me poser des questions et qu’il arrive en rencontre avec des thèmes qu’il souhaite explorer.  À l’inverse, une dynamique « question-réponse courte » n’est pas fluide et est rarement productive en thérapie. Ici, mon but deviendrait de comprendre la résistance derrière ça et de travailler celle-ci.

  1. En conclusion

Dans un premier temps, choisissez un bon thérapeute avec qui vous êtes à l’aise. Normalement, vous devriez savoir quel type de plan d’intervention votre thérapeute propose et quelle est sa compréhension clinique de votre situation. Cela est important pour que vous puissiez voir le lien entre votre motif de consultation et les outils que votre thérapeute vous proposera afin de pallier à la problématique. Soyez assidu aux rencontres et évitez d’annuler. Il est prouvé qu’une fréquence d’une rencontre par semaine donne de meilleurs résultats. Une fréquence d’une rencontre par deux semaines est aussi acceptable si votre budget ne vous permet pas de voir votre thérapeute à chaque semaine.  Finalement, soyez pleinement présent dans votre démarche et réfléchissez entre les rencontres afin de faciliter votre progression. Même si cela vous donne de l’anxiété, assurez-vous aussi de faire les exercices prescrits le cas échéant.

Je reçois régulièrement des couples dans mon cabinet et la plupart de ceux-ci se sentent bloqués. Il n’est pas rare d’entendre des phrases comme « Nous avons des problèmes de communication » ou bien « Il ne veut plus de relations sexuelles avec moi ». Les problèmes de désir et les problèmes de communication constituent les deux motifs de consultation les plus répandus lorsque je reçois des couples.

                Souvent, les couples ne se disent pas tout et ceci est un problème. Par exemple, un homme peut tenter de séduire sa partenaire et celle-ci feint de ne pas percevoir ses avances. Lorsqu’il demande pourquoi elle a refusé ses avances, elle peut répondre : « Je n’ai pas vu que tu essayais de me séduire… ». Phrase typique qui constitue une forme d’évitement. J’encourage toujours les couples à se dire « les vraies choses » même si la vérité peut faire mal. Dans le cas précédent, la réalité est que la femme a fort probablement perçu la stratégie de séduction de son conjoint mais qu’elle ne désirait tout simplement pas avoir des relations sexuelles à ce moment-là.

                Tout couple doit tenter d’être le plus honnête et transparent (la transparence consiste à parler librement sans tenter de manipuler ou cacher quoi que ce soit) possible. Qu’est-ce que j’entends exactement par là ? Si nous cachons nos besoins ou nous sommes gênés de les exprimer, cela se fera sentir tôt ou tard et des conséquences négatives découleront de l’accumulation de frustration. Si vous êtes frustrés car votre partenaire ne vous désire plus et que vous ne lui en parlez pas, la frustration se fera plutôt sentir par votre langage non-verbal et vous risquez d’être moins tolérant et plus irritable. Il est difficile de refouler ses besoins. Le même principe s’applique pour vos préférences sexuelles. Il s’avère inutile de les cacher. Être transparent et honnête demande du courage (à la fois pour affronter sa peur de blesser son partenaire et pour gérer sa peur de la critique)

                À mon avis, tout couple a également un « bilan émotionnel ». S’il y a trop de conflits non réglés car un ou les deux partenaires ne s’affirment pas, il y aura beaucoup d’énergie négative qui va s’accumuler et ça deviendra ardu de retrouver une relation légère comme au début de celle-ci. À l’inverse, si les conflits se règlent au fur et à mesure et que chacun exprime ses désirs avec transparence, il y a peu de place pour que les émotions négatives prennent de l’importance et le bilan émotionnel reste positif. En fait, une communication franche permet au couple de voir plus clair et d’identifier des solutions. Si les attentes de chacun sont trop différentes, la transparence de chacun facilitera le choix de mettre fin à la relation car ça devient la solution la plus bénéfique pour chacun. Pour tout couple, il y a à la fois des moments heureux et des moments plus difficiles. Nous ne savons jamais ce que la vie nous réserve. Je trouve intéressant d’observer comment les couples gèrent les événements de vie difficiles. Ça me donne une bonne idée de la qualité de leur communication et de leurs habiletés à être vraiment intimes.

                En guise de conclusion, je crois fortement qu’il s’avère intéressant de travailler les techniques de communication en thérapie mais qu’il est aussi primordial de faire comprendre au couple qu’il y a souvent des attentes différentes à clarifier ou un manque de transparence et d’honnêteté.

Suite à mon article abordant l’agressivité phallique, je me pencherai maintenant sur la notion de désirabilité qui touche généralement les femmes.  Qu’est-ce que la désirabilité ? C’est le sentiment d’être désirée par autrui, d’être convoitée sexuellement. On entend souvent dire que les femmes ont besoin de se sentir désirées, ce qui concorde avec ce concept.

                Dans une relation sexuelle, il y a souvent une polarité où agressivité phallique et désirabilité s’affirment. L’homme exprimant avec confiance son désir mettra plus facilement une femme en contact avec sa désirabilité, avec sa féminité. Plus la femme dégagera de féminité, plus l’homme se sentira attiré par celle-ci et plus, à son tour, il se sentira masculin. Derrière la notion de désirabilité se cache un certain exhibitionnisme et narcissisme sain. Il est toujours mieux d’avoir une image corporelle positive que négative. Un individu qui est beaucoup dans la désirabilité aime « se montrer » et se mettre en valeur. La désirabilité constitue une arme de séduction assez puissante qui viendra surtout impacter les gens dont leur érotisme et désir est activité par le « voir ».

                Il est intéressant de constater à quel point les compagnies de vêtement, maquillage et produits de beauté font énormément d’argent. Le rationnel derrière cette réalité est que les gens savent qu’en se sentant davantage désirables, ils sont dans une meilleure mesure d’attirer un partenaire sexuel. Dans l’autre camp, celui de l’agressivité phallique (facteur Y), nous voyons beaucoup d’hommes qui se préoccupent de leur taux de testostérone et qui cherchent à l’augmenter. D’autres garçons vont aussi chercher plusieurs façons d’augmenter leur confiance en soi ou habiletés à séduire les femmes. Le marché du coaching en séduction est réel.

                Dans ma pratique clinique, je ne peux pas passer à côté du concept de désirabilité. Par exemple, si un couple me consulte car l’homme manque de désir sexuel, la conjointe en sera grandement impactée. Cela n’est pas seulement causé par un éloignement relationnel mais aussi par une impression de ne pas être « désirable » pour son partenaire ce qui fait très mal…Cette réalité s’observe également chez les couples homosexuels quand l’un des partenaires a davantage de désir que l’autre. Comme plan d’intervention, le sexologue doit donc à la fois proposer des avenues pour augmenter l’agressivité phallique et la désirabilité. L’homme sera ainsi encouragé à prendre des risques, séduire par le toucher et le regard, initier les relations sexuelles, se concentrer sur ce qui l’excite chez sa partenaire….La femme sera encouragée à prendre soin d’elle, à se trouver belle, à avoir confiance en elle, à réduire son besoin d’approbation. En augmentant la confiance en soi de chaque partenaire, selon que ce soit l’agressivité phallique ou la désirabilité, nous aidons le couple à se rejoindre à nouveau.

                Je tiens à préciser que les termes « homme » ou « femme » sont utilisés seulement à fins d’exemple car parfois, nous voyons des couples ou la femme est davantage en position d’agressivité phallique et où l’homme est surtout dans une dynamique de désirabilité. Il faut bien sûr éviter les généralisations. En guise de conclusion, j’encourage chacun à s’interroger sur son rapport à l’agressivité phallique et la désirabilité afin de mieux se connaître.